Long témoignage d'un reconstitutionniste au procès de Lacasse

Marcial Lacasse... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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Marcial Lacasse

Archives La Tribune, Jessica Garneau

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(Lac-Mégantic) La quatrième journée du procès devant jury de Marcial Lacasse, 21 ans de Woburn, qui se déroule au palais de justice de Lac-Mégantic, a surtout été marquée par le témoignage du reconstitutionniste en scène d'accident de la Sûreté du Québec, le policier Sergio Miranda.

Ce dernier a déposé un rapport d'expertise au juge de la Cour supérieure Charles Ouellet, qui préside le procès, et aux 12 jurés, mais le temps a manqué en après-midi pour l'étudier au complet.

Avec l'aide d'outils d'arpentage, le reconstitutionniste a dessiné quelques plans du site de l'accident. Il a révélé que le VTT de Marcial Lacasse aurait dévié sur la gauche du sentier pour frapper une racine de souche, sortant de terre à 31 cm à l'extérieur du sentier. Mais le jeune homme se trouvait alors en freinage pour éviter la collision, ce qui l'aurait quand même fait virevolter dans un mouvement giratoire antihoraire et l'aurait redirigé sur 16,21 mètres, causant un renversement latéral qui l'aurait éjecté du VTT, lui et son passager, la victime Kevin Morin.

Il a ensuite révélé que l'absence de traces spécifiques aux deux VTT en cause - il y avait en fait trop de traces dans le sentier de motoneige - ni de traces de freinage, ne l'avait pas aidé dans sa reconstitution des événements.

«Les conditions et l'entretien de la piste ne sont pas en cause non plus. Si le conducteur avait raté la souche, il aurait percuté l'arbre qui se trouvait juste à côté... Il n'y avait pas de trace d'impact sur le casque de la victime. Les lumières étaient fonctionnelles sur le véhicule, mais les pneus toutes saisons n'étaient pas adaptés pour la neige», a-t-il ajouté.

État mécanique

Auparavant, en avant-midi, les jurés avaient eu droit à des témoignages d'experts techniques, initiés par le procureur de la Couronne, Me Régis Juneau-Drolet, qui a d'abord interrogé Dominick Côté, mécanicien de Lac-Mégantic, qui a procédé à l'inspection mécanique du VTT de Marcial Lacasse. Il a trouvé le véhicule en excellente condition, presque prêt à repartir, ne manquant que de l'air dans le pneu avant gauche. L'odomètre indiquait 97 km, la vitesse maximale que le VTT a roulé au moins une fois, avec une moyenne de 44 km/h, sur la distance totale de 29,2 km parcourue depuis son installation.

Puis le chimiste toxicologue judiciaire Bernard Mathieu a fourni un rapport toxicologique qu'il a longuement commenté, expliquant la méthode qu'il a utilisée pour déterminer le taux d'alcoolémie de l'accusé, soit 89 mg d'alcool par 100 ml de sang dans le meilleur scénario.

Vendredi, l'avocat de la Couronne devrait clore la preuve, avec la fin du témoignage du reconstitutionniste et la présentation d'une vidéo. Me Christian Raymond, l'avocat de la Défense, pourra aussi contre-interroger M. Miranda et décider s'il présentera une défense, avec peut-être le témoignage de Marcial Lacasse, la semaine prochaine.

Deux amis sur les lieux

Mercredi, ce qui a retenu l'attention, c'est le témoignage des deux amis qui accompagnaient Marcial Lacasse, soit Miguel Lessard et David Dumont Jacob. Un moment émotif est survenu quand Miguel Lessard a relaté être revenu sur ses pas, en VTT, quand il a vu que le VTT de Lacasse ne les rejoignait pas. Il est alors arrivé sur les lieux de l'accident, voyant immédiatement son meilleur ami, Kevin Morin, qui gisait inerte au sol.

Les ambulanciers Sylvain Côté et Kenny Verville ont également témoigné, de même que la serveuse du bar de l'Auberge au Soleil-Levant, de Piopolis, Nadia Bolduc-Paquette, qui a avoué avoir dit aux jeunes de se faire reconduire plutôt que de prendre leurs véhicules.

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