Mort d'Angèle Langlois : aucun lien formel entre le décès et les manipulations

L'urgentologue Dr Ernest Prégent, l'avocate de l'ordre des... (La Tribune, René-Charles Quirion)

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L'urgentologue Dr Ernest Prégent, l'avocate de l'ordre des chiropraticiens, Me Louise Taché-Pillette et l'expert en chiropractie, le Dr Pierre Boucher

La Tribune, René-Charles Quirion

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(Sherbrooke) Outre un bémol du pathologiste judiciaire qui conclut qu'il est « probable », aucun expert n'a pu établir de lien de cause à effet direct entre le décès d'Angèle Langlois et les manipulations faites par Arnaud de Sorgher le jour de son décès.

La femme de 63 ans de Sherbrooke est décédée le 19 novembre 2014 d'une rupture d'anévrisme.

L'enquête publique du coroner Me Luc Malouin pour éclairer les circonstances entourant le décès d'Angèle Langlois a été ajournée, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Une sommité du monde médical au Québec, l'urgentologue Dr Ernest Prégent a soutenu « qu'il était possible qu'il y ait un lien », mais sans établir de pourcentage sur cette possibilité.

En conclusion de ce témoignage, le coroner Malouin a résumé : « Il est possible que l'anévrisme était présent depuis quatre jours en raison des maux de tête et de cou ou il est aussi possible qu'il soit traumatique en raison des manipulations effectuées? »

« Vous avez tout compris », a opiné le Dr Prégent.

Se basant sur le témoignage du pathologiste Dr Yann Dazé qui a effectué l'autopsie sur le corps d'Angèle Langlois, le Dr Prégent a rappelé que la pathologie d'Angèle Langlois était très rare.

Rappelé à la barre, le pathologiste Dr Yann Dazé a soutenu que des critères analysés « penchent nettement en faveur d'une origine traumatique ».

« Nous avons des circonstances où il est possible, par le mouvement et l'énergie, que ce soit un anévrisme traumatique », soutient le Dr Dazé.

Le coroner Malouin a rappelé qu'il était lié par la preuve que le mouvement réalisé par Arnaud de Sorgher était de faible amplitude.

L'expert en physiothérapie Pierre Langevin explique que la manipulation décrite par Arnaud de Sorgher est la seule en physiothérapie où le patient n'a pas le contrôle

Il précise que certains antécédents médicaux d'Angèle Langlois étaient contre-indiqués pour des manipulations en raison du risque de fracture et non pour causer un anévrisme. Les maux de tête d'Angèle Langlois étaient aussi une contre-indication au traitement.

Cependant, Arnaud de Sorgher a témoigné que la patiente ne lui avait pas signifié de maux de tête.

« Le mouvement de rotation est le mouvement le plus dangereux, mais je ne peux établir l'énergie déployée. Mais la petite amplitude et le fait qu'elle n'était pas en hyperextension militent en défaveur du lien causal. Il y a des éléments pour et des éléments contre, mais je ne peux établir de lien de cause à effet (...) Est-ce que les étoiles étaient alignées pour causer la rupture d'anévrisme ou est-ce le hasard, je ne sais pas », témoigne Pierre Langevin qui pratique au privé et qui enseigne en physiothérapie à l'Université Laval.

L'expert chiropraticien Dr Pierre Boucher a expliqué que la technique décrite par Arnaud de Sorgher en est une de haute vélocité et de basse amplitude. Une technique classique et utilisée par plusieurs thérapeutes.

Selon l'expert, cette technique bien effectuée dégage une quantité d'énergie trente fois moins importante que celle dégagée par un coup de poing.

« Selon moi il n'y a pas de lien entre la technique effectuée, si elle est faite dans les règles de l'art, avec la rupture d'anévrisme. Selon ce que j'ai vu, la technique faite lors de la démonstration jeudi était bien faite. Il n'y avait rien d'exagéré » conclut l'expert Boucher qui enseigne depuis plus de 30 ans au département de chiropractie à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

En début de journée les trois plaidoyers de culpabilité pénaux enregistrés par Arnaud de Sorgher ont été déposés au coroner Malouin. En septembre dernier, M. de Sorgher avait reconnu avoir fait des gestes réservés aux ordres professionnels des chiropraticiens, des physiothérapeutes et des médecins.

Le coroner Malouin a pris en délibéré les arguments qui lui ont été présentés.

« On veut savoir ce qui s'est passé. Nous ne sommes pas ici pour accuser personne », a encore rappelé le coroner Me Luc Malouin.

Avant de soumettre son rapport d'enquête publique, le coroner doit déterminer s'il y a un lien de cause à effet entre la manoeuvre faite par Arnaud de Sorgher et le décès d'Angèle Langlois.

« Si j'arrive à la conclusion qu'il est probable que la manoeuvre a causé le décès, le débat va prendre une ampleur qui dépasse monsieur de Sorgher. Je devrai alors mettre en cause toutes les associations concernant les gestes posés. Si la conclusion est que l'anévrisme est naturel et que c'est une coïncidence, je n'aurai pas besoin d'étendre le débat », a expliqué le coroner.

Les parties impliquées doivent déposer au coroner d'ici le 17 décembre leur position sur l'origine naturelle ou traumatique de l'anévrisme à l'origine du décès d'Angèle Langlois.

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