«C'est une collègue qui m'a avertie que Le Riverain brûlait»

Le feu a détruit le bâtiment.... (Spectre Media : Jessica Garneau)

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Le feu a détruit le bâtiment.

Spectre Media : Jessica Garneau

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(Richmond) Une vingtaine de personnes ont tout perdu, mercredi matin, dans un incendie qui a complètement rasé un immeuble à logements du centre-ville de Richmond.

La résidence Le Riverain chambres et pension accueillait une clientèle à faibles revenus, pour plusieurs aux prises avec des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale.

Tous les locataires avaient évacué les lieux avant même l'arrivée des pompiers, peu avant 7h mercredi.

Deux sinistrés ont été transportés à l'hôpital : une dame qui s'est fracturé la jambe en sautant du 2e étage et qui a inhalé beaucoup de fumée, ainsi qu'un homme qui a lui aussi été incommodé par la fumée.

« C'est une collègue qui m'a avertie que Le Riverain brûlait, raconte Linda Roy, qui avait déjà quitté son logement pour le travail à cette heure-là mercredi. Quand je suis revenue sur les lieux, j'étais surtout soulagée parce mon beau-fils était sorti, mon chien était sorti, plusieurs personnes étaient en sécurité, et c'est ça qui est important. Le reste, c'est juste du matériel. »

Son beau-fils Gary Marcotte a vécu de près le brouhaha de l'évacuation. Il a d'abord porté secours à cette dame qui, visiblement effrayée, avait sauté du 2e étage pour fuir les flammes.

« Je l'ai entendue crier à l'extérieur. Elle était allongée dans la neige. Je l'ai aidée, je l'ai fait entrer dans mon logement et je l'ai installée sur le divan. Puis on a essayé d'appeler le propriétaire parce qu'on ne savait pas ce qui se passait », relate-t-il.

Car selon plusieurs locataires rencontrés par La Tribune, il était assez fréquent que l'alarme incendie se déclenche sans raison au Riverain. « C'est pour ça qu'on n'a pas tout de suite réagi, on est tous habitués à ce que ça parte », témoigne M. Marcotte.

Puis l'évidence s'est imposée; cette fois c'était bien vrai.

« Il me reste juste ce que j'ai sur le dos », constate Gary Marcotte.

« Mais on était parmi les rares à être assurés, précise sa belle-mère. Et puis j'ai un ami qui a offert de nous héberger. Ce n'est pas nous qui sommes les pires. »

Toute la journée mercredi, des sinistrés, leurs proches, le voisinage, se sont réunis par petits groupes pour regarder l'immeuble partir en fumée.

« C'est une petite ville ici. Tout le monde connaît Le Riverain », témoigne Jacqueline Péloquin, appuyée dans ses dires par son amie Bibianne Lefebvre.

« Ce n'est pas la première fois qu'il y a un début d'incendie, mais là on dirait bien que c'est fini. Ça va faire un gros trou dans le centre-ville. »

«C'est bien dommage pour les personnes qui vivaient là.»


Le feu s'est déclaré à l'arrière du bâtiment et a rapidement généré une intense fumée noire.

Selon le directeur du service incendie de Richmond, Alain Durocher, la cause pourrait être un article de fumeur.

Un peu avant midi, une section plus récente de l'édifice de plus de 80 ans s'est effondrée. Déjà on savait que le reste y passerait. On parle de pertes évaluées sommairement à 350000 $.

« C'est bien dommage pour les personnes qui vivaient là », lâche le directeur des pompiers en laissant entendre que c'était un combat perdu d'avance compte tenu de l'âge et de l'état du bâtiment.

La Ville de Richmond et la Croix-Rouge ont ouvert un centre d'accueil pour les sinistrés, tôt mercredi matin, à distance de marche du Riverain.

Six ou sept personnes avaient fait appel à leurs services en début d'après-midi et l'organisme s'attendait à recevoir d'autres demandes au cours des prochaines heures.

« Lorsque les personnes viennent ici on évalue leurs besoins. On peut fournir de l'aide pour les vêtements, la nourriture et l'hébergement pour les 72 heures suivant le sinistre », dit Carolyne Ménard, bénévole pour la Croix-Rouge dans le Val-Saint-François.

Les autorités procéderont au cours des prochains jours à l'inventaire des besoins et des ressources disponibles à Richmond, en termes de logements et de logements supervisés, pour relocaliser les sinistrés.

« Il faut d'abord voir s'ils vont avoir besoin de nous, explique le maire Marc-André Martel. Si on reste avec cinq ou six personnes à relocaliser, ce ne sera pas la même chose. »

Le propriétaire du Riverain, Roger Courtemanche, est hébergé chez des proches à l'extérieur de la région. Selon le maire, il n'est pas question de reconstruire. « Le complexe tirait à sa fin de toute façon, croit-il. M. Courtemanche n'a plus la santé pour faire ça. »

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