On a passé le dernier week-end à Québec, ma tribu et moi. Juste question de changer d'air. Certains vont cuire sous le soleil du Sud. Nous, nous allons geler sous l'humidité du Saint-Laurent. Chacun ses trips.
Toujours est-il que samedi soir, on décide de profiter de la piscine de notre hôtel. Les filles sont super excitées à l'idée de se baigner dans une piscine chauffée en plein hiver. Elles prennent à peine le temps d'enlever leurs sandales et de lancer leur serviette sur la chaise, que déjà les deux grandes se retrouvent sous six pieds d'eau.
L'amoureux est moins pressé de mettre le gros orteil dans la piscine, mais il a tout de même hâte d'amener la petite du trio se saucer dans son plus gros bain à vie. Il descend tranquillement les marches. Va s'installer loin de tout brouhaha qui pourrait faire peur à notre bébé qui vient de fêter sa demi-année.
Ils s'amusent bien tous les deux. Tranquilles dans leur coin. Mes yeux se portent à nouveau sur mes deux grandes. Elles aussi ont véritablement du plaisir. Un moment donné, Félixe saute dans l'eau et arrose deux adultes qui n'avaient pas demandé à être engloutis par un tsunami. Je saute: «Félixe, sors de l'eau tout de suite!» lui ai-je crié avec des yeux qui n'étaient pas très sympathiques.
S'en est suivi d'une leçon sur le savoir-vivre. Sur le civisme. Sur le respect des autres. Bla bla bla. Elle est retournée dans l'eau et c'était terminé les bombes nucléaires visant à éclabousser les autres baigneurs.
Mes yeux reviennent sur mon bébé et son père qui ont changé de place. J'interroge l'homme du regard sur le pourquoi de son déménagement et il me montre du menton deux petits garçons d'une dizaine d'années qui jouent dans l'eau comme s'ils étaient atteints du démon. Complètement débile leur comportement. Je commence à chercher leurs parents du regard. J'imagine que c'est eux, dans le coin, qui papotent ensemble et qui, jamais, jamais, jamais ne regardent la pagaille que sème leur progéniture autour d'eux.
Je lève les épaules, découragée. Heureusement que leurs terreurs ne sont pas en train de se noyer parce qu'il y aurait eu plus de chance que ce soit moi qui cours les sauver de leur malheur que leurs propres parents...
Maxim et Félixe s'amusent toujours autant. Elles rigolent et s'inventent des jeux pas possibles, mais elles ne dérangent personne dans leur univers. Un moment donné, l'un des petits garçons court sur le bord de la piscine pour sauter dans l'eau et je vois que sa trajectoire d'atterrissage est située... en plein sur Filou! Je me lève d'un bond pour hurler à ma fille de se tasser. Trop tard, le mal est fait. Le petit morveux a fait éclater sa bombe sur la tête de Filou. «Imbécile!» ai-je maugréé.
L'amoureux me lance le bébé et court aider Filou dans son malheur qui est pas mal sonnée et qui ne comprend pas trop les derniers événements. Malgré l'impact du choc, ça semble aller pour elle. L'éclateur de bombe? Parti, sans même un mot d'excuse à l'endroit de sa victime. Et pouvez-vous croire que les parents du p'tit maudit n'ont même pas levé le petit doigt? N'ont pas réagi? N'ont rien foutu?
J'étais bleue de colère. S'il avait fallu qu'une de mes héritières ait le même comportement, je vous jure que je serai allée toute habillée dans le fin fond de la piscine pour aller la chercher par le fond du costume de bain pour la sortir de là et l'engueuler jusqu'à demain matin. Mais surtout, elle se serait excusée à genoux devant la personne qu'elle a embêtée et c'est sûr que la baignade aurait été terminée pour elle.
Finalement, devant ma frustration, les parents se sont rendus compte que ça n'allait pas trop. Ils m'ont questionné. J'ai raconté l'incident. La mère s'est retourné: «Chaton, fais attention aux amis...» lui a-t-elle dit d'un ton rempli de douceur, de miel et de bonbon au caramel puis, elle a tout bonnement poursuivi sa conversation, qui devait être de la plus haute importance, on l'imagine.
J'étais hors de moi. C'est indéniable que certains parents ont pigé tard dans le sac à savoir-vivre. Et après, on se demande pourquoi les enfants n'ont aucun respect envers autrui.