«Il est possible que l'anévrisme était présent depuis quatre jours»

Arnaud De Sorgher... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Arnaud De Sorgher

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(SHERBROOKE) Outre un bémol du pathologiste judiciaire qui conclut qu'il est «probable», aucun expert n'a pu établir de lien de cause à effet direct entre le décès d'Angèle Langlois et les manipulations faites par Arnaud de Sorgher le jour de son décès.

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Luc Malouin

La femme de 63 ans de Sherbrooke est décédée le 19 novembre 2014 d'une rupture d'anévrisme. L'enquête publique du coroner Me Luc Malouin pour éclairer les circonstances entourant le décès d'Angèle Langlois a été ajournée, vendredi avant-midi, au palais de justice de Sherbrooke.

Une sommité du monde médical au Québec, l'urgentologue Dr Ernest Prégent a soutenu «qu'il était possible qu'il y ait un lien», mais sans établir de pourcentage sur cette possibilité.

En conclusion de témoignage, le coroner Malouin a résumé : «Il est possible que l'anévrisme était présent depuis quatre jours en raison des maux de tête et de cou ou qu'il était traumatique.»

«Vous avez tout compris», a opiné le Dr Prégent.

Se basant sur le témoignage du pathologiste Dr Yann Dazé, le Dr Prégent a rappelé que la pathologie d'Angèle Langlois était très rare.

Rappelé à la barre le pathologiste Dr Yann Dazé a soutenu que des critères analysés «penchent nettement en faveur d'une origine traumatique».

«Nous avons des circonstances où il est possible par le mouvement et l'énergie pour causer un anévrisme traumatique», soutient le Dr Dazé.

Le coroner Malouin a rappelé qu'il était lié par la preuve que le mouvement réalisé par Arnaud de Sorgher était de faible amplitude.

«Est-ce que les étoiles étaient alignées pour causer la rupture d'anévrisme ou est-ce le hasard, je ne sais pas.»


L'expert en physiothérapie Pierre Langevin explique que la manipulation décrite par Arnaud de Sorgher est la seule en physiothérapie où le patient n'a pas le contrôle

Il précise que certains antécédents médicaux d'Angèle Langlois étaient contre-indiqués pour des manipulations en raison du risque de fracture et non pour causer un anévrisme. Les maux de tête d'Angèle Langlois étaient aussi une contre-indication au traitement.

«Je peux vous dire qu'il y a eu une énergie déployée et un mouvement rotatoire, qui est le plus dangereux, mais je ne peux faire de lien. Le mouvement de rotation est le mouvement le plus dangereux, mais je ne peux établir l'énergie déployée. Mais la petite amplitude et le fait qu'elle n'était pas en hyperextension militent en défaveur du lien causal. Il y a des éléments pour et des éléments contre, mais je ne peux établir de lien de cause à effet (...) Est-ce que les étoiles étaient alignées pour causer la rupture d'anévrisme ou est-ce le hasard, je ne sais pas», témoigne Pierre Langevin qui pratique au privé et qui enseigne en physiothérapie à l'Université Laval.

L'expert chiropraticien Dr Pierre Boucher a expliqué que la technique décrite par Arnaud de Sorgher comme étaitt à haute vélocité et à basse amplitude. Une technique classique et utilisée par plusieurs thérapeutes.

Selon l'expert, cette technique bien effectuée dégage une quantité d'énergie trente fois moins importante que celle dégagée par un coup de poing.

L'anévrisme qui a entraîné le décès d'Angèle Langlois était situé à la base du crâne.

«Selon moi il n'y a pas de lien entre la technique effectuée, si elle est faite dans les règles de l'art, avec la rupture d'anévrisme. Selon ce que j'ai vu, la technique faite, jeudi, était bien faite. Il n'y avait rien d'exagéré», conclut l'expert Boucher qui enseigne depuis plus de 30 ans au département de chiropractie à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

En début de journée, les trois plaidoyers de culpabilité pénaux enregistrés par Arnaud de Sorgher ont été déposés au coroner Malouin. En septembre dernier,  M. De Sorgher avait reconnu avoir fait des gestes réservés aux ordres professionnels des chiropraticiens, des physiothérapeutes et des médecins.

Le coroner Malouin a pris en délibéré les arguments qui lui ont été présentés.

«On veut savoir ce qui s'est passé. Nous ne sommes pas ici pour accuser personne», a encore rappelé le coroner Me Luc Malouin.

Avant de soumettre son rapport d'enquête publique, le coroner doit déterminer s'il y a un lien de cause à effet entre la manoeuvre et le décès d'Angèle Langlois.

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