« J'ai de la misère à réaliser que c'est à moi que ça arrive »

Toute la journée mercredi, des sinistrés, des proches... (Spectre Media, Jessica Garneau)

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Toute la journée mercredi, des sinistrés, des proches et des voisins ont assisté au triste sort de la résidence Le Riverain, au centre-ville de Richmond.

Spectre Media, Jessica Garneau

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) L'incendie de la résidence Le Riverain laisse plus qu'un grand trou au centre-ville de Richmond, pour certains locataires c'est un toit de dernier recours qui a fait la différence dans leur vie.

Danielle-Anne est de ceux-là. La dame y a vécu sporadiquement depuis trois ans, chaque fois que la vie lui coupait l'herbe sous le pied et la ramenait à la case zéro.

Même si l'immeuble avait grand besoin de réparation, Danielle-Anne n'a que des bons mots pour son propriétaire Roger Courtemanche.

« Il était humain et compréhensif. Quand on n'avait plus rien à manger, il nous disait d'aller à la cuisine. Si on n'avait pas d'argent pour le loyer, il patientait. Il voulait aider le monde. »

Rencontrée au centre d'accueil de la Croix-Rouge, Danielle-Anne tentait de prendre la mesure de ce qui lui arrive avec la fin du Riverain.

Une amie était déjà auprès d'elle et lui offrira un toit pour quelques jours.

« Quand on voit ça aux nouvelles, le monde sur le trottoir devant un édifice qui brûle... J'ai de la misère à réaliser que c'est à moi que ça arrive », dit-elle.

Sans emploi, la trentenaire a tout laissé derrière elle pour évacuer son logement. « Je me suis fait réveiller par un voisin. Là c'est de se lever et de comprendre qui est difficile. On ne trouve plus rien. On ne sait pas combien de temps on a pour sortir. On ne réalise pas...

« Je suis en état de choc, continue Danielle-Anne. J'essaie de ne pas y penser. Je ne sais pas encore ce que je vais faire. Heureusement que j'ai mon amie Nicole. »

La résidence de la rue Principale Nord était au coeur du centre-ville depuis plus de 80 ans. Le bâtiment a longtemps abrité l'hôtel St-Jacob avant d'être converti en immeuble à logements, il y a au moins une vingtaine d'années.

Selon des badauds rencontrés par La Tribune, le propriétaire avait été averti qu'il devait installer des gicleurs pour se conformer aux nouvelles normes de sécurité, ce qui n'avait pas encore été fait.

Les autorités procéderont au cours des prochains jours à l'inventaire des besoins et des ressources disponibles à Richmond, en termes de logements et de logements supervisés, pour relocaliser les sinistrés.

« Il faut d'abord voir s'ils vont avoir besoin de nous, explique le maire de Richmond Marc-André Martel. Si on reste avec cinq ou six personnes à relocaliser, ce ne sera pas la même chose. »

Le propriétaire du Riverain, Roger Courtemanche, est hébergé chez des proches à l'extérieur de la région. Selon le maire, il n'est pas question de reconstruire. « Le complexe tirait à sa fin de toute façon, croit-il. M. Courtemanche n'a plus la santé pour faire ça. »

Pour le maire Martel, en fait, « l'occasion est belle de se remettre en cause pour voir ce qu'on va faire de cet endroit. Mais on n'agrandira pas le petit parc voisin, annonce-t-il, on a d'autres besoins pour le centre-ville ».

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Caroline Langlois

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Un appel à l'entraide se fait entendre

La copropriétaire du pub Amigo, situé juste en face de la résidence Le Riverain, connaît bien les locataires qui y vivaient jusqu'à l'incendie de mercredi.

Caroline Langlois appelle donc spontanément à l'entraide la communauté de Richmond.

« Il faudrait que les gens se mobilisent pour ceux qui ont tout perdu, déclare-t-elle. On est le 4 janvier, c'est l'hiver, et plusieurs n'ont pas d'assurance et n'ont plus que les vêtements qu'ils ont sur le dos. Ce ne sera pas facile pour eux. »

Citoyenne de Richmond depuis trois ans, Caroline Langlois a déjà vécu un incendie semblable à Montréal. Elle sait ce qui attend les sinistrés de la résidence Le Riverain.

« Ils vont avoir des services de la Croix-Rouge ou du CLSC, mais c'est une clientèle parfois difficile d'approche. Elle ne se laissera pas aider facilement. »

La femme d'affaires a pensé un court moment que c'était son bar qui était la proie des flammes quand une employée l'a appelée, mercredi matin, pour lui dire qu'il y avait le feu. « Ça réveille mal! »

Ses deux locataires ont été évacués. Endommagé par la fumée, l'édifice qui abrite le pub devra être nettoyé de fond en comble. « Je ne m'en fais pas trop avec ça, puisque je voulais faire des rénovations de toute façon », mentionne la copropriétaire.

Mme Langlois se garde bien de vouloir se substituer à la Croix-Rouge ou au CLSC, qui ont leurs propres structures d'aide bien établies. « Mais si les gens se sentent plus à l'aise de venir porter des choses au pub, je peux contribuer. »

« Ça va interpeller pas mal de gens à Richmond ce qui arrive, termine Mme Langlois. Il faut leur venir en aide. »

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