Victime de racisme, il se fait justice: un étudiant l'échappe belle au tribunal

C'est le 4 avril 2016 que le destin... (Spectre média, Frédéric Côté)

Agrandir

C'est le 4 avril 2016 que le destin des deux individus s'est croisé à la pizzeria Mivan du centre-ville de Sherbrooke.

Spectre média, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Les insultes racistes qu'il a subies en commandant une pizza après une soirée passée au centre-ville de Sherbrooke auraient pu hypothéquer l'avenir professionnel d'un étudiant de l'Université de Sherbrooke.

Sa vengeance alors qu'il s'est fait justice lui-même avec ses amis a cependant entraîné d'importantes conséquences pour l'individu à l'origine des propos racistes.

Malgré des séquelles importantes chez la victime, l'individu d'origine pakistanaise n'aura pas de dossier criminel, mais devra se conformer à de sévères conditions pour les 18 prochains mois.

C'est le 4 avril 2016 que le destin des deux individus s'est croisé à la pizzeria Mivan du centre-ville de Sherbrooke.

L'accusé revenait d'une soirée festive avec ses amis lorsqu'un individu a tenu des propos à teneur raciste.

Les insultes se sont poursuivies à l'extérieur de la pizzeria où ils se trouvaient.

L'étudiant invectivé est passé de victime de racisme à auteur de voies de fait causant des lésions.

Il a avoué avoir donné un coup de poing au visage de l'individu qui s'est effondré au sol.

Les amis de l'agresseur ont poursuivi la bagarre en sens unique en assénant des coups de poing et des coups de pied au livreur.

Accusé à la suite de cette agression, le jeune homme a brisé ses conditions de remise en liberté à deux reprises au cours des procédures judiciaires.

Lourdes conséquences

Dans sa déclaration, la victime a longuement décrit les conséquences de cette agression.

Il a subi une dépression, perdu sa conjointe, son emploi et subit encore des vertiges et des maux de tête. Il ressent encore des douleurs au visage et doit porter des lunettes adaptées. Il a aussi développé la peur de se faire attaquer.

« La victime a subi plusieurs conséquences permanentes des gestes », a décrit le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

Son avocate Me Mélissa Gilbert a convaincu le tribunal que l'accusé subirait des conséquences disproportionnées si un dossier criminel lui était imposé.

L'accusé regrette les gestes et reconnaît qu'ils n'étaient pas appropriés. Le risque de récidive a été évalué comme peu probable par un agent de probation dans le cadre d'un rapport présentenciel.

Le juge Chapdelaine s'est rendu aux arguments de la défense sur l'absolution conditionnelle, mais a majoré les conditions.

Il a imposé un remboursement de 3000 $ à la victime et imposé 100 heures de travaux communautaires dans une période de 18 mois. L'accusé ne pourra pas consommer l'alcool pour les six prochains mois et ne pourra entrer en contact avec la victime.

« Cette absolution conditionnelle vous permettra d'envisager votre carrière future. Tout manquement à ces conditions viendra cependant mettre en péril cette décision si vous brisez vos conditions », a rappelé le juge Chapdelaine à l'accusé.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer