Réaliser en dix ans 12 fresques murales géantes à l'image des gens de Sherbrooke, tel est le défi qu'a relevé M.U.R.I.R.S. Et si la treizième est déjà dans la mire, le temps est aussi venu de jeter un regard sur l'héritage qu'il a laissé. Pour Serge Malenfant, président, coordonnateur et fondateur de l'organisme à but non-lucratif, le projet a pris forme un peu comme une pièce de théâtre statique.
«Je faisais de l'illustration et des décors de théâtre, se souvient-il, et je me suis dit qu'il y avait un lien entre les deux. Comme le dit l'adage, la plus grande scène, c'est la rue. J'ai donc imaginé que les vieux murs du centre-ville pourraient s'animer et devenir une grande pièce de théâtre inanimée.»
Raconte-moi une histoire
Avec une touche artistique bien définie, soit le trompe-l'oeil, et le désir affirmé de raconter l'histoire de Sherbrooke à travers ces petits personnages qui ont fait de grandes choses, M.U.R.I.R.S a ainsi créé sa toute première oeuvre, Bicentennaire de Sherbrooke 2002, à l'angle des rues Frontenac et Dufferin.
«On a ici une belle petite histoire qui mérite d'être racontée et les murales sont une façon de découvrir un savoir qui reste bien souvent dans la livre. On dit qu'une image vaut mille mots, non?» demande-t-il tout haut avant de souligner que l'expertise des muralistes sherbrookois est maintenant reconnue bien au-delà de Sherbrooke. «Les gens de partout viennent nous voir, même que nous songeons parfois à créer un programme de formation d'art mural», confie-t-il.
Véritables pièces marquantes de la collection d'oeuvres d'art de la Ville de Sherbrooke, ces tableaux sont également devenus, aux yeux de Serge Malenfant, des catalyseurs de l'art public. «Avec les murales, on est vraiment dans l'art urbain, dit-il. Sherbrooke, on la voit comme une galerie d'art à ciel ouvert.»
10 ans, ça se fête!
Après une décennie de création de fresques géantes, M.U.R.I.R.S cherche maintenant comme porter son projet encore plus loin. Et ce ne sont pas les idées qui manquent! En plus des circuits offerts autour d'elles, l'équipe caresse maintenant certains rêves. «Les murales sont plus qu'un décor, elles servent à se souvenir. Mais aujourd'hui, on aimerait créer des partenariats avec différents organismes pour qu'elles deviennent les toiles de fond de certains événements», indique M. Malenfant.
De fait, au cours da la prochaine année, l'oeuvre Coeur, culture et pédagogie pourrait bien devenir le décor d'une lecture de poésie, par exemple. De même, pendant la Grande virée artistique, qui aura lieu cette année du 30 juin au 8 juillet, les artistes muralistes recevront les visiteurs pour parler de leur travail. «Chaque murale, chaque sujet qu'on y exploite pourrait devenir le point de départ thématique d'un événement.»
Nouveau personnage
Pour sa treizième murale et dans le but de souligner son dixième anniversaire, M.U.R.I.R.S est à la recherche du citoyen / citoyenne de la murale 2012. Vous connaissez quelqu'un qui a marqué Sherbrooke par ses implications sociales et communautaires, soumettez son nom avant le 8 mai en téléchargeant le formulaire en ligne au www.murirs.qc.ca. Toutes les candidatures seront étudiées et mises en banque pour les prochaines créations. La personne retenue quant à elle verra son portrait dans la prochaine murale.
D'autres murales à repérer en ville
En plus de ses 12 murales, M.U.R.I.R.S a bien souvent signé des commandes privées. C'est le cas notamment de celle peinte sur le Caffucino de la rue King Ouest, coin Jacques-Cartier. On en retrouve une autre à l'intérieur de la station d'essence cette fois de ce même carrefour. Les corridors du Centre de réadaptation de l'Estrie ont également été animés par l'organisme. «Sherbrooke compte pas moins d'une vingtaine de murales si l'on prend en considération toutes les initiatives privées», reconnait Serge Malenfant en mentionnant au passage les oeuvres de Jacques Barbeau sur la rue Wellington Nord ou encore celle qui orne un mur de Musique Cité, rue King Ouest.