Le mécénat: multiples retombées

Sylvie L. Bergeron... (Imacom, Frédéric Côté)

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Sylvie L. Bergeron

Imacom, Frédéric Côté

Amélie Boissonneau

Amélie Boissonneau

Difficile d'imaginer le développement culturel d'ici sans le mécénat. De cet engagement financier pris autant individuellement que par des entreprises découle le succès de nombreux artistes et événements culturels.

En tant qu'acteur de premier plan dans le développement artistique, le Conseil de la culture de l'Estrie (CCE) reste le témoin privilégié de l'importance des mécènes. Une implication qui peut prendre plusieurs formes et dont les retombées directes et indirectes sont tangibles pour l'économie locale.

D'entreprise, de collectionneur ou bénévole, le mécénat a plusieurs facettes dont l'importance demeure fondamentale dans le soutien de la carrière d'artistes ou encore pour la survie d'organismes et d'événements à vocation culturelle. «Le mécène participe à l'écologie de la création, de la production et de la circulation des oeuvres. Ça dynamise le milieu, en plus de générer une circulation d'argent», reconnaît Sylvie L. Bergeron, présidente du Conseil de la culture de l'Estrie.

Qu'elle soit donc bénévole ou financière, chaque implication compte. À titre d'exemple de la diversité des formes de mécénat, le CCE a récemment mis des chiffres sur la participation volontaire des membres de son conseil d'administration.

«Chacun soutient le milieu culturel à sa façon. Par exemple, à travers mes services, représentations, déplacements et comités de travail, on a évalué mon investissement en temps à plus de 40 000 $. Et c'est équivalent pour les 17 membres qui siègent au conseil. C'est notre part pour l'avancement des arts et de la culture d'ici», explique celle qui cumule parallèlement les implications au sein de différents organismes et événements.

Les arts et les affaires

De fait, si le développement des activités de mécénat passe par la sensibilité et l'amour de plusieurs personnes pour les arts, le CCE souhaite également inciter les entreprises à emboîter le pas en matière de soutien artistique.

«Nous aimerions développer encore plus de partenariats en formule corporative avec les entreprises. On veut dire aux personnalités d'affaires comment ça peut rapporter», mentionne Mme Bergeron en caressant l'idée d'offrir un prix arts et affaires. «On travaille fort là-dessus, mais en même temps, on ne veut pas forcer les choses.»

Si les bases de cette formule ne sont pas encore jetées, il n'en reste pas moins que le milieu des affaires doit être réceptif à ce genre d'initiatives comme c'est le cas, par exemple, dans la métropole. En effet, le Conseil des arts de Montréal et la Chambre de commerce de Montréal ont remis, la semaine dernière, les prix Arts-Affaires saluant l'engagement dans les arts des entreprises. «On ne veut pas forcer le milieu, on veut les accompagner et leur prouver que les arts, ça rapporte.»

Des retombées

Si le CCE travaille présentement à réunir des statistiques sur les retombées de la culture en Estrie, le Conference Board du Canada a examiné, en 2008, la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut (PIB). D'après ce rapport, l'empreinte économique du secteur culturel se chiffrait lors à 85 milliards de dollars soit 7,4 % du PIB. De plus, le secteur culturel compte 1,1 million d'emplois, soit 7,1 % du total d'emplois au Canada.

«Souvent, la retombée double et triple la valeur de l'investissement. Ce n'est pas vrai de dire que l'argent investi arrête là. Ces investissements, que ce soient des commandites, des dépenses ou autres, génèrent d'autres argents», affirme avec enthousiasme Sylvie L. Bergeron.

À preuve, elle cite en exemple les Concerts de la cité ou tout autre spectacle, exposition ou événement. «On sait qu'avant, pendant et après, les gens vont dépenser dans les restaurants et les bars autour pour compléter leur expérience culturelle. On parle ici de retombées directes pour les commerces de proximité», dit-elle.

Quant à l'achat d'oeuvres d'art, il contribue à encourager directement un artiste qui a décidé de faire de l'art sa profession. «Encore là, mentionne-t-elle, le montant de l'achat retourne dans l'économie.» Comme quoi chaque activité de mécénat redonne de différentes façons à l'économie locale.

Vecteur de développement

Par ailleurs, alors que la Ville de Sherbrooke préparait son nouveau Schéma d'aménagement et de développement l'année dernière, une vingtaine d'acteurs culturels, représentés par Sylvie L. Bergeron, ont signé un mémoire pour inscrire les arts et la culture comme un des enjeux dans la vision stratégique de développement de la ville.

C'est en prouvant que les retombées des arts sont de plus en plus marquées sur l'économie locale que le regroupement a réussi à faire ajouter la culture comme vecteur de développement durable et stratégique. «L'investissement en culture, qu'il soit privé ou public, permet des choses et fait tourner l'économie», indique-t-elle.

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