«On ne fait pas le procès d'Arnaud de Sorgher»

Le naturopathe Arnaud de Sorgher a témoigné hier... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Le naturopathe Arnaud de Sorgher a témoigné hier à l'enquête du coroner Luc Maloin qui vise à clarifier les circonstances entourant le décès d'Angèle Langlois, victime d'une rupture d'anévrisme le 19 novembre 2014. -

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) « Nous ne sommes pas ici pour faire le procès d'Arnaud de Sorgher ou une enquête exhaustive sur la naturopathie. »

Le coroner Me Luc Malouin entend depuis jeudi au palais de justice de Sherbrooke l'enquête publique pour clarifier les circonstances entourant le décès d'Angèle Langlois le 19 novembre 2014.

D'entrée de jeu, le coroner a voulu préciser l'objectif de l'audience qui demeure de comprendre ce qui s'est passé.

« Il faut d'abord déterminer les causes et circonstances du décès. Il faut savoir ce qui s'est passé. Si nous sommes capables de démontrer un lien entre les manipulations et le décès, on se posera des questions concernant les recommandations à faire dans une deuxième étape », a précisé le coroner Malouin qui a rappelé à l'ordre les représentants des ordres professionnels à ce sujet.

Appelé à la barre, Arnaud de Sorgher a expliqué ses longues années d'études en kinésithérapie et son expérience dans ce domaine en Belgique, qui n'ont jamais été reconnues au Québec. Le coroner Malouin a d'ailleurs mentionné que cette question de la reconnaissance des acquis professionnels au Québec l'interpellait.

Arnaud de Sorgher explique qu'Angèle Langlois est venue la consulter à plusieurs reprises pour des douleurs cervicales et dorsales au fil des ans.

« C'était souvent son motif de consultation », a expliqué M. de Sorgher, qui est arrivé au Québec en 2001 et qui émettait des reçus comme naturopathe pour pouvoir pratiquer ici.

La consultation d'Angèle Langlois du 19 novembre 2014 auprès d'Arnaud de Sorgher concernait des douleurs cervicales sans lui avoir parlé de problème de maux de tête ou de migraine.

« J'ai fait une manipulation de type ostéopathique. Je ne faisais pas la même chose à chaque client (...) Je n'ai pas de souvenir de la manoeuvre que j'ai faite le 19 novembre », a mentionné Arnaud de Sorgher.

Avec sa conjointe comme « mannequin », Arnaud de Sorgher a été invité par le coroner, pour le bénéfice des experts des ordres professionnels, à effectuer quatre manoeuvres qu'il effectuait pour des douleurs cervicales.

Rupture d'anévrisme

Le pathologiste judiciaire qui a réalisé l'autopsie à la suite du décès d'Angèle Langlois, le Dr Yann Dazé, a expliqué que le décès d'Angèle Langlois était le résultat d'une hémorragie causée par une rupture d'anévrisme.

Après un exposé théorique sur l'anévrisme, le Dr Dazé a mentionné qu'il aurait fallu un mouvement de grande amplitude, soit qui permet la transmission de beaucoup d'énergie, avec hyperextension et rotation pour créer une rupture d'anévrisme traumatique.

« S'il n'y a pas ces facteurs, c'est moins probable que ce soit un anévrisme traumatique. On tombe alors dans l'hypothèse de l'anévrisme naturel, mais bizarre », a synthétisé au coroner le pathologiste judiciaire.

Le conjoint d'Angèle Langlois, Wilfrid Gilbert, a expliqué au coroner qu'il avait parlé à 21 h 25 la veille de son décès.

« Elle m'a dit qu'elle avait très mal à la tête. Appelle-moi demain. Je vais me coucher. Ça a été ses dernières paroles », a indiqué M. Gilbert.

Ce dernier a mentionné que sa conjointe et lui avaient consulté Arnaud de Sorgher à plusieurs reprises et que les consultations avaient donné de bons résultats. Il n'y avait pas eu d'évaluation médicale préalable aux manipulations.

« On me faisait un traitement en fonction du mal que j'avais », a expliqué M. Gilbert.

Après son témoignage, Wilfrid Gilbert a indiqué qu'il est important de trouver les causes du décès et ne garde aucune rancune envers Arnaud de Sorgher.

« Personne n'est placé pour accuser qui que ce soit. Ma conjointe est décédée, alors nous voulons juste avancer et mettre une fin à tout ça. Cette enquête est une conclusion qui va fermer le dossier une fois pour toutes », estime M. Gilbert.

L'enquêteuse Nathalie Dubois du Service de police de Sherbrooke a témoigné en début d'audience à l'effet que le décès de Mme Langlois était une cause naturelle. Elle a transmis les déclarations du fils de Mme Langlois et d'Arnaud de Sorgher au coroner Gilles Sainton. C'est ce dernier qui avait rédigé le rapport initial.

L'enquête publique du coroner se poursuit, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

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