William Gamelin écope 62 mois de prison

William Gamelin passera les prochaines années derrière les... (Collaboration spéciale, Éric Beaupré)

Agrandir

William Gamelin passera les prochaines années derrière les barreaux.

Collaboration spéciale, Éric Beaupré

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Se rendant à une suggestion commune des avocats au dossier, la juge Marie-Josée Ménard a décerné une peine d'emprisonnement de 62 mois à William Gamelin pour avoir provoqué la mort de Marco Boisvert, le 6 juillet, alors qu'il conduisait son véhicule en état d'ébriété.

« C'est une peine sévère, juste et nécessaire, mais elle ne comblera jamais la souffrance qu'a vécue la famille, a affirmé la magistrate, s'adressant à l'accusé. Si c'était vous qui aviez perdu un proche, vous seriez devant moi pour demander une peine à la hauteur de votre souffrance ».

Le 5 juillet en soirée, Gamelin s'est rendu au bar d'effeuilleuses le Madonna à Saint-Germain-de-Grantham pour y prendre quelques consommations. À sa sortie, vers 2 h, des caméras l'ont capté alors qu'un portier tentait de le convaincre de ne pas conduire son véhicule.

En dépit des précieux conseils de l'employé, l'accusé de 24 ans a pris le volant, empruntant l'autoroute 20 en direction est à une vitesse évaluée entre 160 et 180 km/h. Quelques minutes plus tard, à la hauteur de Saint-Cyrille-de-Wendover, il est entré en collision avec la motocyclette de Marco Boisvert, qui venait tout juste de finir son quart de travail chez Girardin. Il l'a poussé sur une trentaine de mètres avant que les deux véhicules ne soient finalement propulsés dans le décor.

À leur arrivée, les services d'urgence ont rapidement découvert le corps de la victime, puis la voiture de l'accusé, ce n'est qu'un peu plus tard, qu'ils ont aperçu la motocyclette et se sont mis à la recherche du conducteur manquant. Ce dernier avait pris la fuite à pied et s'était rendu à une résidence du chemin Herman-Lavigne. Confus, il n'a pas été en mesure d'exprimer ses intentions, convainquant les résidents de communiquer avec les autorités.

Les policiers ont mis la main sur William Gamelin un peu plus tard, alors qu'il sortait de l'herbe longue, couvert de boue. Il a alors demandé à ce qu'on le ramène chez lui, ne comprenant pas ce qui venait de se passer.

Un récidiviste

Gamelin, qui a plaidé coupable à des accusations de conduite avec les facultés affaiblies et de délit de fuite causant la mort, n'en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Il avait été condamné en semblable matière en 2011. Il a également été reconnu coupable de voies de fait et a une cause pendante en matière de possession de stupéfiants.

« À 18 ans, on vous a fait confiance une première fois et on vous revoit aujourd'hui, cette fois avec des conséquences épouvantables, ça m'interpelle, a statué la juge Ménard. Cette fois, vous aviez la maturité nécessaire pour faire preuve de jugement. M. Gamelin, ce drame vous appartient exclusivement et vous allez avoir besoin d'aide ».

La vie de Lyne Martel a basculé le... (La Tribune, Yanick Poisson) - image 2.0

Agrandir

La vie de Lyne Martel a basculé le 6 juillet

La Tribune, Yanick Poisson

Lyne Martel se remet péniblement du décès de son conjoint

La vie de Lyne Martel a été chamboulée au petit matin du 6 juillet lorsque des policiers se sont rendus à son domicile de Saint-Léonard-d'Aston afin de l'informer du décès de son conjoint, Marco Boisvert, survenu quelques heures plus tôt.

Constamment maussade et terrorisée à l'idée de perdre un autre de ses proches dans des circonstances similaires, elle conserve des séquelles indélébiles de ces tragiques événements.

« Ce matin-là, ma vie a basculé. Lorsque j'ai vu l'autopatrouille, j'ai d'abord cru qu'elle se revirait dans ma cour, puis j'ai pensé qu'un de mes fils avait eu des ennuis. Je me suis effondrée en apprenant que je venais de perdre l'homme de ma vie. Lorsque j'ai su que c'était un conducteur de 24 ans qui roulait phares éteints et qui a tenté de sauver sa peau plutôt que de porter secours, ça m'a démoli », a-t-elle dit, tenant fermement une photo de la victime de 51 ans.

Suite aux événements, Mme Martel a été placée en arrêt de travail pendant deux mois, elle a obtenu de l'aide psychologique. Encore aujourd'hui, elle a une peur bleue lorsque ses enfants prennent la route. Afin de donner un sens à ce qui vient de se produire, la dame a décidé de s'impliquer auprès d'organismes qui luttent contre l'alcool au volant.

« On dit souvent qu'il n'arrive rien pour rien, mais cette fois j'ai du mal à y croire. J'ai tenté de trouver un sens à ce qui est arrivé. J'ai décidé de m'impliquer dans la lutte à l'alcool au volant afin d'empêcher que d'autres cas comme celui-ci ne surviennent », a-t-elle ajouté.

Un accusé repentant

William Gamelin a choisi de ne pas s'adresser directement au Tribunal, se sentant trop émotif pour discourir sur ses mésaventures. Par l'entremise de son avocat Me Louis Lupien, il a indiqué avoir une tonne de remords en lien avec l'accident qui a causé la mort de Marco Boisvert.

« Si vous saviez à quel point il aimerait revenir en arrière, mais ce n'est plus possible. La seule chose qu'il pouvait faire, c'est de plaider coupable rapidement afin de permettre à la famille de vivre son deuil. C'est bien peu, mais il ne peut faire davantage », a-t-il dit.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer