Martineau ira en centre de réadaptation

Alexandre Martineau sera confié au Centre de réadaptation... (La Tribune, René-Charles Quirion)

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Alexandre Martineau sera confié au Centre de réadaptation en dépendance et santé mentale de l'Estrie au cours des prochains jours.

La Tribune, René-Charles Quirion

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(Sherbrooke) Alexandre Martineau sera intégré au cours des prochains jours au Centre de réadaptation en dépendance et santé mentale de l'Estrie (CRDE), afin qu'il puisse poursuivre son cheminement.

La commission d'examen des troubles mentaux du tribunal administratif du Québec (TAQ) a accordé au jeune homme de 22 ans la possibilité de poursuivre sa réadaptation et sa psychoéducation relative à son trouble schizoïde qui l'a poussé à attaquer ses grands-parents à l'arme blanche, le 9 juin dernier sur la rue Mézy à Sherbrooke.

Sans antécédent judiciaire ou problème de consommation de drogue ou d'alcool, mais plus solitaire et introverti, Alexandre Martineau a commencé à présenter certains symptômes de maladie mentale environ quatre semaines avant de passer aux actes.

Accusé de tentative de meurtre, il a été déclaré non criminellement responsable pour troubles mentaux en septembre dernier. Il comparaissait pour la première fois devant le TAQ, mardi, a CHUS-Hôtel-Dieu.

La psychiatre judiciaire Dre Karine Forget estime que le contexte légal par la mise en place de conditions demeure important pour assurer la collaboration d'Alexandre Martineau.

« Le contexte légal a été important pour qu'Alexandre Martineau accepte son traitement. Il ne faut pas minimiser la difficulté que nous avons eue à l'amener à collaborer. Dans un monde idéal pour lui, il n'irait pas au CRDE. Avec ce plan, les intervenants seront en mesure de déceler s'il y a un retour des symptômes de psychose (...) Nous sommes rendus à l'intégrer au CRDE, afin qu'il puisse obtenir des services que nous ne pouvons lui offrir à l'hôpital. Cette réadaptation extérieure va être favorable », estime la Dre Forget.

La psychiatre explique que les troubles schizoïdes d'Alexandre Martineau sont contrôlés avec une médication antipsychotique par injection.

« Lors des événements, il devait attaquer en premier sinon il allait se faire attaquer. Il n'en voulait pas à ses grands-parents. Il ne visait personne en particulier (...) Il avait une idée envahissante qu'il allait se faire attaquer et qu'il devait se protéger lui-même. S'il avait été ailleurs, ça aurait la personne à côté de lui qui aurait été attaquée », explique Dre Forget.

« Ce sont mes gestes, mais ce n'était pas mon état mental habituel. J'ai envie de passer à autre chose (...) J'ai fait une psychose. Je n'étais pas en contact avec la réalité. J'avais une idée hors du réel d'être attaqué par n'importe qui que je ne connaissais pas », a précisé de son côté Alexandre Martineau aux commissaires du TAQ.

Ce dernier a mentionné avoir l'impression que ses troubles psychiatriques étaient réglés.

« Je suis capable de savoir que la méfiance envers les gens est liée à la psychose. Je serais capable d'en parler et d'aller chercher de l'aide », mentionne Alexandre Martineau.

Une place en hébergement au CRDE attend Alexandre Martineau au cours des prochains jours. Ce milieu de vie encadré avec des services de réadaptation et de psychoéducation pourra lui permettre de mieux comprendre sa maladie et d'en détecter les signes.

Alexandre Martineau accepte d'être confié au CRDE même s'il avoue avoir de la difficulté à accepter cette condition.

« Ce n'est pas mon choix, mais je suis prêt à faire les efforts », assure Alexandre Martineau qui aurait mieux aimé se retrouver en appartement avec un suivi externe au CRDE, afin de pouvoir retourner aux études dès janvier 2017.

Alexandre Martineau devra poursuivre son suivi avec son équipe traitante, ne pas posséder d'arme offensive et garder la paix.

Encore un risque

Sa médication fait effet depuis environ trois semaines et les gestes sont tout de même récents. Son équipe traitante estime qu'il existe encore un risque pour la société et recommandait cet encadrement.

« Mes idées d'être attaqué se sont dissipées avec la médication. Je n'entends plus de voix. Cet arrêt des hallucinations auditives est associé à la prise de médication. Je n'ai pas pensé à l'arrêter », assure Alexandre Martineau.

Lors de sa comparution devant le TAQ, ce dernier était représenté par Me Marc-André Champagne de l'aide juridique, alors que Me André Campagne représentait le ministère public.

« Nous ne lui faisons aucun reproche »

C'est une famille tissée serrée qui s'est regroupée autour d'Alexandre Martineau depuis les gestes violents causés par la maladie mentale le 9 juin dernier.

Le grand-père d'Alexandre Martineau, Mario Martineau et sa conjointe, les deux victimes dans cette affaire, de même que ses parents étaient présents à l'audition de la commission d'examen des troubles mentaux.

Le jeune homme de 22 ans a été accueilli par des accolades de ses proches.

« Nous ne lui faisons aucun reproche. Ce n'est pas le Alexandre doux, poli et bien élevé que nous avons toujours connu qui a commis ces gestes-là », a expliqué aux commissaires Mario Martineau qui réitère toute son affection envers son petit-fils.

Mario Martineau a mentionné que c'était un jeune homme perdu, découragé et qui ne voyait plus d'issue en raison de la maladie mentale qui était débarqué chez lui le 9 juin.

« C'est vraiment triste que ce soit arrivé à toi, un jeune homme qui menait une vie exemplaire. Je suis certain que la Dre Forget et son équipe vont t'aider à cheminer. Je suis certain que tu veux une belle vie et que tu pourras être aidé. Le suivi que tu auras pourra t'aider à cheminer vers la stabilité », mentionne son grand-père qui assure qu'il sera toujours présent pour l'accompagner dans son cheminement.

Mario Martineau souhaite que son petit-fils puisse retrouver sa vie d'avant.

« Nous souhaitons que tu ne vives plus jamais un tel cauchemar », soutient Mario Martineau.

Garder espoir

Le père d'Alexandre Martineau, Michel, lui a aussi réitéré son appui.

« Je t'aime et je suis fier de toi. Nous serons là pour toi et nous gardons espoir. Alexandre n'a pas choisi sa maladie, c'est la maladie qui a choisi Alexandre », explique-t-il.

La famille Martineau s'est rendue visiter Alexandre à quelques reprises à l'aile psychiatrique du CHUS-Hôtel-Dieu.

« Nous sommes une famille unie qui allons continuer à l'appuyer. Je suis certain que ça va l'aider », indique Mario Martineau.

« Les visites sont agréables, même si elles sont ternies par la tristesse que nous percevons encore en lui. Le personnel du CHUS est dévoué, mais les services ne sont plus adaptés à Alexandre. Nous espérons que les conditions de vie plus adaptées à sa situation pourront l'aider à poursuivre son cheminement », ajoute le père du jeune homme de 22 ans.

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