Procès de Michée Roy : le bébé a subi un traumatisme violent

Kylen Roy aurait subi un traumatisme suffisamment violent... (Archives, La Presse)

Agrandir

Kylen Roy aurait subi un traumatisme suffisamment violent par l'application d'une force importante qui lui a causé des saignements à la rétine et à l'intérieur du crâne dans les minutes qui ont précédé son arrêt cardio-respiratoire, puis son admission à l'hôpital.

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Kylen Roy aurait subi un traumatisme suffisamment violent par l'application d'une force importante qui lui a causé des saignements à la rétine et à l'intérieur du crâne dans les minutes qui ont précédé son arrêt cardio-respiratoire, puis son admission à l'hôpital.

Le pédiatre Dr Claude Cyr... (La Tribune, René-Charles Quirion) - image 1.0

Agrandir

Le pédiatre Dr Claude Cyr

La Tribune, René-Charles Quirion

Le pédiatre du CHUS Dr Claude Cyr a été appelé à la barre, mardi, au procès de Michée Roy de Richmond, accusé de l'homicide involontaire coupable de son enfant.

Selon le témoin expert, la version donnée par Michée Roy aux autorités médicales pour justifier l'état dans lequel son fils Kylen a été retrouvé le 1er janvier 2015 ne correspond pas aux symptômes relevés chez le nourrisson.

Michée Roy a expliqué avoir échappé son fils de deux mois en l'empoignant par le pyjama puis il se serait cogné la tête contre son épaule alors qu'il le rattrapait rapidement.

« L'un des premiers critères pour expliquer un traumatisme crânien non accidentel est une histoire vague, changeante et non plausible », a expliqué le Dr Cyr à la juge Claire Desgens de la Cour du Québec qui préside le procès de Michée Roy au palais de justice de Sherbrooke.

Il modifie sa version

L'accusé a modifié sa version des événements à au moins deux reprises.

« Plusieurs hypothèses ont été soulevées par papa et maman, mais elles ne correspondent pas aux blessures subies. Ils ont soulevé que l'enfant avait pu être blessé par le jouet de sa soeur. Le père a aussi soulevé un épisode où la poussette aurait été attachée à un chien. Il se serait alors cogné», a témoigné l'expert devant le tribunal en fonction des explications colligées par le personnel médical.

Un possible syndrome de l'enfant secoué, appelé maintenant par le corps médical traumatisme crânien non accidentel (TCNA) a été soulevé dès le lendemain de l'arrivée de Kylen Roy au CHUS.

Des explications non compatibles

« Les explications du père n'étaient pas compatibles avec ce qui a été constaté chez Kylen (...) Le diagnostic du traumatisme crânien non accidentel devenait de plus en plus évident avec les trouvailles faites lors des examens » témoigne le Dr Claude Cyr.

Un « scan » effectué 22 heures après l'admission de l'enfant a permis de constater la présence d'une hémorragie à l'intérieur de son crâne.

« Ce sont des hémorragies récentes, soit environ 24 h à 48 h », précise le Dr Cyr lors de son témoignage.

Une série d'examens effectués par des spécialistes en fonction du protocole pour les TCNA ont permis de documenter l'état et des hémorragies présentes dans le cerveau de l'enfant.

Aucune présence d'ecchymoses ou fracture n'a été trouvée lors des examens médicaux effectués.

En contre-interrogatoire, l'avocat de la défense Me Félix-Antoine Doyon a insisté sur l'absence des ces signes de TCNA.

« La trouvaille à la suite de l'examen de la rétine est un signe qu'il y a eu une force de cisaillement au niveau de la rétine par une force de coups et contrecoups », a témoigné le Dr Cyr.

Saignements constatés à la rétine que le Dr Cyr exclut des conséquences causées par les manoeuvres de réanimation faites sur Kylen Roy.

« Les manoeuvres de réanimation peuvent causer des fractures des côtes, mais peuvent rarement causer des hémorragies rétiniennes », explique le Dr Cyr qui indique que sans confession de l'agresseur ou de témoins directs, le niveau de certitude qui peut être atteint par le corps médical dans des cas de TCNA est celui du « très probable ».

Dans un état neurovégétatif depuis les événements, Kylen Roy est décédé en juin de la même année.

Le procès de Michée Roy se poursuivra mercredi avec le témoignage du pathologiste judiciaire.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer