Voies de fait sur une policière: la sentence ne passe pas au SPS

La peine de trois jours de prison imposée... (Archives, La Tribune)

Agrandir

La peine de trois jours de prison imposée à Darko Blazevic qui a reconnu avoir molesté une policière du Service de police de Sherbrooke ne passe pas au sein de l'organisation.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) La peine de trois jours de prison imposée à Darko Blazevic qui a reconnu avoir molesté une policière du Service de police de Sherbrooke ne passe pas au sein de l'organisation.

Le directeur du SPS Danny McConnell exprime une... (Archives, La Tribune) - image 1.0

Agrandir

Le directeur du SPS Danny McConnell exprime une «grande déception» face à la peine de trois jours de prison imposée à un individu qui a reconnu avoir tiré par les cheveux et frappé une policière. «Je me demande quel message une telle peine envoie dans la population», observe-t-il en faisant valoir qu'aucun policier ne devrait être blessé ou frappé dans le cadre de son travail.

Archives, La Tribune

Dans une note interne dont La Tribune a obtenu copie, le directeur du SPS Danny McConnell exprime sa « grande déception » devant la suggestion commune de peine qu'a été entérinée par le tribunal dans ce dossier de voies de fait sur une policière du SPS, de menaces sur les policiers ainsi que d'entrave au travail des policiers.

« L'agression de policiers semble banalisée et aucun d'entre nous ne devrait être blessé ou frappé dans le cadre de son travail », explique le directeur du SPS, Danny McConnell dans cette note interne.

En entrevue, le directeur du SPS ajoute qu'il se questionne du message qui est envoyé par l'imposition d'une telle peine à un individu qui a frappé une policière dans l'exercice de ses fonctions.

Darko Blazevic a reconnu avoir frappé la policière qui répondait à un appel de trouble au pub Willard de la rue Denault à Sherbrooke dans la nuit du 4 au 5 avril dernier. Alors que les policiers tentaient de le maîtriser avec du poivre de Cayenne, Blazevic a agrippé la policière par les cheveux et l'a frappée au visage.

« Je ne veux pas partir en guerre contre un juge que je respecte, mais je veux cependant exprimer mon indignation et ma déception relative à cette peine imposée, alors que la victime n'a pas été entendue. Lors de l'imposition de la peine, elle aurait dû être consultée afin qu'elle puisse témoigner comme victime comme le prévoit la loi. La pression exercée par l'arrêt Jordan de régler rapidement les dossiers entraîne malheureusement ce type de situation. Je me demande quel message une telle peine envoie dans la population alors que l'accusé a reconnu avoir tiré par les cheveux et frappé une policière », mentionne le directeur du SPS.

«Cette décision représente l'état actuel du droit et je dois m'en remettre au système de justice.»


Explications demandées

Danny McConnell a contacté la procureure aux poursuites criminelles au dossier et l'adjoint au DPCP en Estrie pour obtenir des explications à cette peine imposée à un individu sans antécédent judiciaire qui a reconnu sa culpabilité à la première occasion après avoir purgé une détention provisoire de deux jours. Les travaux communautaires et le fait que Blazevic sera soumis à une thérapie en gestion de la colère ont aussi été tenus en compte dans l'imposition de la peine.

« J'ai par la suite fait valider cette réflexion par un autre procureur indépendant et évalué les chances d'obtenir davantage si cette cause avait été portée à procès. Nous devons prendre en compte le corollaire entre les voies de fait simple, de façon rationnelle (ce qui est très difficile j'en conviens) et la sentence prononcée. Je réitère à ce point-ci toute mon indignation et le manque de respect face à l'autorité. Une peine exemplaire aurait été appréciée. Mais cette décision représente l'état actuel du droit et je dois m'en remettre au système de justice », a expliqué le directeur McConnell dans le communiqué transmis à ses policiers.

Il a invité ses policiers à la prudence dans ce dossier relativement aux messages qui pourraient être diffusés sur les médias sociaux à ce sujet.

« Même si cette sentence ne passe pas parmi le personnel, il faut continuer à offrir un travail exemplaire. Quant à la policière, elle se trouve encore en arrêt de travail pour une période encore indéterminée», estime le directeur du SPS, Danny McConnell en entrevue à La Tribune.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer