Un don pour la vie

Véronique Leblond et Gaston Cousineau ont une chose... (Imacom Jessica Garneau)

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Véronique Leblond et Gaston Cousineau ont une chose en commun: ils essaient tous deux de sensibiliser la population au don d'organes.

Imacom Jessica Garneau

(Sherbrooke) "Lorsque nous naissons, notre corps nous est donné. Lorsque nous mourrons, il faut le redonner", croit Gaston Cousineau.

Cette philosophie de vie les a poussés, sa conjointe et lui, à signer leur carte d'assurance-maladie pour offrir leurs organes lors de leur décès. Et lorsque Claudette est décédée, le 23 novembre, son foie a ainsi pu être prélevé. Quelqu'un bénéficie aujourd'hui de cet organe.

L'année dernière, 46 personnes de la Belle province sont décédées en attendant une greffe. En Estrie, 57 personnes sont présentement en attente de greffe. Seulement 1,7 pour cent des décès permettent le don d'organes. Dans tous les autres cas, les organes sont inutilisables lorsque le coeur s'arrête pour de bon.

Gaston Cousineau a été fort surpris lorsque le personnel du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke lui a demandé la permission pour prélever les organes viables de sa femme. Elle avait signé sa carte soleil. "Nous en avions déjà parlé et nous étions d'accord tous deux pour le don d'organes. Avoir refusé de faire le don, ç'aurait été comme refuser une de ses dernières volontés", indique M. Cousineau.

Mme Cousineau a connu une fin très soudaine. Elle devait être opérée au genou dans une semaine lorsque l'accident est arrivé: son genou a lâché alors qu'elle se trouvait dans un escalier de son domicile. Elle s'est fracassé le crâne en tombant. Quelques heures plus tard, son décès neurologique était constaté à l'hôpital.

La mort donne la vie

"Le décès neurologique, c'est lorsqu'il n'y a plus d'activité cérébrale et aucune possibilité que le patient retrouve ses capacités intellectuelles. Généralement, dans ces cas, ce sont seulement les machines qui le maintiennent en vie. Les organes vitaux sont très fragiles à cause du manque d'oxygène. C'est pourquoi seul ce type de décès permet le don. Le coeur, par exemple, peut seulement survivre trois heures après avoir été privé d'oxygène", explique l'infirmière-ressource au CHUS, Véronique Leblond.

Cette dernière est responsable du volet du don d'organes pour le CHUS. L'année 2011 est prometteuse pour le don d'organes dans la région. "En 2010, nous avons eu sept donneurs. Cette année, de janvier en mars, nous avons déjà eu cinq donneurs. C'est très prometteur. Un des nouveaux médecins de notre équipe sensibilise beaucoup les gens à cette réalité, je crois que ça nous aide. Nous en entendons de plus en plus parler. C'est très encourageant, surtout lorsque nous savons qu'un seul donneur peut sauver la vie de huit personnes", informe Mme Leblond.

Demander avec humanité

Gaston Cousineau vit bien son deuil grâce à ses croyances religieuses et aux conférences qu'il donne sur le don d'organes. "En parler, ça me permet de m'en remettre plus vite. Nous avons vécu 40 belles années ensemble. Elle avait terminé son cycle. Je sais qu'elle est dans un monde meilleur. D'ici 10 ou 15 ans, si je suis dans la moyenne d'espérance de vie, je vais aller la rejoindre."

L'équipe médicale y va par étape pour approcher les familles en deuil d'une personne qui serait un potentiel donneur. "Nous encadrons les proches autant que nous le pouvons. Lorsqu'il n'y a vraiment plus rien à faire, nous attendons qu'ils soient prêts pour leur demander. Ce n'est jamais facile", affirme Véronique Leblond.

C'est d'ailleurs son rôle d'appeler les familles deux mois après le décès pour faire le suivi. Elle les oriente vers l'aide nécessaire lorsqu'ils en éprouvent le besoin.

"Le personnel sourit gentiment malgré tout. Je crois que ça aide. Ça m'a permis de partir sur une note positive", conclut M. Cousineau.

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