Des travaux mal planifiés ont coûté la vie à David Joyal

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L'accident de travail qui a provoqué la mort de David Joyal, le 30 mai à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, est attribuable à une mauvaise planification.

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Yanick Poisson
La Tribune

(Notre-Dame-du-Bon-Conseil) Les enquêteurs de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) en sont venus à la conclusion que l'accident de travail qui a coûté la vie à David Joyal, le 30 mai chez Pétro-Max à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, est attribuable à des lacunes dans la planification des travaux de soudage en espace clos.

Rappelons que le soudeur a perdu la vie lorsque le camion-citerne dans lequel il se trouvait afin de réparer une fissure a explosé. L'enquête a permis à la CNESST de retenir deux causes pour expliquer l'accident.

D'abord, les travaux de soudage ont été effectués dans le réservoir d'une citerne routière adjacent à un autre réservoir contenant du diesel. Puis, la planification déficiente des travaux de soudage en espace clos a exposé le travailleur à un danger d'explosion. « La préparation des travaux, la méthode de communication, la surveillance des travaux et les équipements utilisés étaient inadéquats », concluent Vincent Ouellette et Marie-Claude Latulippe, les enquêteurs au dossier.

M. Joyal est ensuite entré dans le réservoir pour commencer la réparation avec une meuleuse électrique, une torche à souder ainsi qu'un pistolet à souder, aidé par un assistant posté sur le dessus du réservoir. En procédant à l'inspection, le soudeur a constaté que la soudure d'une pièce de recouvrement datant d'une réparation antérieure était brisée. Il a donc entrepris de corriger le tout.

La victime avait réalisé environ la moitié de la soudure quand une première explosion s'est produite. Immédiatement après, une seconde explosion, plus puissante que la première, a projeté l'assistant au sol. L'assistant et le propriétaire du garage Pétro-Max ont pu maîtriser le feu avec un extincteur et un boyau d'arrosage. Après avoir évacué la fumée avec un tuyau d'aspiration, ils ont retrouvé le travailleur étendu au fond du réservoir. Les secours ont été appelés sur les lieux. Le décès du travailleur a été constaté à l'hôpital.

Dans ce type de camion, qui permet le transport de plusieurs produits pétroliers en même temps, les réservoirs sont séparés par une double cloison nommée « entre-deux ». Pour en faire la réparation, le fond du réservoir doit être vidé et l'intérieur doit être nettoyé avec un jet de vapeur d'eau, avant d'être asséché avec de l'air comprimé.

Une amende

« Afin d'éviter qu'un tel accident ne se produise, aucun travailleur ne devrait entrer dans un espace clos sans la formation, la supervision et les équipements nécessaires. De même, il doit s'assurer de bien planifier les travaux à chaud à proximité de liquides combustibles et mettre en place les mesures de sécurité adéquate », précisent les enquêteurs.

À la suite de l'accident, la CNESST a interdit tout travail en espace clos jusqu'à ce que l'employeur mette en place des procédures de travail sécuritaires et qu'il prévoie de la formation pour son personnel. L'employeur a depuis mis en place des procédures de travail conformes à la réglementation concernant les procédures de travail à chaud et les procédures de travail à chaud en espace clos. Il a aussi élaboré une formation destinée aux travailleurs devant préparer et effectuer le travail en espace clos.

Relativement à cet accident, la CNESST a délivré un constat d'infraction à l'employeur, Pétro‑Max. Pour ce type d'infractions, le montant de l'amende varie de 16 317 $ à 65 269 $ pour une première offense, et pourrait atteindre 326 349 $ en cas de récidive.

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