Sherbrooke, ville équitable a vu le jour en février 2011. Au départ, selon les standards imposés au prorata de la population, on devait trouver sur le territoire 30 commerces et 15 restaurants offrant au moins deux produits équitables différents. Au recensement de l'hiver dernier, une soixantaine de commerces et restaurants adhéraient à cette pratique.
«La plupart des endroits offrent d'abord du café et du sucre équitables», explique Christian Guiollot, responsable du commerce équitable au Carrefour de solidarité internationale.
«Il faut différencier les produits équitables des produits locaux. Les produits équitables viennent de l'importation. Les produits locaux ne sont pas, par définition, des produits équitables, même si dans les faits, au Québec, on offre des salaires et des conditions de travail appropriés. Par contre, un produit transformé à Sherbrooke, dont la matière première est équitable est considéré comme un produit local et équitable. Du savon au beurre de karité est un bon exemple», précise monsieur Guiollot.
Une distinction pour un projet collectif
Le Carrefour de solidarité internationale a piloté le projet de faire de Sherbrooke une ville équitable. Les démarches ont débuté en mars 2009. Le comité directeur a été formé en septembre 2010, la certification obtenue en février 2011 et le logo dévoilé au mois d'août suivant. En février dernier, Sherbrooke, ville équitable a procédé à la première remise de ses Prix reconnaissance.
Dix-sept organismes font aujourd'hui partie du comité directeur, dont la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, la Chambre de commerce de Sherbrooke, le Conseil régional de l'environnement de l'Estrie, le Cégep, la FEUS et plusieurs organismes communautaires.
«Pour aller de l'avant, il fallait d'abord que la Ville de Sherbrooke s'engage concrètement à offrir deux produits équitables à l'hôtel de Ville, soit du café et du sucre dans ce cas-ci. Ensuite, elle devait s'engager à faire la promotion du commerce équitable, affirme Christian Guiollot. Les membres du comité directeur prennent les mêmes engagements.»
«Chaque année, on essaie de renouveler et bonifier les engagements. On peut espérer que la Ville ajoute un produit équitable et les offre dans les bureaux d'arrondissement. C'est vraiment un projet collectif qui touche autant la Ville que les organismes, les commerces et la population.»
L'effet boule de neige
Quatre ambassadeurs du mouvement cherchent par ailleurs par leur implication et leurs actions à sensibiliser la population au commerce équitable. Le Café Aragon, la Coop du Cégep de Sherbrooke, Basta communication et le Mont Café-Solidaire, un café étudiant au Collège Mont Notre-Dame ont pris le bâton du pèlerin.
«Leur rôle est de faire rayonner le mouvement Sherbrooke, ville équitable. Tout ça passe par des changements d'habitude. C'est un projet à long terme et on espère que d'autres municipalités de l'Estrie emboîteront le pas», conclut Christian Guiollot.