« Je me suis dit, il faut que tu sortes ton monde »

Les pompiers ont combattu les flammes au restaurant... (Spectre Média, René Marquis)

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Les pompiers ont combattu les flammes au restaurant Comme chez soi de Magog à partir du milieu de la nuit de mercredi à jeudi.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) C'est un formidable travail bien coordonné qui s'est enclenché, dans la nuit de mercredi à jeudi, pour évacuer les clients de l'Auberge du Mont Orford, alors que brûlait le restaurant attenant Comme chez soi.

À commencer par le gardien de nuit Réjean Lévesque qui a été alerté vers 3 h 30 et qui est allé constater le début d'incendie dans les cuisines du restaurant. « Je me suis dit, il faut que tu sortes ton monde », a-t-il déclaré à La Tribune.

« Il y avait de la boucane, mais en regardant comme il faut, j'ai vu des flammes. »

Il s'est alors rendu dans la partie auberge de l'établissement pour faire sortir les clients qui étaient au nombre d'une cinquantaine en cette période achalandée des vacances de la construction.

L'alarme d'incendie reliée à une centrale téléphonique a immédiatement communiqué avec les pompiers de Magog et avec les gestionnaires de l'auberge située sur la route 112, près du secteur Orford.

À leur arrivée, les sapeurs sont intervenus pour compléter l'évacuation. On a interdit aux clients de retourner aux chambres. Certains ont quand même réussi à s'y rendre pour récupérer des effets personnels, alors que le feu progressait dans le restaurant.

« Relocaliser les clients »

Ils ont aussi fait appel à des pompiers des municipalités environnantes.

Les gestionnaires de l'Auberge Mont Orford, Manoushka Ross et Brigitte Flamand, sont arrivés peu après. « Je demeure à cinq minutes, dit Mme Ross. Les flammes sortaient du toit du restaurant. Le feu avait pris de l'ampleur. »

« La priorité, c'était les clients. Quand je suis arrivée, ils étaient tous sortis. Nous avons communiqué avec d'autres établissements de la région pour les relocaliser. Ce n'était pas facile, car plusieurs ne répondent pas la nuit. Mais nous avons pu leur trouver des places. Les gens ont été accommodants. »

Tout a été rondement, note-t-elle. « En une demi-heure, tout le monde était relocalisé. Tout a bien fonctionné! On n'a heureusement pas eu de blessé. »

Mmes Ross et Flamand constataient que la partie des chambres avait été sauvée. Elles ne savent pas quand on pourra y loger des clients à nouveau. Une odeur de fumée a certainement envahi les chambres.

Pendant ce temps, les pompiers ont fait intervenir une pelle excavatrice afin de détruire le bâtiment de la partie restaurant afin de stopper la propagation des flammes vers l'auberge.

En voyant la machinerie à l'oeuvre jeudi matin, Brigitte Flamand se rappelait les investissements qui avaient été faits pour rénover cette section du commerce partie en fumée. « La section auberge a été construite en 1987, mais le restaurant est plus vieux. Il a été rénové quelques fois », se souvient-elle.

« Nous avions construit un loft à 60 000 $, un bureau à 15 000 $ et une salle de réunion à 40 000 $. Je gérais six entreprises dans le bureau. J'y avais des documents, des clefs USB. J'ai tout perdu ça. Tout ce qui me reste, c'est mon laptop. »

Ce sont des années de travail qui s'étaient ainsi accumulées, ajoute la gestionnaire. « Tu viens travailler tous les matins, mais tu ne penses jamais que ça peut arriver des affaires comme ça », souligne-t-elle.

Pour sa part, M. Lévesque a tout perdu dans cet incendie. « Mon appartement était derrière le restaurant », déclare-t-il.

« Tout ce qui me reste, c'est ce que j'ai sur le dos. J'ai tout perdu. »

Jean-Noël Busque avait aussi le coeur gros en voyant les ruines du restaurant écrasées sous les chenilles de la pelle excavatrice. Il a exploité pendant 46 ans le restaurant le Rond Point (devenu Le Rustick), à quelques dizaines de mètres de là sur la route 112. « Ça fait mal de voir ça. Surtout que j'ai passé au feu moi-même en 2001 », mentionne-t-il émotif.

« Je demeure voisin de cette auberge. J'ai vu ce commerce grandir. »




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