Incendie aux Résidences du Carrefour en 2008: morte pour rien

L'incendie aux Résidences du Carrefour du 22 décembre... (Photo fournie)

Agrandir

L'incendie aux Résidences du Carrefour du 22 décembre 2008 avait coûté la vie à Pauline Joyal.

Photo fournie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) C'est en retournant à son logement pour vraisemblablement chercher ses clés d'auto que Pauline Joyal a perdu la vie dans l'incendie survenu en décembre 2008 aux Résidences du Carrefour.

Selon le coroner Dr Jacques Ramsay, le décès de Pauline Joyal, qui était piégée au 5e étage des Résidences du Carrefour, est lié à une asphyxie par la fumée et par les gaz produits par l'incendie.

« Quatre compagnes racontent avoir aperçu madame dans le hall d'entrée au rez-de-chaussée après le déclenchement de l'alarme. Madame Joyal aurait toutefois décidé de remonter à l'étage pour chercher ses clés d'auto. Malheureusement, elle ne réussit pas à aller bien loin. Son corps est retrouvé près de l'escalier à l'extrémité de l'étage et plutôt loin de son propre appartement. Tout indique qu'elle s'est probablement trouvée désorientée par la fumée », explique le coroner Ramsay.

C'est un feu de cuisson dans le logement voisin qui est à l'origine de l'incendie mortel survenu le 22 décembre 2008.

Dans son rapport d'investigation rendu public, jeudi, huit ans après les événements, le coroner Ramsey suggère qu'un système d'arrêt de cuisinière, même s'il est onéreux, peut s'avérer être un moyen efficace pour prévenir de tels drames dans les logements de personnes qui présentent des troubles cognitifs. Ici, la résidente où l'incendie a commencé présentait certaines pertes de mémoire.

Le feu a pris naissance sur la cuisinière d'un appartement du cinquième de la rue du Manoir à Sherbrooke vers 16 h 30. Quelque 200 personnes âgées qui logeaient dans les 174 unités d'habitation avaient été forcées d'évacuer l'immeuble.

Une autre personne âgée avait été gravement blessée lors du sinistre. Il s'agit d'une femme de 83 ans qui a été transportée au centre des grands brûlés de Montréal. C'est l'intervention d'un pompier qui avait permis de lui sauver la vie.

À la suite de cet incendie, les Résidences du Carrefour ont dû se soumettre à une évaluation pour démontrer que leurs résidents étaient autonomes.

« Par conséquent, deux exercices d'évacuation ont été tenus en octobre 2009, à la suite desquels tous les résidents n'ayant pu évacuer l'édifice ont été relocalisés au rez-de-chaussée ou ont tout simplement déménagé. Des amplificateurs pour les alarmes ont été installés dans certains logements, car certains locataires avec déficience auditive n'avaient tout simplement pas entendu l'alarme pourtant stridente », mentionne le coroner.

Il rappelle que la situation n'est pas unique aux Résidences du Carrefour.

« Vieillissement de la population et nombre croissant de personnes à mobilité réduite ou encore vivant avec des handicaps physiques ou mentaux de tous genres font en sorte qu'il n'est définitivement plus possible d'assumer que tous les occupants des résidences pour personnes dites autonomes sont en mesure d'évacuer leur logement et le bâtiment tel qu'il est pourtant attendu d'eux en cas d'incendie (...) Dans ce contexte, les inspections de ces immeubles doivent se faire en prenant en considération le degré d'autonomie des locataires pour procéder à l'évacuation en cas d'incendie. La tenue d'exercices d'évacuation est un excellent moyen pour informer les locataires des procédures ainsi que pour dépister des locataires en perte d'autonomie. Il va sans dire que cela justifie la tenue régulière de tels exercices », indique le coroner Ramsey.

Il croit que la collaboration entourant la situation des personnes en perte d'autonomie obligeant leur transfert vers un autre établissement demeure essentielle.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer