42 mois de prison pour un menteur pathologique

Kevin Goulet.... (Archives, La Tribune, Frédéric Côté)

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Kevin Goulet.

Archives, La Tribune, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Le fraudeur multirécidiviste Kevin Goulet a non seulement reconnu avoir monté un stratagème frauduleux de location de chalets de luxe, mais aussi d'avoir berné une femme de Sherbrooke à qui il a fait miroiter une vie de rêve pendant trois mois.

Pour ces crimes, Goulet a été placé hors d'état de nuire pour les 42 prochains mois.

En plus de cette peine de prison imposée par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec, Kevin Goulet devra rembourser 12 000 $ à son ex-conjointe.

« Ce que j'ai entendu s'approche de la perversion. Avoir habité avec quelqu'un et lui faire miroiter des projets de mariage pendant qu'il vidait ses comptes de banque c'est quelque chose. J'espère qu'il va profiter de sa peine pour suivre une thérapie. La société est en danger dès qu'il va ressortir. On parle de la deuxième conjointe qu'il fraude », a signalé la juge Desgens en imposant la peine.

Fraude, magouille, fourberie contre plusieurs personnes pendant plusieurs mois, la juge n'a pas ménagé les qualificatifs après le récit des crimes reconnus par Goulet.

« Je vais me souvenir de ce dossier longtemps. On ne peut rester insensible à cela même si on en voit de toutes les couleurs comme juge », a signalé la juge Desgens.

La victime de la plus importante fraude de Goulet est venue raconter avec beaucoup d'aplomb et de courage le rêve que le beau parleur lui a fait croire sans être capable de lui payer entre octobre et décembre 2016.

Pendant tout le récit de sa victime principale, Goulet regardait au sol rougi par la honte.

La femme de 25 ans connaissait les antécédents de Goulet, mais croyait à la seconde chance.

Goulet l'a d'abord convaincu de quitter un emploi à temps plein pour être embauché chez des gens qu'il connaissait. Mais en fait, cette affaire de nouvel emploi avait été montée de toutes pièces par Goulet qui avait fabriqué une fausse promesse d'embauche.

« Je pensais que c'était la bonne personne. Nous avions projeté de nous marier. Nous avions fait concevoir des bagues que j'avais payées (...) J'ai fait un dépôt de 900 $ pour une robe de mariage ainsi que des robes pour ma mère et ma grand-mère », a expliqué la victime.

Le couple avait même signé une promesse d'achat d'une maison. Goulet avait aussi simulé une bourse d'études du CHUS après sa fausse admission au programme de médecine. Ce dernier avait fabriqué une lettre d'acceptation en ce sens qu'il avait même exhibé à sa grand-mère.

« Il m'avait proposé d'acheter deux véhicules de marque Audi. Je n'ai jamais vu les voitures », a expliqué la femme de 25 ans.

Goulet a même monté une affaire de voyage où sa conjointe a fait émettre des passeports d'urgence. Projet encore une fois faux.

Goulet avait volé plusieurs informations personnelles lui appartenant au cours de leur concubinage de quelques mois.

« À la banque, on m'accusait de me frauder moi-même en déposant des chèques sans fonds dans mon propre compte. Il a fallu que je me défende auprès de la banque que ce n'était pas moi. Je ne peux plus emprunter. Mon nom est détruit comme si j'avais fait faillite. J'ai dû aller voir un syndic (...) J'ai été obligée de retourner vivre chez ma mère. Je n'avais plus d'argent pour subvenir à mes besoins », a expliqué la jeune femme.

Les agissements de Goulet ont eu d'importantes conséquences sur sa vie.

« Je me suis repliée sur moi-même. J'ai peur des gens. J'ai une haine envers les hommes. Il m'a fait perdre énormément tant sur le plan monétaire que psychologique. Je ne pensais pas que quelqu'un pouvait être capable d'utiliser les faiblesses de quelqu'un de cette façon », a témoigné la victime de Kevin Goulet.

Location frauduleuse

Goulet a reconnu des gestes de fraude, de fabrication et d'utilisation de faux contrats de location de prétendus chalets de luxe dans les Cantons-de-l'Est entre le 20 février et le 2 mars 2017.

Il avait pris des photos de chalet du nord de Montréal où il faisait croire qu'il les possédait à Orford. Il les louait sur les sites Internet de petites annonces.

L'individu de 25 ans a ainsi subtilisé les dépôts d'une dizaine de personnes pour les chalets pour un montant de 1700 $.

Il a aussi reconnu une introduction par effraction et le recel d'articles qui avaient été volés sur la rue Annie à Sherbrooke en juin 2016.

Accessoirement, il a reconnu tous les bris de probation associés à ces crimes.

Goulet est détenu depuis le dépôt des accusations contre lui.

Son avocat Me Guy Plourde a souligné que son client a passé sa vie à mentir à lui et aux autres.

« Je sais que j'ai besoin d'aide. Je n'ai pensé qu'à moi au lieu de penser aux personnes. Mon désir est de devenir un actif pour la société. Je voulais m'excuser auprès des victimes », a indiqué Kevin Goulet avant de prendre le chemin de la prison.

C'est Me Nathalie Robidoux qui représentait le ministère public dans cette affaire.




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