Faire profiter son génie à la communauté

Faire travailler son génie... mécanique pour des organismes... (Photo collaboration spéciale)

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Faire travailler son génie... mécanique pour des organismes à but non lucratif, c'est l'avenue qu'offre désormais ce département de l'Université de Sherbrooke grâce à EPICS. Des étudiants ont déjà conçu une civière pour évacuer des personnes à mobilité réduite.

Photo collaboration spéciale

 

Sarah Saïdi

Le talent des futurs ingénieurs en mécanique de l'Université de Sherbrooke profitera encore davantage à la communauté puisque leur baccalauréat en génie mécanique est récemment devenu le premier programme d'études au Canada à joindre Engineering Projets in Community Service (EPICS).

Cette initiative américaine incite les étudiants à collaborer avec des organismes à but non lucratif (OBNL) pour les aider à «améliorer leurs services à la communauté au moyen de solutions technologiques».

Déjà, certains étudiants de la faculté de génie choisissent de s'engager auprès d'OBNL dans le cadre de leur projet de conception majeure à la fin du bac. «Des étudiants ont conçu une civière pour évacuer des personnes à mobilité réduite, d'autres ont créé un vélo pour les enfants handicapés de l'école du Touret, une équipe a même conçu un système pour pomper l'eau dans un village en Afrique», rappelle Ève Langelier, professeure au département de génie mécanique et l'une des instigatrices du projet.

Pour le département de génie mécanique, joindre le programme EPICS aura l'avantage de mieux encadrer les projets à vocation communautaire. «Même si les étudiants collaborent déjà avec des OBNL, le programme fournira plus de visibilité et de soutien parce qu'on va pouvoir leur présenter une liste d'organismes intéressés à obtenir de l'aide», explique Mme Langelier.

Le département souhaite notamment collaborer avec des écoles, des musées et des villes, et ce, sans imposer de limite géographique. À la Purdue University de Lafayette, en Indiana, où EPICS a vu le jour en 1995, les OBNL sont placées sur une liste d'attente tellement le programme a gagné en popularité, souligne la professeure Ève Langelier.

Par ailleurs, le programme EPICS donnera la possibilité aux étudiants en génie mécanique de s'engager individuellement dans un projet communautaire à plus petite échelle. «Au lieu de faire un gros projet en équipe, ils pourraient entretenir un projet déjà fait ou faire un montage expérimental», indique Ève Langelier.

Développer sa conscience sociale

En plus d'apporter une aide précieuse à des organismes communautaires, les projets du programme EPICS visent à faire réaliser aux futurs ingénieurs que le service aux entreprises n'est pas le seul débouché dans le domaine de l'ingénierie. «L'ingénieur doit aussi avoir une conscience sociale», soutient Mme Langelier. Elle croit que le programme EPICS permet de développer une vision différente du génie. «En plus de rendre service à des gens et d'entrer en contact avec une communauté, les étudiants s'ouvrent à de nouvelles réalités. En Afrique, ce n'est pas comme ici, les gens ont d'autres besoins, le rythme est différent», donne-t-elle comme exemple.

Aux États-Unis, où le programme est implanté dans une quinzaine d'universités, on a même remarqué qu'EPICS permettait une plus grande rétention des étudiants et attirait plus de filles et de jeunes des communautés culturelles en génie. «Souvent, les étudiants en génie ne savent plus vers quoi se tourner, avec EPICS on souhaite les attirer et surtout les maintenir en génie», explique Ève Langelier.

Pour l'instant, EPICS reste un projet-pilote du département de génie mécanique, mais les autres départements de la faculté de génie comptent s'y joindre prochainement. «On a bien hâte que ce soit commencé!» conclut Mme Langelier.

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