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L'infirmière, au coeur de la santé, au coeur de la vie

Entre solutés et médicaments, il y a l'espoir

Au-delà des soins médicaux prodigués à ces petits... (Imacom Andréanne Lemire)

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Au-delà des soins médicaux prodigués à ces petits patients, qui peuvent peser moins d'un kilo, les infirmières doivent relever un défi plus grand: celui de créer un lien d'attachement entre parents et bébé. C'est ce que Diane Labrecque fait chaque soir depuis 23 ans maintenant. On la voit ici échangeant avec le papa du petit Gabriel, Shane De Wit.

Imacom Andréanne Lemire

(Sherbrooke) Oui, il y a les solutés à changer. Les médicaments à donner. Les couches à changer. Les bébés à laver. Mais au-delà de cette longue liste de tâches quotidiennes à effectuer, les infirmières qui oeuvrent en néonatalogie ont un boulot hautement plus difficile à faire. Et un travail primordial qui aura des conséquences à long terme pour parents et bébés: créer un lien d'attachement entre eux. C'est ce que Diane Labrecque fait depuis 1983 maintenant.

Parce que ces petits poids plumes qui se pointent le nez avant les 40 semaines de grossesse réglementaires doivent rapidement quitter la chaleur maternelle pour se retrouver en incubateur, question de terminer le boulot qui n'a pu être complété dans l'utérus de maman. Mais comme ces minutes cruciales suivant la naissance leur sont volés au profit d'une santé meilleure, il faut donc mettre les bouchées doubles. Pas simple de s'attacher à un poupon que l'on peut toucher que par de petits hublots...

«Ici, on travaille avec la vie, pas avec la maladie. Ce ne sont pas des bébés malades. Ils sont seulement immatures. Il ne faut pas oublier que ces bébés font partis d'une cellule familiale. C'est le bébé d'un père, d'une mère. Il faut travailler à soutenir ce lien d'attachement entre eux. Il est en péril. Ils doivent se réapproprier ce lien», insiste-t-elle.

Ainsi, dès que les parents se sentent prêts, ils mettent la main à la tâche. Pas pour réduire la charge de travail des infirmières de ce département, mais pour que ces nouveaux parents se sentent impliqués dans leur nouveau boulot. «On leur fait donner le bain, changer la couche, faire du peau à peau. Le bébé a tellement besoin de ça. Il faut les impliquer dans les soins. C'est important», martèle Diane Labrecque.

Conseillère en lactation, Diane Labrecque croit que l'allaitement joue un rôle primordial dans la création de ce lien si important. «Il n'y a personne qui peut copier le lait maternel. C'est le seul lait adapté aux besoins des bébés prématurés. On y retrouve plus de protéines et d'agents infectieux. Quand je rencontre les mamans qui, au départ, ne voulait pas allaiter, et que je leur dis que de toutes façons, elles auront une montée laiteuse, aussi bien en profiter. Quand la maman sait tout ça, souvent elle allaite. Puis, après avoir tiré leur lait pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, elles mettent bébé au sein et qu'elles l'entendent avaler, elle est là, la récompense.»

Derrière elle, des dizaines d'albums photos lui rappelant les milliers de bébés passés sur ce département du CHUS Fleurimont. Des petites boules de vie, pesant parfois près de 500 grammes, qui rappellent qu'il y a l'espoir. «Quand ces bébés quittent la néonat, c'est la fête. C'est notre but premier. Ils reviennent nous voir, nous envoient des cartes. C'est gratifiant tout ça.»

Souvent, on fait le lien entre néonatalogie et acharnement. Celle qui endosse le poste d'assistante-infirmière chef réfute l'idée du revers de la main. «Dans bien ces cas, il n'y a qu'un truc à régler. Quand ce qui cloche est réglé, le reste rentre dans l'ordre. On vit beaucoup plus de positif que de négatif. On entend seulement parler des enfants prématurés qui ont des séquelles. Pourtant, j'ai plein d'histoires de bébés qui sont nés à 24-25 semaines et qui font des études supérieures aujourd'hui...»

Mais l'espoir peut virer au cauchemar. Parfois, ces petits anges s'envolent. Perdent leur combat. «Quand on perd un bébé, c'est une tragédie pour tout le monde. Ce n'est pas dans la normalité. Ce n'est pas moins triste que lorsque l'on perd un adulte. Ce sont tous les rêves qui s'envolent...» croit-elle.

Les infirmières et l'équipe de soin en reparleront ensemble. Évacueront leur tristesse, leur colère. «C'est normal, ce genre de réaction. Chaque bébé a son infirmière primaire qui s'en occupera toujours jusqu'à son départ. Elle devient le pont entre la famille et le corps médical. Des liens se créent avec la famille. Les relations deviennent étroites.»

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Commentaire (1)
    • J'ai eu à vivre la néonatalogie avec mon fils lors de sa naissance. Non pas parce qu'il était prématuré mais son taux de sucre dans le sang était trop bas. Par la suite mon fils a fait des pauses respiratoire. Le service que nous avons reçu et le support des infirmières est vraiment incroyable.

      Elles sont présentes à 100% pour l'enfant et les parents. Nous avons tellement posé de questions. Mais nous avons toujours eu des réponses.

      Je tiens à profiter du moment pour remercier les infirmières de la néonatalogie mais plus précisément Émilie qui fut l'ange gardien de mon fils Zakary né en juillet 2008.

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