Absolution conditionnelle pour une inconduite sexuelle à l'université

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Coupable d'agression sexuelle sur une consoeur étudiante, un universitaire a obtenu une chance de ne pas être affligé d'un casier judiciaire de la part du tribunal, jeudi, à Sherbrooke.

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(Sherbrooke) Coupable d'agression sexuelle sur une consoeur étudiante, un universitaire a obtenu une chance de ne pas être affligé d'un casier judiciaire de la part du tribunal, jeudi, à Sherbrooke.

Le jeune homme de 21 ans qui n'avait pas respecté à trois reprises au cours de la même soirée qu'une connaissance lui refuse des rapports sexuels, en décembre 2015, pourra bénéficier d'une absolution conditionnelle.

Alexandre Bélanger devra cependant verser 2000 $ à la victime et effectuer 240 heures de travaux communautaires.

Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec a tenu compte de l'intérêt véritable de l'individu sans nuire à l'intérêt public, afin qu'il puisse continuer à être un actif pour la société.

Rougi par la honte et les remords, le jeune homme a accueilli le verdict du tribunal en pleurant au palais de justice de Sherbrooke.

L'accusé avait reconnu les faits en janvier 2017 afin d'éviter à la victime de venir témoigner au tribunal.

Il a signé une déclaration des faits où il a confirmé avoir tenté à trois reprises d'avoir une relation sexuelle avec une jeune femme sans son consentement.

L'étudiant s'est présenté au logement de la victime avec le colocataire de cette dernière après une soirée bien arrosée. La jeune femme y avait passé la soirée à étudier et dormait déjà.

L'homme, alors âgé de 20 ans, qui avait déjà « flirté » avec la victime et qui l'avait déjà embrassée, est entré dans sa chambre avec l'intention d'avoir une relation sexuelle avec elle.

Vêtu d'un simple boxer, Bélanger a tenté de l'embrasser, mais la jeune femme a refusé. Il est alors sorti de la chambre.

L'individu y est retourné une deuxième fois quelques minutes plus tard, cette fois complètement nu.

Il est allé dans le lit de la victime et lui a touché les fesses et les seins. Il a tenté de mettre son pénis dans sa main afin qu'elle le masturbe. Cette dernière a refusé les avances et s'est tourné dos à lui. Croyant que la jeune femme s'était endormie, il a quitté à nouveau la chambre.

Quelques instants plus tard, il est retourné une troisième fois dans la chambre de la jeune femme.

Il s'est glissé sous ses couvertures et a tenté de l'embrasser en lui touchant les seins et les fesses. Il est embarqué sur elle et a tenté de pénétrer la jeune femme.

Cette dernière a encore une fois refusé fermement les avances de l'individu. C'est à ce moment qu'il a réalisé qu'il était allé trop loin.

La victime a porté plainte au Service de police de Sherbrooke pour agression sexuelle.

En suivi thérapeutique

Depuis ces événements, l'accusé a cessé le baccalauréat dans lequel il étudiait, il a arrêté son implication sportive dans une équipe Vert & Or de l'Université de Sherbrooke et a fait un suivi psychologique à la suite de ces événements.

Il a aussi changé de ville de résidence et doit entreprendre un baccalauréat dans un autre domaine l'automne prochain.

« L'accusé reconnaît son entière responsabilité. Il a présenté des excuses sincères », signale le tribunal qui a mentionné que l'individu sans antécédent judiciaire présente un risque de récidive presque nul.

Le tribunal a retenu que l'accusé reconnaissait son « manque flagrant de jugement, qu'il avait subi l'opprobre de son entourage et que son plaidoyer de culpabilité avait eu des conséquences sur ses projets futurs ».

« L'alcool a sans doute joué un rôle dans cette affaire, mais ce n'est pas la cause. Le but de l'accusé était de satisfaire ses besoins sans égard à la victime », a soulevé le juge après avoir analysé le rapport présentenciel favorable à l'accusé qui avait été préparé dans ce dossier.

Alexandre Bélanger a fait un suivi thérapeutique à la suite de ces événements dont il a pris conscience de la gravité.

Le juge l'a invité à poursuivre ce suivi dans le cadre de sa probation de deux ans.

Son nom sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de dix ans et il devra fournir un échantillon d'ADN. Il ne pourra pas entrer en contact avec victime ou sa famille et ne pourra pas consommer d'alcool pour la prochaine année.

Me Caroline Saint-André de l'aide juridique défendait l'accusé dans ce dossier, alors que Me Claude Robitaille représentait le ministère public.

« La question du respect de la femme... (Archives, La Tribune) - image 2.0

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« La question du respect de la femme est négligée dans les universités », estime la victime d'Alexandre Bélanger qui a choisi de porter plainte par respect pour elle-même et pour encourager d'autres victimes à porter plainte, « parce que ce sont des gestes qu'il ne faut pas laisser passer ».

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« Il fallait que je porte plainte pour me respecter »

La victime d'Alexandre Bélanger peut maintenant fermer la porte sur ce chapitre qui a bouleversé sa vie lors de ses études universitaires.

« Il fallait que je porte plainte pour me respecter », a expliqué la jeune femme qui a assisté, jeudi, à l'imposition de la peine de son agresseur au palais de justice de Sherbrooke.

Surprise alors qu'elle dormait dans son logement, la jeune femme dans la vingtaine a repoussé à trois reprises cette connaissance qui tentait d'avoir des rapports sexuels avec elle. L'accusé l'a insultée en disant « qu'elle était plate » puis « qu'elle n'était pas fine ».

« La question de respect de la femme est négligée dans les universités. Il semble facile de dépasser les limites sans penser aux conséquences. Les campagnes de sensibilisation sur le consentement en lien avec l'alcool notamment qui ont été tenues l'année dernière avaient toute leur raison d'être », estime la jeune femme.

La victime de cette agression a été appuyée à la suite de ces événements notamment par le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC).

« Je cherchais à comprendre pourquoi il avait fait ça. Certaines personnes de mon entourage ont banalisé les gestes. Malgré cela, j'ai décidé de porter plainte et d'aller au bout du processus judiciaire. Ce sont des gestes qu'il ne faut pas laisser passer. J'ai porté plainte pour moi et j'espère que d'autres femmes vont aussi le faire lorsqu'elles sont victimes de tels gestes parce que ça laisse des traces », dit-elle.

Le tribunal a relevé les séquelles que la victime garde encore plus de deux ans après les événements qui l'ont bouleversée et blessée. Elle a notamment fait un suivi thérapeutique.

« J'ai vécu un syndrome post-traumatique. J'ai aussi été placée en arrêt de travail », énumère-t-elle.

La victime de l'universitaire est fière d'avoir été au bout du processus judiciaire.

« C'est un processus long et pénible à traverser, mais je suis fière de l'avoir fait. Tout ce que l'on entend dans les médias à propos des agressions sexuelles dans les universités prend maintenant tout son sens », estime la courageuse femme.

Cette dernière affirme ne pas en vouloir à son agresseur.

« Je ne lui en veux pas à lui, mais bien aux gestes qu'il a posés. J'en veux à son manque de jugement. J'espère qu'il va réussir à reprendre le contrôle de sa vie. Je ne suis pas capable de lui en vouloir. Je ne lui souhaitais pas de prison. Ce n'est pas sa place. Il doit cependant travailler sur lui », affirme la jeune femme.




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