Stornoway fraudée pendant plus de 7 ans

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Le stratagème utilisé par l'ex-directrice générale de Stornoway, Sylvie Gauthier, aurait privé la petite municipalité de « quelques centaines de milliers de dollars », a appris La Tribune de source proche de l'enquête policière.

Sylvie Gauthier fait face à quatre chefs d'accusation de vol, de fraude, de fabrication et d'utilisation de faux. Les accusations de vol et de fraude couvrent une période de sept ans, du 1er janvier 2005 au 28 mars 2012. Pour ce qui est de la fabrication et de l'utilisation de faux documents, les gestes auraient eu lieu sur une année, soit du 1er janvier 2011 au 28 mars 2012.

Âgée de 40 ans, Sylvie Gauthier a été à l'emploi de la petite municipalité située à une vingtaine de kilomètres de Lac-Mégantic pendant 10 ans. Elle a quitté ses fonctions en 2012.

Les accusations auxquelles fait face Sylvie Gauthier découlent d'une enquête menée sur plusieurs mois par le Bureau des enquêtes régionales de la Sûreté du Québec en Estrie.

La preuve démontrerait que, pendant plus de sept ans, Sylvie Gauthier a empoché le remboursement de fausses factures présentées à la municipalité. Elle aurait de plus empoché une partie du paiement de taxes effectué en argent comptant par certains de ses concitoyens. Ce stratagème se serait déroulé à l'insu des élus municipaux.

Autre administration

Le maire actuel de Stornoway, Mario Lachance, a fait valoir que Sylvie Gauthier a travaillé sous le règne du maire précédent, Pierre-André Gagné.

« C'est avant moi, tout ça, car elle a été pris en 2012, après une enquête de l'UPAC. J'ai été élu maire en 2014. C'est sorti publiquement en février dernier, quand elle a avoué et que c'est devenu public. D'après ce qu'on pense, elle aurait agi de 2005 à 2012. Au début, elle prenait juste un peu d'argent. À la fin, elle en prenait plus. Elle avait toutes sortes de manières de faire, avec deux livres de comptabilité, elle était assez bien structurée. La Municipalité n'est pas dans le trou, nous sommes en bonne situation financière, mais si on avait cet argent, cela nous permettrait d'effectuer certains travaux qu'on a toujours à faire », a-t-il admis.

La preuve « volumineuse » sur laquelle s'est appuyé le ministère public pour déposer les quatre chefs d'accusation reposerait sur « plusieurs disques compacts ». L'analyse de la preuve a été confiée à une juricomptable et plusieurs experts comptables en matière de fraude et de contrefaçon.

Défendue par le criminaliste sherbrookois Michel Dussault, Sylvie Gauthier a plaidé non coupable aux accusations portées contre elle en Cour du Québec. Elle doit revenir devant le tribunal le 27 avril prochain.

- Avec Ronald Martel

Réal Bernard est conseiller municipal de Stornoway.... (La Tribune, Ronald Martel) - image 2.0

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Réal Bernard est conseiller municipal de Stornoway.

La Tribune, Ronald Martel

« C'était une très bonne employée... »

Dans la saga qui frappe la petite municipalité de Stornoway, à propos de l'ex-directrice générale, Sylvie Gauthier, il semble que cette femme bénéficiait de la confiance des élus de l'endroit.

«Personnellement, c'est de valeur! Je crois qu'il s'agissait d'une très bonne employée pour la Municipalité, avant qu'on le sache. Cela nous a surpris quand on l'a su. Mais il ne fallait pas en parler. Elle avait suivi tous les cours qu'elle pouvait suivre pour s'occuper des affaires de la municipalité. Même à la MRC du Granit, elle jouissait d'une bonne crédibilité. Elle était même invitée à aller en avant pour expliquer, dans les réunions, des choses que la personne qui animait n'était pas toujours en mesure de livrer toutes les informations», a déclaré le conseiller municipal, Réal Bernard, également propriétaire du restaurant Cantine Chez Mimi, route 108, qui est aussi la rue Principale, à Stornoway.

«C'est de valeur surtout pour les familles de Stornoway, ce n'est pas agréable pour les contribuables. Il s'agit d'un défaut caché. Elle a été, pendant plusieurs années, secrétaire-trésorière, puis directrice générale. Moi, je n'ai rien à dire contre elle. Comme c'est l'argent des contribuables qu'elle a détourné, et que ce fut dans les mains des comptables et de la police, nous n'avons pas eu le choix. Il a fallu aller au criminel, mais moi j'aurais préféré que ça puisse se corriger et se régler différemment, en prélevant de l'argent sur son salaire, pour qu'elle rembourse et que Stornoway garde ses compétences.»

«C'est de valeur pour la parenté de cette fille-là. Elle a plaidé coupable et le procès va suivre», a conclu M. Bernard.

Un citoyen de Stornoway, qui faisait le plein à la station-service voisine du restaurant et qui a requis l'anonymat, a commencé par dire qu'il n'avait pas vraiment grand temps pour répondre aux questions du journaliste.

«C'est difficile à dire. Ici, c'est une petite municipalité, c'est géré comme ils peuvent. Ils n'ont pas beaucoup de personnel et il faut qu'ils aient confiance dans celui qu'ils ont. Cette dame semblait être une personne de confiance, mais elle ne l'était finalement pas.»

Plusieurs citoyens de Stornoway, questionnés sur le même sujet, ont décliné la demande du journaliste de s'exprimer, prétextant que Stornoway est un très petit patelin où tout le monde se connaît et est presque parent. Ronald Martel




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