La prison pour une sordide agression

Éric Landry purgera une peine de trois à... (La Tribune, René-Charles Quirion)

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Éric Landry purgera une peine de trois à sept ans de prison pour avoir attenté à la vie d'une femme en tentant de l'étouffer.

La Tribune, René-Charles Quirion

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(SHERBROOKE) Éric Landry purgera une peine de trois à sept ans de prison pour avoir attenté à la vie d'une femme en tentant de l'étouffer en avril 2016 à Sherbrooke.

« J'ai fait des conneries. Je n'ai pas le choix d'accepter cette peine pour payer pour ce que j'ai fait », a indiqué, vendredi, Éric Landry à la juge Claire Desgens de la Cour du Québec avant de prendre la direction de la prison.

L'individu de 40 ans a plaidé coupable en décembre 2016 à quatre chefs d'accusation de tentative de meurtre, introduction par effraction, séquestration et menaces de mort.

« J'ai une bonne idée de la peine que je vais vous imposer, mais je dois revoir certaines décisions. Dans l'intervalle, je crois que l'incarcération s'impose en date de ce jour », a ordonné la juge avant que Landry se fasse passer les menottes et prenne le chemin des cellules.

Lors de cette nuit du 8 avril 2016, Landry s'est introduit par effraction dans le domicile de la victime de l'est de Sherbrooke avant de la séquestrer, s'en prendre à elle et de tenter de la tuer.

Une ordonnance de non-publication empêche d'identifier la victime alléguée.

L'avocat de la défense Me Christian Raymond a suggéré une peine de trois ans de pénitencier, alors que la procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Line Ducharme a réclamé entre sept et huit ans de détention lors des observations sur la peine qui se déroulaient au palais de justice de Sherbrooke.

« La responsabilité de l'accusé est totale. C'est lui du début à la fin », a plaidé Me Ducharme rappelant que la tentative de meurtre est un meurtre qui n'a pas réussi et mérite donc une peine importante.

La juge Desgens imposera la peine de prison le 16 juin prochain.

Un cauchemar

La victime dans cette affaire est plongée dans un cauchemar constant depuis ces événements où elle a failli y laisser la vie.

« Ma vie a complètement changé. Je vis un cauchemar depuis ces événements. J'étais certaine que j'allais mourir, que c'était la fin. Mes enfants ont eu un courage remarquable cette nuit-là. Ils m'ont sauvé la vie », a indiqué la victime dont le courage de témoigner des gestes sordides qu'elle a subis a été félicité par la juge Desgens.

Depuis son arrestation, Landry a respecté toutes ses conditions de remise en liberté. Éric Landry a effectué un suivi au CLSC, avec un psychologue et suivi une thérapie à l'organisme le Seuil de l'Estrie.

« Je regrette d'avoir agi comme ça. J'aurais aimé avoir de l'aide avant. J'aurais alors pu agir autrement », a mentionné à la juge Éric Landry lors de son témoignage où il a mentionné être « vraiment désolé pour être allé aussi loin que ça ».

Ce dernier affirme avoir voulu régler ses problèmes d'agressivité et d'impulsivité.

« Il me fait vivre un stress constant. Depuis ces gestes, je me sens toujours surveillée », soutient la victime d'Éric Landry.

L'individu a reconnu être entré par le sous-sol du domicile de la victime. Il a surpris la femme dans sa chambre à coucher alors qu'elle dormait en lui mettant du ruban adhésif sur la bouche pour l'empêcher de crier. Il l'a attachée avec de la corde, mais la victime alléguée s'est défendue. Landry a répété à de multiples reprises qu'il allait la tuer en mettant les mains sur la bouche et le nez pour l'empêcher de respirer.

Un aboiement insistant du chien de la famille a alerté l'un des enfants de la victime.

C'est l'intervention de ce dernier qui a raisonné Landry. Avant de prendre la fuite vers Joliette, Landry a affirmé regretter les gestes et avoir tenu des propos suicidaires. Il avait demandé à la victime de ne pas porter plainte pour ne pas aller en prison.

« Je continue d'avoir peur de lui »

Éric Landry voulait camoufler sa tentative de meurtre en suicide.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a assuré qu'elle prendra connaissance de ce nouvel élément qui prouve un haut degré de planification dans cette tentative de meurtre dans l'imposition de la peine.

La victime, qui a été sauvée in extremis par son fils alors que Landry tentait de l'étouffer, a retrouvé une lettre écrite par Landry où il la personnifiait et expliquait le geste volontaire à ses enfants.

« J'ai été sous le choc d'apprendre qu'il avait écrit une lettre en mon nom pour expliquer à mes enfants que je m'étais suicidée. C'est venu confirmer qu'il avait l'intention de déguiser le meurtre en suicide », témoigne la victime.

Landry avait même fait installer un logiciel espion dans l'ordinateur de sa victime.

« Même s'il a plaidé coupable, je continue d'avoir peur de lui. Les conséquences sur ma vie et celle de mes enfants sont très grandes. Je vais toujours me demander s'il a tout avoué ce qui est arrivé à ses proches », a témoigné la victime à la juge Claire Desgens de la Cour du Québec lors des observations sur la peine.

Le père de la victime estime que Landry continue de cacher qui il est vraiment.

« Il avait prémédité son geste et voulait le faire passer pour le suicide de ma fille. Cette nuit-là, il a tué une partie d'elle. Elle n'est plus la même », estime le père de la victime.

Cette dernière a vécu un stress post-traumatique sévère à la suite de ces événements.

« J'ai perdu 25 livres. J'ai encore de la difficulté à dormir. J'ai dû solliciter l'aide financière de mes proches pour l'achat de matériel scolaire pour mes enfants. Je refuse encore d'ouvrir les fenêtres la nuit et je ne sors plus seule le soir », indique la victime dans cette affaire, qui n'a pu reprendre le travail depuis les événements.

Malgré les systèmes d'alarme qu'elle a fait installer chez elle, elle continue d'avoir de la difficulté à y rester seule.

« Je vis plusieurs répercussions dans ma vie personnelle et professionnelle. J'ai de la difficulté à me concentrer sur mes tâches », a indiqué la victime de Landry qui a accueilli avec soulagement l'incarcération d'Éric Landry.




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