Une oeuvre du Musée des beaux-arts de Sherbrooke lancée dans la rivière

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La sculpture Ciel et Terre, qui pèse 1130 kilos, était exposée à l'extérieur du musée depuis le début de l'été.

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Crédit photo : Spectre média : Jessica GarneauJournaliste : Cut Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune

(Sherbrooke) Le Musée des beaux-arts de Sherbrooke a été victime de vandalisme dans la nuit de vendredi à samedi. Une boule en acier inoxydable de l'oeuvre Ciel et Terre de David James a été arrachée de son socle puis lancée dans la rivière Magog. La base en granit a été projetée au sol.

La sculpture, qui pèse 1130 kilos, était exposée à l'extérieur du musée depuis le début de l'été en remplacement du coq de l'artiste Joe Fafard.

Le ou les malfaiteurs ont jeté la structure de granit par terre avant de quitter les lieux avec la boule d'une trentaine de pouces de diamètre. Elle a ensuite été lancée dans la rivière Magog, où elle a subi des dommages importants.

Une citoyenne a approché les policiers lors d'une patrouille vers 13 h samedi pour leur indiquer qu'elle avait aperçu la boule dans un tourbillon à la hauteur du pont Gilbert-Hyatt. Les pompiers ont été appelés sur place pour la récupérer. Elle a ensuite été remise au Musée.

« Il y a beaucoup de marques sur la boule, elle aura besoin d'une restauration complète », indique Mélissa Guimond responsable des communications du Musée des beaux-arts de Sherbrooke.

« On trouve ça malheureux, poursuit-elle. C'est un manque de respect pour l'art et on ne veut pas laisser passer l'incident comme si rien n'était arrivé. On veut retrouver les coupables. »

Le poids de l'oeuvre et le quartier où se trouve le Musée font croire à Mme Guimond que l'acte de vandalisme pourrait avoir été commis par un groupe qui avait un peu trop fêté. La boule a été remisée à l'intérieur du Musée pour l'instant.

« Ce n'est pas fréquent, mais ça arrive, admet Sarah Boucher, conservatrice du Musée des beaux-arts de Sherbrooke. On peut penser à la sculpture de Sylvie Daigle devant le Palais des sports en 2015. »

« Nos assurances vont payer l'entièreté des dommages, se console-t-elle. Nous avions mentionné que l'oeuvre allait être exposée à l'extérieur. Il n'y aura donc aucun problème. »

Pas de caméras à l'extérieur

L'établissement est équipé de caméras à l'intérieur, mais aucune n'est présente à l'extérieur du bâtiment. Une situation qui changera peut-être à la lumière de ces événements, selon Sarah Boucher.

« On va y réfléchir sérieusement, confirme-t-elle. D'autant plus qu'on retrouve souvent des bières ou des déchets sur notre terrain. Nous savons aussi que nous sommes près du centre-ville et des bars. »

« Nous avons déjà aussi retrouvé nos poubelles dans la rivière, quelqu'un les avait lancées. »

David James avait présenté sa création Ciel et... (Archives, La Tribune) - image 2.0

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David James avait présenté sa création Ciel et Terre lors du dévoilement des expositions estivales du Musée des beaux-arts de Sherbrooke.

Archives, La Tribune

« C'est vraiment plate »

« C'est sur qu'on y pense et que ça entre dans l'équation lorsqu'on décide d'exposer à l'extérieur. Mais c'est vraiment plate quand ça arrive. »

Comme d'autres artistes, l'acte de vandalisme survenu au Musée des beaux-arts de Sherbrooke a fait réagir le sculpteur sherbrookois Matthieu Binette, qui expose une oeuvre en face du OMG Resto, bien conscient que cela fait partie de la réalité de l'exposition publique.

Il y a toutefois deux manières de voir les choses, selon le sculpteur.

« On peut aussi se dire qu'à partir de maintenant, l'oeuvre possède sa propre histoire. Si l'artiste le veut, il pourrait la laisser endommagée et ainsi la laisser raconter sa légende. Mais c'est mon opinion bien personnelle. »

Même son de cloche pour Jean-Marc Tétro, connu notamment pour pour avoir réalisé les clôtures stylisées des terre-pleins du centre-ville de Sherbrooke.

« Ça peut être du vandalisme totalement gratuit, fait par des cons, ou du vandalisme réactionnaire, indique-t-il. Il faut s'attendre à des réactions en exposant sur la place publique et, souvent, ça peut rendre l'oeuvre plus intéressante. »

M. Tétro trouve particulièrement révélateur que la boule se soit retrouvée dans la rivière.

« Ce n'est pas banal comme geste et ça peut-être interprété de bien des manières. Le graffiti a longtemps été considéré comme du vandalisme et, maintenant, c'est une forme d'art. La réaction à une oeuvre peut continuer le discours et même l'améliorer. »

Une des oeuvres de M. Tétro a d'ailleurs été vandalisée à Richmond. Les vandales ont coupé le bâton de hockey d'une sculpture réalisée pour le tournoi de hockey Mousquiri de Richmond.

« Je n'ai pas été outré, je me suis demandé ce qu'ils avaient à dire en posant ce geste. Mais peut-être qu'ils s'étaient seulement acheté une nouvelle pince et qu'il voulait l'essayer. Je suis peut-être complètement dans le champ », résume-t-il en riant.




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