Le repaire des Hells Angels confisqué

Le repaire de Lennoxville faisait l'objet d'une ordonnance... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Le repaire de Lennoxville faisait l'objet d'une ordonnance de bloquage depuis l'opération SharQc d'avril 2009.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Le dernier repaire des Hells Angels, celui du chapitre de Sherbrooke, vient d'être confisqué par le tribunal.

Dans une décision rendue, lundi, la juge Carol Cohen de la Cour supérieure a déterminé que le 1575 de la rue Wellington Sud à Sherbrooke de même que les terrains adjacents sont des biens infractionnels.

La procureure générale du Québec en devient donc la seul et unique propriétaire.

« En somme, il a été prouvé par la poursuite sur une balance des probabilités que l'immeuble dans son ensemble a été utilisé pendant la guerre des gangs, soit du 1er juillet 1994 au 11 juillet 2002, lors de la perpétration de l'acte criminel (...) soit un complot pour meurtre au profit ou sous la direction d'un gang et donc, un acte de gangstérisme », conclut la juge Cohen dans la décision dont La Tribune a obtenu copie.

La requête pour l'émission d'une ordonnance de confiscation du bunker des Hells Angels de Sherbrooke a été entendue en avril dernier au palais de justice de Montréal.

La poursuite demandait que le repaire aux toits rouges, qui faisait l'objet d'une ordonnance de blocage depuis l'opération SharQc de 2009 et qui est inoccupé depuis ce moment, soit confisqué définitivement au profit de l'État. Demande qui a été accueillie par le tribunal.

La juge Cohen a estime que la preuve, présentée par Me Brigitte Bishop et Me Josée Veilleux du ministère public, « a démontré sans aucun doute que l'immeuble a été modifié et utilisé afin de réaliser les fins criminelles du gang, en l'espèce non seulement le trafic de stupéfiants, mais également le complot de meurtre des concurrents des Hells Angels, un acte criminel », estime la juge Cohen qui a qualifié le 1575 Wellington Sud de « forteresse presque imprenable ».

Le directeur aux poursuites criminelles et pénales (DPCP) s'est dit satisfait de la décision du tribunal qui a confisqué le repaire et les cinq lots qui y sont associés.

« Nous ne pouvons commenter davantage tant que le délai d'appel de 30 jours ne sera pas terminé », a indiqué le porte-parole du DPCP, Me Jean-Pascal Boucher.

L'une des avocates de la défense Me Mylène Lareau qui représentait la compagnie à numéro propriétaire du bunker de Lennoxville soutient qu'il est « fort possible » que la décision soit portée en appel.

« Nous avons le mandat d'analyser cette décision de 50 pages et de la porter en appel s'il y a lieu », soutient Me Lareau.

Le président du comité exécutif à la Ville de Sherbrooke, Serge Paquin, accueille avec satisfaction cette décision du tribunal.

« Nous applaudissons ce jugement. Nous n'aurions pas voulu voir les Hells Angels revenir s'y installer. C'est le gouvernement du Québec qui est maintenant propriétaire des lieux. Si l'on se fie à ce qui s'est passé ailleurs au Québec, le bunker devrait être détruit. Par la suite, le terrain pourra être revendu pour permettre notamment que les taxes municipales soient remboursées », explique Serge Paquin.

Ce dernier mentionne que la Ville ne souhaite pas acquérir ces terrains situés entre le centre-ville et l'arrondissement de Lennxoville.

Le dernier rôle d'évaluation de la Ville de Sherbrooke établit à 424 600 $ la valeur du bunker des Hells Angels et le montant de taxes impayées à 45 700 $.




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