Saisie historique de cocaïne à Magog

Le domicile de Daniel Roy, la tête dirigeante... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Le domicile de Daniel Roy, la tête dirigeante alléguée du réseau, rue Rexford à Magog, a fait l'objet d'une perquisition.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Magog) Saisie historique en matière de cocaïne, mercredi, à Magog.

Plus d'un kilo de cocaïne, un kilo de haschich et 119 600 $ ont été saisis sur 12 lieux de perquisition.

Actif depuis près d'une quarantaine d'années en matière criminelle, la tête dirigeante alléguée, Daniel Roy, a été arrêtée sur la rue Rexford à Magog.

Tout comme Roy, les autres accusés Claude Ruel, Randal K. Michalek et André Bernard, demeurent détenus.

Devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec, le procureur aux poursuites criminelles Me Andy Drouin s'est opposé à la remise en liberté des quatre accusés.

Roy a été accusé de trafic de stupéfiants, de possession dans le but d'en faire le trafic de cocaïne, de résine de cannabis et de cannabis entre février 2016 et février 2017 ainsi que de recel.

L'individu de 57 ans, défendu par Me Jean Leblanc, accumule les condamnations criminelles depuis 1978.

En plus des accusations liées au trafic de stupéfiants, Claude Ruel, 59 ans, est aussi accusé de production de marijuana. Michalek est accusé de possession de cocaïne et résine de cannabis dans le but d'en faire le trafic, alors que André Bernard est accusé de trafic et de possession dans le but d'en faire le trafic de stupéfiants.

Me Leblanc a remis le dossier de son client à vendredi, alors que les autres avocats de la défense au dossier Me Jean-Marc Bédard, Me Guy Plourde et Me Nicolas Cossette ont reporté les dossiers de leurs clients à jeudi pour fixer l'enquête sur remise en liberté.

Menés par la Régie de police Memphrémagog, une cinquantaine de policiers ont frappé à douze endroits à Magog et à Austin dans le cadre du projet « King ».

Cinq personnes ont été arrêtées, mais seulement quatre individus ont comparu en lien avec ces perquisitions au palais de justice de Sherbrooke. Le cinquième suspect a été libéré sous promesses de comparaître par voie de sommation.

Crime organisé

Le réseau se spécialisait dans la vente de cocaïne et de marijuana.

« Lorsque l'on parle de cocaïne, il y a invariablement un lien avec le crime organisé. Tout ça demeure sous enquête », explique le porte-parole de la Régie de police Memphrémagog, le lieutenant Sylvain Guay.

Ce sont des informations du public qui ont permis de mener l'enquête puis de réaliser ces perquisitions.

« L'enquête a permis de relier un premier individu à quatre autres personnes. Nous avons utilisé diverses techniques d'enquête pour accumuler la preuve et procéder aux arrestations. Nous tenons à remercier le public pour sa collaboration. Les informations transmises vont rester confidentielles », assure le lieutenant Guay.

L'escouade régionale mixte de l'Estrie et la Sûreté du Québec ont participé à cette frappe policière majeure.

Les perquisitions ont été faites à deux entrepôts de la rue Principale Ouest à Magog de même que sur les rues Rexford, Gingras, Bowen et Meloche. Un domicile de la rue Clark à Austin a aussi été visé.

« C'est un réseau qui était bien organisé en matière de distribution de cocaïne. Ils avaient une clientèle bien établie où la drogue était distribuée à domicile », mentionne le lieutenant Guay.

Un voisin de la tête dirigeante alléguée sur la rue Rexford Gilles Lefebvre parle de Daniel Roy comme un individu sympathique avec qui il n'a jamais eu de trouble.

« Je ne sais pas trop ce qu'il faisait dans la vie. On s'est fait réveiller par les sirènes de police. Ils ont embarqué notre voisin. Je suis surpris que ce soit pour une affaire de drogue. Je n'avais jamais rien vu de particulier à cet endroit », constate Gilles Lefebvre.

Trois véhicules ont été saisis à titre de biens infractionnels lors de cette opération, soit un véhicule Mercedes C -300 2016, un Ford Ranger 1993 et un Dodge Caravan 2000.

La perquisition a permis de démanteler une serre de production de marijuanas. Des armes ont été saisies, notamment un poing américain ainsi que deux pistolets de calibre.22.

Une enquête étalée sur un an

Bien qu'il considère que l'ampleur d'un dossier ne se mesure pas seulement par le nombre de gens arrêtés et par les choses saisies, le directeur de la Régie de police Memphrémagog, Guy Roy, se déclare «heureux» du travail accompli par tous ceux qui ont contribué à l'opération majeure conduite mercredi dans le secteur de Magog.

«C'est un dossier qu'on a démarré il y a un an et qui a évolué en cours de route, révèle M. Roy. Je suis heureux du travail accompli. On a réussi à toucher à un réseau bien établi dans la région.»

Le directeur de la Régie de police Memphrémagog reconnaît que son organisation n'aurait pas eu les ressources techniques pour conduire seule l'enquête ayant précédé l'opération de mercredi.

«C'est nous qui avons initié le dossier, mais on a ensuite travaillé en collaboration avec l'escouade régionale mixte et la Sûreté du Québec. Travailler en partenariat, c'est la seule façon de combattre ce genre de groupe à mon avis. Ce dossier-là est une belle preuve que nos partenariats fonctionnent», déclare-t-il.

Malgré sa satisfaction, Guy Roy admet sans difficulté que le trafic de drogue ne disparaîtra pas de sitôt dans la région de Magog. «Ce n'est pas pire ici qu'ailleurs, mais ce n'est pas une opération qui peut tout régler d'un coup.»

Enfin, il a souligné que la Régie de police Memphrémagog a, dans le passé, déjà conduit des opérations antidrogue d'importance. «Je pense notamment au cas de Ronald Bailey et de son réseau et à un autre dossier qui impliquait Jasmin Vallières.»




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