Sherbrooke, un grand musée d'art public

Amélie Boissonneau

Amélie Boissonneau

L'art public est partout... dans un parc, dans la rue, sur un mur, une place publique, à l'intérieur d'un édifice. Il est accessible, intégré à l'urbanisme et façonne littéralement le paysage urbain. Concept de plus en plus en vogue, l'art urbain a la cote et Sherbrooke n'échappe pas au mouvement. Avec plus d'une centaine d'oeuvres d'art public sur son territoire, la ville est ainsi devenue un immense musée d'art public à ciel.

L'art public, comme son nom l'indique, relève du domaine public. Bien intégré à son environnement, il constitue pour plusieurs citoyens un premier contact avec l'art. «Il y a des gens qui ne vont pas dans les musées ni les galeries d'art, alors quand ils voient une oeuvre dans un lieu public, eh bien ça leur ouvre des portes. Ce qui distingue l'art public c'est qu'il est dans des lieux accessibles à tous, sans barrières. Les gens peuvent s'approcher», explique Francine Godbout, agente professionnelle de développement de la collection d'oeuvres d'art à la division de la culture de la Ville de Sherbrooke.

En matière d'art public et urbain, Sherbrooke s'est constituée un corpus qui vaut certes la peine d'être découvert. À l'extérieur en monument, sculpture, land art, architecture et murales ou encore à l'intérieur des écoles, hôpitaux, édifices gouvernementaux, hôtels et centres communautaires, les citoyens côtoient des oeuvres chaque jour souvent même sans le savoir.

«On considère qu'on a un patrimoine d'art public très intéressant à Sherbrooke. En regardant la collection de la ville, on s'aperçoit que nous avons de l'art public. Leurs caractéristiques c'est qu'elles sont accessibles à tous gratuitement, et ce, à l'extérieur des lieux de culture», ajoute Mme Godbout en soulignant qu'il y a bien sûr la collection de la Ville, mais que plusieurs institutions et particuliers sont aussi propriétaires d'oeuvres. «Les oeuvres n'appartiennent pas toujours à la Ville, elles peuvent avoir été prêtées ou commandées par des instances gouvernementales ou privées.»

Des emblèmes visuels forts

De fait, l'art public peut prendre plusieurs formes. À Sherbrooke,  on retrouve essentiellement des oeuvres d'intégration à l'architecture, des sculptures, des monuments et des peintures murales. Mais certes, il y a des oeuvres qui frappent plus et qui marquent le paysage visuel d'une ville. C'est le cas notamment du cénotaphe de la rue King.

«Les gens vont dire: ah oui, l'ange! Alors qu'en fait, il s'agit d'un monument dédié aux anciens combattants», mentionne-t-elle en insistant sur le caractère emblématique de cette dernière. «L'autre oeuvre qui personnalise la ville est celle de Melvin Charney intitulée Une célébration... de l'eau à la lumière située à la place des Moulins «Elle est très impressionnante et imposante», reconnait-elle.

Puis il y a celles qui sont plus discrètes, celles sont plus cachées mais qui témoignent tout autant de l'héritage patrimonial d'un lieu, qu'il soit récent ou historique. Par exemple, la fresque d'Antoine Lamarche devant le Palais des sports Léopold-Drolet, de même que celle d'Yves Trudeau aux côtés des portes de la piscine à la Clairefontaine du parc Victoria, sont des exemples de l'héritage des années 60.

«À cette époque, les artistes ont commencé à intégrer des oeuvres aux constructions. Abstraites et géométriques, ces oeuvres sont littéralement intégrées. On a ici deux exemples qui constituent un patrimoine de l'art public québécois», explique Mme Godbout en parlant des oeuvres

«Il y a en une autre que j'aime beaucoup, soit celle de Danielle April au Centre de foires de Sherbrooke qui s'appelle Cinq continents, une planète à notre portée. C'est une autre catégorie car il s'agit-là d'une sculpture suspendue de type anamorphose qui représente la planète terre. C'est très intéressant comme démarche, tout en étant ludique. Quand on se promène, elle change. Ça monte à quel point il est important de sentir l'oeuvre. Il faut aller proche et entrer en contact direct avec elle», suggère celle qui a passé les dernières années à documenter et mettre en valeur les oeuvres de la ville.

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