«J'ai de la peine en regardant les photos de famille...»

Francis Fillion et Claudia Morin, les parents des... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Francis Fillion et Claudia Morin, les parents des deux jeunes victimes, ont entendu le témoignage de Pascal Morin devant la commission d'examen des troubles mentaux du Tribunal administratif du Québec.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Pascal Morin estime qu'il aura à vivre avec un deuil toute sa vie.

«Je devrai faire le deuil des enfants de Francis et Claudia, celui de ma mère, le deuil de toute ma vie, de ma liberté. Je travaille surtout le deuil de ma famille. Ce ne sera jamais fini», estime celui qui a tué sa mère et ses deux nièces en février 2012 à Saint-Romain.

Il affirme penser constamment à ce qu'il a fait.

«Ça me fait mal. J'ai de la peine en regardant les photos de famille», a mentionné Pascal Morin devant la commission d'examen des troubles mentaux du tribunal administratif du Québec (TAQ).

Pascal Morin a entrepris une thérapie en deuil en compagnie de sa psychiatre Dre Martine Bérubé du CHUS au cours de la dernière année.

«Il a fait ses lectures sur le sujet du deuil. On voit un engagement naturel. Il est capable de parler de ce qu'il a fait. Il l'assume. Il nomme des émotions et ce que ses gestes ont pu faire à sa famille. En musicothérapie, il fait des choix qui expriment sa tristesse, ses remords, sa culpabilité», explique la psychiatre.

«Il se reconnait responsable de cette situation-là. Il est capable de parler des événements. Cette thérapie a des effets. Il a plusieurs deuils à faire, celui de sa famille, de sa mère, de ses nièces, de sa liberté, d'une vie sans maladie. Il commence son cheminement. Nous sommes au début d'un processus de réadaptation et il fait des efforts», constate l'avocat de la défense Me Benoit Gagnon de l'aide juridique.

Le père des deux jeunes victimes met un bémol à cette thérapie de Pascal Morin.

«Le seul hic que je garde demeure qu'il ne pourra jamais comprendre les conséquences sur notre famille. Il ne l'a pas vécu», estime Francis Fillion.

Plus terre à terre devant la commission, mercredi, Pascal Morin affirme qu'il est confronté à une série de défis.

«Je veux changer pour le mieux. Je n'ai plus le goût de la drogue et de la boisson», assure Pascal Morin.

Pour lui, l'arrêt de la consommation de drogue est une avancée significative et positive.

«Je suis parti d'une grande consommation, à une fois par année, puis à plus rien. C'est le jour et la nuit dans ma vie. Je ne veux plus entendre parler de la drogue dans ma vie. Ça fait du bien de dire non (...) La consommation était la pire chose que je pouvais vivre et j'ai mis ça de côté», a affirmé Morin aux membres de la commission d'examen des troubles mentaux.

Il est déterminé à ne plus retomber dans la consommation de stupéfiants.

«Ça briserait tout ce que j'ai fait comme progrès», estime Pascal Morin.

Il signale qu'il veut changer pour lui et pour sa famille parce que «je leur dois ça».

«Je veux aller chercher de l'autonomie. Je vais réussir à accomplir les tâches que j'ai à faire sans que personne ne m'en parle. J'ai fait mes preuves et je vais continuer à rester debout», s'engage Pascal Morin.

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