Seule la maladie mentale explique les gestes de Martineau

Alexandre Martineau a été déclaré non criminellement responsable... (Archives, La Tribune)

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Alexandre Martineau a été déclaré non criminellement responsable d'avoir poignardé son grand-père et la conjointe de ce dernier sur la rue Mézy, en juin dernier. Il demeurera détenu en psychiatrie tant que la commission d'examen des troubles mentaux du Tribunal administratif du Québec n'aura pas statué sur son cas.

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(Sherbrooke) Alexandre Martineau a été déclaré non criminellement responsable d'avoir poignardé son grand-père et la conjointe de ce dernier sur la rue Mézy à Sherbrooke.

À la lumière du rapport psychiatrique déposé, jeudi au palais de justice de Sherbrooke, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec l'a déclaré non criminellement responsable pour troubles de santé mentale.

L'homme de 21 ans demeurera détenu en psychiatrie tant que la commission d'examen des troubles mentaux du tribunal administratif du Québec (TAQ) n'aura pas statué sur son cas. L'audition devant le TAQ doit avoir lieu d'ici 45 jours.

L'avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l'aide juridique a reconnu au nom de son client les accusations de tentatives de meurtre à l'endroit de son grand-père et de la conjointe de ce dernier sur la rue Mézy à Sherbrooke, le 9 juin dernier. Le grand-père de 75 ans et la grand-mère de 73 ans ont été attaqués à l'arme blanche par le jeune homme de 21 ans à leur domicile.

« Il s'est présenté chez ses grands-parents un peu à l'improviste, mais avec le droit d'y aller. Il avait une très bonne relation avec ses grands-parents. Après une discussion assez courte, mais sans animosité, sans frustration de part et d'autre, il a poignardé son grand-père et la conjointe de ce dernier qu'il considère comme sa grand-mère », explique Me Champagne.

L'avocat de la défense explique qu'au moment des faits, Alexandre Martineau n'était pas capable de distinguer « que ce qu'il faisait était réel ou était mal. »

L'homme de 21 ans pourrait souffrir de troubles de schizophrénie.

« Il n'y a eu aucun signe, aucun déclencheur, aucune animosité envers les grands-parents. C'est vraiment un acte inexplicable, en fait explicable seulement par la maladie mentale. Il n'y a rien de rationnel dans sa pensée. Son intention en rentrant là, n'était pas de les poignarder », indique Me Champagne.

L'avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l'aide juridique et Me Nathalie Robidoux du ministère public ont consenti au verdict de non-responsabilité criminelle en vertu de l'article 16 du Code criminel.

« Le rapport permet de diagnostiquer qu'il y a un trouble mental au sens du Code criminel. Le diagnostic complet n'est pas encore confirmé. Il est médicamenté. Le traitement s'améliore tous les jours et pourrait lui permettre d'atténuer les symptômes de sa maladie mentale », explique Me Champagne.

Alexandre Martineau reçoit le soutien de sa famille

Si au plan légal, le dossier d'Alexandre Martineau a connu son point culminant, jeudi, avec la déclaration de non-responsabilité criminelle pour trouble mentaux, il se poursuivra sur le plan médico-légal avec le TAQ puis au plan personnel pour les membres de sa famille.

Jeune homme brillant, étudiant à l'université et ne consommant ni stupéfiant ou alcool, les troubles de santé mentale étaient très récents dans le cas d'Alexandre Martineau.

« Dans l'analyse qui a été faite par la Dre Karine Forget dans son rapport, elle mentionne que les premiers signes de maladie mentale sont apparus dans les jours ou mêmes semaines avant le 9 juin 2016. Il y avait un changement dans l'attitude de mon client, mais rien de violent ou désorganisé. Rien de suffisant pour marquer l'attention », explique l'avocat de la défense, Me Marc-André Champagne de l'aide juridique.

Présente au tribunal depuis le début des procédures judiciaires, la famille d'Alexandre Martineau continue de l'appuyer.

« La famille tient à remercier tous les intervenants pour leur travail dans le dossier. Que ce soit, les policiers, le personnel hospitalier, les gens du CAVAC qui ont supporté la famille ainsi que les médias pour la façon dont le message a été rapporté. Ils apprécient la bonne foi et l'aide qu'ils ont reçue de tous les intervenants » porte Me Champagne au nom des parents d'Alexandre Martineau.

Il rappelle que tout ce processus judiciaire n'a pas été facile à traverser.

« Pour la suite des choses, des rapports psychiatriques et de travail social seront préparés d'ici 45 jours. Ils les présenteront aux commissaires du TAQ. Par la suite, ils auront trois choix, la détention à l'hôpital, une libération avec des conditions dans une maison de transition ou chez les parents ou une libération complète sans condition. Pour les deux premières options, Alexandre Martineau devra se présenter chaque année devant le TAQ qui déterminera s'il représente un danger et si ce danger est assurable par la société s'il est remis en liberté », explique Me Champagne.

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