Le MAPAQ, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, participe à la hauteur de 200 000 $ pour soutenir ce projet de traçabilité de 800 000 $ sur trois ans.
«C'est au moment de la capture que les pêcheurs ajoutent une étiquette à l'élastique installé sur les pinces du homard», explique le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Corbeil. «Sur l'identifiant, on retrouve un code alphanumérique. Sur le site www.alimentsduquebec.com, on peut entrer ce code pour connaître la provenance du homard.»
Par exemple, le homard codé CA302962B a été capturé par O'neil Cloutier sur le bateau Le Beaufilois dont le port d'attache se trouve à Anse-à-Beaufils, en Gaspésie. On peut même envoyer un courriel à monsieur Cloutier et savoir qu'il pêchait dans la sous-zone 20 A-5.
Popularité sans profits
De la mi-mai à la mi-juin, les détaillants en alimentation vendent une quantité phénoménale de homards: 50 pour cent des ventes annuelles se font à la fin du printemps.
«C'est une véritable tradition quand arrive la Fête des mères. Même si les homards sont disponibles à l'année, c'est maintenant qu'ils sont les meilleurs, bien remplis de chair», explique le propriétaire du IGA Coaticook, Dominic Arsenault, précisant vendre les crustacés à perte. «On ne fait pas de profit présentement sur les homards. On espère que les consommateurs ajoutent des articles dans leur panier lors de leur visite à l'épicerie.»
Dominic Arsenault précise par ailleurs que les ventes à pertes sont monnaies courantes dans l'alimentation. «À Pâques, c'est le jambon qui est pas cher et à Noël, c'est avec les dindes qu'on ne fait pas d'argent.»
Le marché a également changé dans les restaurants. «On n'a pas de statistiques sur les quantités vendues dans les restaurants, mais on peut génériquement affirmer que c'est intéressant», affirme le vice-président affaires publiques et gouvernementales à l'Association des restaurateurs du Québec, François Meunier.
«La disponibilité à l'année du crustacé et le fait que les épiceries le vendent en bas du prix coûtant contribuent à modifier l'approche durant la période du homard dans les restaurants. On ne voit pratiquement plus de soirée Homards à volonté, sauf lors des soirées bénéfices.»
De la mer à l'assiette en 48 heures
Les normes de manipulation et de conservation du homard sont les mêmes, qu'on oeuvre en épicerie ou en restauration, les deux réseaux s'approvisionnant aux mêmes endroits. «Les homards arrivent en magasin moins de 48 heures après la pêche», explique Dominic Arsenault. «Durant le transport, ils sont conservés au frais et arrosés régulièrement. Même chose en magasin. On les met dans les viviers dès leur arrivée. Si il n'y a pas de place, on les installe sur la glace.»
«Lors de la manipulation, il faut éviter les contaminations croisées, surtout avec les poissons qui se mangent crus. On évite que les homards et les poissons se touchent en raison des allergènes parce que certaines personnes sont allergiques aux fruits de mer, mais peuvent quand même manger du poisson.»