«Adèle est née avec une malformation congénitale à la jambe gauche», explique sa mère, Ruth Mengue Metogho.
Originaire du Gabon, Mme Mengue déménage à Sherbrooke pour les études alors qu'Adèle a trois mois. «On espérait que les médecins ici puissent faire quelque chose, mais ils nous ont dit que seule l'amputation était possible», se rappelle Ruth Mengue.
Comme faire opérer sa fille au CHUS aurait coûté plusieurs dizaines de milliers de dollars, Ruth Mengue lance des appels à l'aide dans d'autres hôpitaux. On lui suggère aussi de contacter l'Association des amputés de guerre.
Elle reçoit des réponses positives de l'Hôpital Shriners pour enfants et des Amputés de guerre. L'Hôpital Shriners accepte de faire l'opération gratuitement en raison de sa situation particulière d'Adèle.
«Ma fille s'est fait opérer à 11 mois et un mois après l'opération, elle commençait déjà à marcher!» se souvient avec fierté Ruth Mengue.
Quant aux Amputés de guerre, ils accueillent Adèle et sa mère à bras ouverts, même si l'Association n'aide habituellement que les citoyens canadiens, souligne Mme Mengue. «Pendant les cinq jours passés à l'hôpital, les membres de l'Association se relayaient pour m'apporter à manger et passer la nuit auprès d'Adèle», raconte-t-elle.
Grâce à leurs gestes généreux, Adèle peut mener une vie normale. Les Amputés de guerre se chargent d'absorber les coûts des prothèses et des béquilles. La vie active d'Adèle et ses poussées de croissance l'obligent d'ailleurs à réajuster sa prothèse régulièrement. Elle la change environ deux fois par année.
Outre une aide financière indispensable, les Amputés de guerre apportent surtout un soutien moral aux amputés et à leur famille. «J'aime beaucoup les séminaires des Amputés de guerre, il y a beaucoup d'activités et je rencontre des amis de partout au Canada», affirme Adèle Bekale. La jeune fille ne garde aucun souvenir de son opération et vivre avec une prothèse est devenu pour elle une seconde nature.
Par contre, ses camarades de classe ont naturellement montré beaucoup de curiosité à son égard. «Au début, c'était dur pour elle à l'école, des fois les enfants disent des choses qui peuvent blesser, mais aujourd'hui elle est très bien intégrée et les gens sont respectueux», commente sa mère.
De son côté, Ruth Mengue a surtout profité du programme des Mères solidaires. «Je ne savais pas que d'autres enfants avaient le même problème qu'Adèle. J'ai pu rencontrer des familles dans la même situation et partager nos expériences», indique Mme Mengue.
Ces rencontres lui ont aussi permis de se défaire du sentiment de culpabilité qui la rongeait depuis la naissance de sa fille. «Je me demandais ce que j'avais fait, ce que j'avais mangé qui aurait pu causer ça, mais j'ai appris que ça pouvait arriver à n'importe qui», confie-t-elle.
Ruth Mengue et sa fille Adèle se disent extrêmement reconnaissantes du soutien offert par les Amputés de guerre et par le fait même, de la générosité du public. «C'est évident que sans les dons des gens, l'Association ne pourrait pas aider les enfants amputés», rappelle Mme Mengue.