Un bambin tué pour avoir sauté sur le divan

Dave Poulin-Beaunoyer a reconnu mercredi que les nombreux... (Spectre Média, Jessica Garneau)

Agrandir

Dave Poulin-Beaunoyer a reconnu mercredi que les nombreux coups de poing à l'estomac qu'il a portés au fils de sa conjointe ont causé le décès du bambin de 20 mois, le 26 septembre 2015. L'homicide involontaire coupable pour lequel il est accusé est passible de la prison à perpétuité.

Spectre Média, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) C'est l'impulsivité de Dave Poulin-Beaunoyer qui l'a amené à causer la mort d'un bambin de 20 mois en septembre 2015.

Après avoir été averti une première fois, le jeune Mathieu Matteau continuait de sauter sur le divan le 26 septembre au matin, ce qui a incité son beau-père à le frapper de plusieurs coups de poing à l'estomac. Lorsque Poulin-Beaunoyer est revenu au salon pour ramasser le lait que l'enfant venait de régurgiter, il l'a retrouvé incliné sur celui-ci et les yeux révulsés, peut-on lire dans les admissions manuscrites qui ont été présentées à la juge Claire Desgens de la Cour du Québec mercredi.

En panique, Poulin-Beaunoyer a ensuite réveillé la mère du bambin en lui indiquant seulement que celui-ci «ne feelait pas bien» après avoir chuté du divan. Comme son enfant ne lui répondait pas et qu'il «n'avait pas le même regard que d'habitude», la mère a contacté Info-Santé, où une infirmière lui a suggéré d'appeler le 9-1-1.

L'état du bambin s'est détérioré rapidement par la suite. Devant un hématome qui prenait de l'ampleur sur le visage de l'enfant, les ambulanciers l'ont transporté d'urgence à l'hôpital, où son décès a été constaté à 10h20 causé par une hémorragie interne. Dans son rapport déposé en octobre 2015, la pathologiste Caroline Tanguay ne laisse planer aucun doute sur le triste sort de l'enfant, écrivant que «pour causer les blessures observées sur la peau et à l'interne, il faut plusieurs impacts. L'aspect et la nature des blessures à l'abdomen sont incompatibles avec une chute», comme le prétendait le conjoint de la mère.

«Il y a un cheminement qui a été fait au cours des derniers mois qui a été d'un grand apport quant à la reconnaissance de culpabilité aujourd'hui», a attesté l'avocat de Dave Poulin-Beaunoyer, Me Benoit Gagnon, de l'aide juridique.

«Il y a tout un travail qui a été amorcé depuis un an et demi par mon client et ce travail-là va se poursuivre jusqu'aux représentations finales», a-t-il ajouté.

Toujours dans ses admissions, l'accusé admet ne pas comprendre pourquoi il a agi de la sorte, si ce n'est sur le coup de l'impulsivité. Visiblement émotif et peinant à parler, l'homme de 27 ans a plaidé coupable à une accusation d'homicide involontaire coupable au palais de justice de Sherbrooke mercredi.

En larmes, la mère était quant à elle accompagnée de nombreux membres de sa famille pour la soutenir dans cette épreuve.

«Pour elle [la mère], ce qui était important, c'était qu'il reconnaisse ce qu'il avait fait à son garçon, qu'il reconnaisse que c'est lui qui avait causé le décès de son garçon », a déclaré la procureure aux poursuites criminelles, Me Joanny St-Pierre, qui entend suggérer une importante peine de pénitencier.

«La seule chose que je demande, c'est que justice soit faite rapidement et je pense qu'on va l'avoir. C'est tout. C'est mon petit-fils et il ne méritait pas ça», a de son côté déclaré la grand-mère maternelle de la victime.

Une confiance fatale

Si l'on se fie aux renseignements fournis par la pathologiste qui a procédé à l'autopsie du petit Mathieu Matteau, il ne s'agissait pas de la première fois qu'il essuyait des coups de son beau-père. Le corps du bambin montrait de nombreuses blessures internes et externes «antérieures au décès» à la tête et au cou, au tronc ainsi qu'au niveau des membres, peut-on lire dans le rapport. Parmi celles-ci, un frein de langue déchiré et des marques au visage suggéraient notamment «une main qui comprime la bouche». Ces blessures «témoignent d'un enfant battu», a tranché Dre Tanguay.

La veille du décès de son enfant, la mère avait d'ailleurs remarqué un hématome sur le pubis de ce dernier pendant son bain. Lorsque l'accusé a été questionné à ce sujet, celui-ci n'a pas fourni de réponse. La mère a mentionné qu'elle avait une confiance totale en l'accusé et que rien ne laissait croire que les hématomes étaient liés à autre chose qu'aux chutes d'un enfant. Elle soutient également ne jamais avoir frappé ses enfants. Formé au printemps 2015, le couple avait emménagé ensemble sur la rue Deschaillons en juillet, un peu plus de deux mois seulement avant le tragique décès.

Dave Poulin-Beaunoyer demeurera en liberté jusqu'aux observations sur la peine, qui seront tenues le 15 mai. Entretemps, il devra continuer de respecter les sévères conditions qui lui avaient été imposées en janvier, lorsqu'il a été remis en liberté par la Cour supérieure. Il doit notamment rester dans un centre adapté 24 heures par jour, sept jours par semaine. Il doit assumer les frais de l'endroit où il réside et se soumettre à des dépistages de drogue tous les mois.

Il avait été arrêté le 7 octobre 2015, en lien avec le décès de l'enfant. La peine maximale pour un homicide involontaire coupable est la prison à perpétuité.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer