Trois ans de prison pour avoir trahi des femmes

Éric Corriveau profitait de ses derniers instants de... (La Tribune, René-Charles Quirion)

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Éric Corriveau profitait de ses derniers instants de liberté dans la salle des pas perdus du palais de justice de Sherbrooke avant d'être condamné à trois ans de prison.

La Tribune, René-Charles Quirion

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(Sherbrooke) Pour avoir trahi des femmes en filmant des ébats sexuels et en publiant plusieurs vidéos sans consentement, Éric Corriveau a été condamné à trois ans de prison à Sherbrooke.

L'individu de 48 ans, sans antécédent judiciaire, a pris le chemin du pénitencier après avoir reçu sa peine jeudi, par la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec qui l'a invité à régler ses problèmes en détention.

Deux victimes ont déposé des lettres au tribunal pour parler des conséquences des gestes de Corriveau sur leur vie.

En novembre 2016, Corriveau a plaidé coupable à des accusations de voyeurisme, soit d'avoir enregistré du contenu sexuellement explicite de ses ébats sexuels avec des femmes et de les avoir distribués sur des sites Internet de pornographie adulte.

Une plaignante a reçu une information selon laquelle elle se trouvait sur des sites pornographiques. C'est après avoir pris connaissance de ces images que la femme a porté plainte à la police.

Pour l'une des deux victimes, Corriveau avait même installé un logiciel espion pour accéder au contenu de l'ordinateur.

Des conséquences

« Les conséquences sur ma vie sont énormes. Je ne suis plus la même personne. Il y a un avant et un après. J'étais une femme souriante, confiante alors que je suis maintenant anxieuse, renfermée, suspicieuse. Cette trahison est indescriptible. Je me sens comme si j'avais été victime d'un viol collectif parce que je n'ai pas donné mon consentement aux personnes qui accèdent à ces images intimes de moi », a expliqué cette victime dans une lettre qui a été déposée au tribunal.

Cet épisode a eu des conséquences dans toutes les sphères de sa vie et elle a dû changer d'emploi.

« Les conséquences ne sont pas que virtuelles, elles sont réelles et incommensurables », ajoute la femme qui fait encore des cauchemars à la suite des gestes vécus.

L'autre victime d'Éric Corriveau vit aussi d'importantes conséquences des gestes commis.

« Je me suis sentie utilisée, insultée, trahie (...) Je me demande toujours pourquoi tu as commis de tels gestes. Aujourd'hui tu fais face à tes actes devant la justice, mais un jour tu devras rendre compte de tes actes devant les victimes », a livré une autre victime de Corriveau.

Par la voix de son avocat Me Jean Leblanc, Corriveau a exprimé ses regrets.

« Mon client ne peut réparer ce qu'il a fait, mais il espère que le futur sera mieux pour tout le monde », a mentionné Me Leblanc avant que son client prenne le chemin de la détention.

À la suite des accusations portées, Éric Corriveau a perdu son emploi.

Il a suivi une thérapie au CIVAS-Estrie et a réglé à l'amiable une poursuite civile avec l'une des victimes à qui il a donné sa maison.

Éric Corriveau avait aussi reconnu des accusations de leurre informatique d'une adolescente de 17 ans, d'extorsion ainsi que de production, possession et distribution de pornographie juvénile.

Un total de 393 fichiers de pornographie juvénile, principalement des adolescentes âgées de 13 à 15 ans, ont été trouvés dans son ordinateur.

La victime mineure dans cette affaire se trouve à l'extérieur du pays. Plus de 175 fichiers concernent cette adolescente.

Après des gestes d'extorsion, elle avait accepté de se déshabiller sur webcam. Corriveau avait tourné un vidéo de six à huit minutes avant de la partager sur Internet.

La peine a été imposée à la suite d'une suggestion commune de l'avocat de la défense Me Jean Leblanc et Me Marie-Line Ducharme du ministère public.

Éric Corriveau sera inscrit au registre des délinquants sexuels à vie, ne pourra pas contacter les victimes et ne pourra pas utiliser Internet pour cinq ans.

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