Pascal Morin passera plus de temps en réadaptation

Pascal Morin, jugé non criminellement responsable du meurtre... (Spectre Média, Jessica Garneau)

Agrandir

Pascal Morin, jugé non criminellement responsable du meurtre de sa mère et de ses deux nièces à Saint-Romain en février 2012, passera plus de temps en unité sécuritaire à la Maison Saint-Georges du Centre de réadaptation en dépendance de l'Estrie, à raison de deux jours jusqu'à une période de cinq jours par semaine au cours de la prochaine année.

Spectre Média, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) C'est un Pascal Morin maintenant sobre qui voit ses conditions de réadaptation élargies au cours de la prochaine année.

Dans une folie meurtrière en février 2012, l'homme a tué sa mère Ginette Roy-Morin et ses deux nièces Laurence et Juliette Fillion à Saint-Romain. Il a été reconnu non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux en vertu de l'article 16 du Code criminel.

La révision annuelle de son cas se déroulait mercredi à Sherbrooke devant la commission d'examen des troubles mentaux du Tribunal administratif du Québec (TAQ).

Les commissaires ont déterminé que Morin passera plus de temps en unité sécuritaire à la Maison Saint-Georges du Centre de réadaptation en dépendance de l'Estrie (CRDE) dans le cadre d'une intégration progressive à raison de deux jours jusqu'à une période de cinq jours par semaine au cours de la prochaine année.

L'an dernier, Pascal Morin avait obtenu la permission de se rendre à la Maison Saint-Georges une fois par semaine à traiter notamment son problème de toxicomanie. Cette année, son temps hors de l'unité psychiatrique du CHUS passera graduellement à tous les trois mois de deux, à trois, à quatre puis à cinq jours par semaine à la Maison Saint-Georges.

«Nous sommes satisfaits des progrès réalisés au cours de la dernière année. Il faut conserver un encadrement serré, mais nous pouvons adopter le plan proposé par votre médecin soit un élargissement graduel en fonction de votre comportement et de votre état mental», a expliqué Me Claude Turpin qui présidait l'audience du TAQ, mercredi.

Pascal Morin est sobre depuis plus d'une année. Depuis sa dernière consommation de cocaïne en juillet 2015, il n'a pas touché à la drogue et affiche même des valeurs anti-consommation aux autres patients. Les dépistages de drogue aléatoires sont maintenus.

«Sa dangerosité a beaucoup diminué au cours de la dernière année (...) Il n'y a plus de signe de communication avec Dieu. Des idées grandioses persistent cependant, mais elles ne sont pas psychotiques. Il surestime encore ses capacités qu'il faut ramener», explique Dre Martine Bérubé qui signale qu'il reste du travail à faire, mais que Pascal Morin avance.

«C'est un individu qui demeure dangereux, à risque pour la société. Cependant, avec l'encadrement proposé, je pense que l'on peut essayer ce plan. La problématique a toujours été la consommation de stupéfiants, mais le personnel le connaît bien et poursuit les tests de dépistage. S'il consomme, le personnel va s'en rendre compte. C'est le mélange explosif de la drogue et de sa maladie mentale qui ont amené les gestes en 2012», rappelle le procureur aux poursuites criminelles, Me André Campagna.

Interdit de contact avec la famille

Les parents de Juliette et Laurence, Francis Fillion et Claudia Morin, tenaient à ce qu'un interdit de contact soit maintenu avec les membres de la famille.

«Je ne suis pas inquiet tant qu'il garde un encadrement serré, qu'il soit surveillé. Ce qui me fait peur demeure le jour où il va être rendu en complète liberté. C'est ce jour-là qui m'inquiète», mentionne Francis Fillion.

«C'est légitime pour notre famille d'avoir encore peur qui va toujours rester. L'encadrement serré continue de nous rassurer», ajoute Claudia Morin.

L'avocat de la défense Me Benoit Gagnon de l'aide juridique mentionne que la médication de Pascal Morin donne son effet.

«La maladie est encapsulée. Il a aussi arrêté la consommation de drogue, ce qui réduit grandement sa dangerosité. Monsieur a commencé une réadaptation dans un centre spécialisé à son état et qui semble avoir donné des effets positifs. Une amélioration des fonctions cognitives a été constatée», explique Me Gagnon.

«Je suis rassurée que la médication soit ajustée et qu'il n'ait plus d'idée de délire et d'idée religieuse. C'est rassurant qu'il ne consomme plus de drogue», ajoute Claudia Morin.

Le TAQ a aussi accepté que Pascal Morin puisse se rendre à l'organisme Sercovie pour commencer certaines activités de bénévolat une fois par semaine si son comportement le permet.

Sa permission de sortie trois fois par jour à raison de quinze minutes sans surveillance est maintenue.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer