Robert Pelletier écope 90 jours

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Invité à s'adresser au tribunal avant que la peine soit imposée, Robert Pelletier a affirmé qu'il était bien conscient que cette condamnation criminelle correspondait à la fin de sa carrière de psychologue. « J'ai le deuil à faire de mon expertise professionnelle qui ne sera plus utilisable. J'ai hâte de ressortir de prison pour pouvoir commencer à bâtir », a-t-il mentionné au tribunal.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Aussitôt reconnu coupable de leurre informatique d'enfant à l'endroit d'un adolescent de 14 ans, l'ex-psychologue scolaire de la Commisison scolaire de la Région-de-Sherbrooke Robert Pelletier a pris le chemin de la prison.

À la suite d'une suggestion commune des avocats au dossier, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec a condamné, lundi au palais de justice de Sherbrooke, l'individu de 51 ans à une peine de 90 jours de détention ferme assortie qu'une probation de deux ans.

Invité à s'adresser au tribunal avant que la peine soit imposée, Robert Pelletier a affirmé qu'il était bien conscient que cette condamnation criminelle correspondait à la fin de sa carrière de psychologue.

« J'ai le deuil à faire de mon expertise professionnelle qui ne sera plus utilisable. J'ai hâte de ressortir de prison pour pouvoir commencer à bâtir », a mentionné au tribunal Robert Pelletier.

Ce dernier a répété ses remords au tribunal. Il a aussi rappelé qu'il vivait déjà depuis le dépôt des accusations, en septembre 2015, les contrecoups de cette aventure criminelle.

« Je suis prêt à entrer en détention. Je suis prêt à mettre tout ça derrière moi et à regarder devant », a exprimé Pelletier au tribunal.

Il s'est dit choyé d'avoir pu compter sur le support de ses proches qui étaient encore une fois nombreux à assister aux procédures judiciaires. Les émotions étaient d'ailleurs palpables lorsque Pelletier a pris le chemin du box des détenus.

Peine minimale

La juge Desgens a entériné la suggestion commune de peine minimale en matière de leurre informatique d'enfant faite par l'avocat de la défense Me Jean-Guillaume Blanchette et la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre.

« Même si c'est un crime d'intention, ça demeure un crime. Vous n'avez pas agi à la suite de cette intention. Je ne peux vous sentencier pour un crime que vous n'avez pas commis. La peine doit être proportionnelle au crime (...) J'ai compris que vous avez été tourmenté par l'ampleur de ce que vous avez fait », a souligné la juge Desgens.

La juge a individualisé la peine à la situation de Robert Pelletier. Il devra s'inscrire au registre des délinquants sexuels pour dix ans, mais elle n'a pas émis d'ordonnance relative à une interdiction d'utiliser Internet. Dans son jugement, la juge Desgens a noté les remords de Pelletier.

« Son témoignage permet de comprendre qu'il regrette amèrement ce qu'il a fait et qu'il sait que ces conversations étaient plus qu'inappropriées, qu'elles étaient illégales. Il a d'ailleurs beaucoup de difficulté à vivre avec ce qu'il a fait. Alors qu'il tentait de comprendre comment il avait pu en arriver là, sa récente thérapie semble l'avoir aidé, a posteriori, à donner un sens à ses gestes », explique la juge Desgens dans sa décision de culpabilité.

La CSRS analyse le jugement

Lors de sa probation de deux ans, Robert Pelletier ne pourra entrer en contact avec la victime ou sa famille.

En après-midi lundi, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a fait savoir qu'elle analyse le jugement et qu'elle évalue la situation.

« Nous sommes en train d'évaluer et de valider quelles seront nos actions face au lien d'emploi. Nous attendons des avis légaux à ce sujet », a indiqué par voie de communiqué le directeur général de la CSRS, André Lamarche.

Robert Pelletier avait été relevé de ses fonctions sans solde depuis novembre 2015, au moment de son arrestation.

Dans le cas de Simon Fortier, cet ex-enseignant reconnu coupable de plusieurs chefs d'accusation relatifs à de la pornographie juvénile, la CSRS avait enclenché le processus pour le congédier, mais l'accusé avait démissionné avant la fin du processus. Avec Isabelle Pion

L'accusé s'est menti dans ses intentions à l'endroit de la victime

« Au sujet de ses intentions, certaines de ses explications n'apparaissent pas du tout crédibles, encore moins fiables. Il est vrai que ses motivations ne sont jamais matérialisées ni concrétisées par une quelconque rencontre physique, mais son intention se déduit incontestablement du contexte et des discussions elles-mêmes »

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec n'a pas retenu la défense de l'accusé sur le fait qu'il n'avait aucune intention malveillante en tenant des conversations sexuellement explicites avec un adolescent de 14 ans du 6 au 20 juillet 2015.

Elle a reconnu Pelletier coupable de leurre informatique d'enfant entre les 6 et 20 juillet 2015 à Sherbrooke en communiquant par ordinateur avec un adolescent de moins de 14 ans.

Le psychologue scolaire n'avait pas nié les conversations explicites.

Lors d'une conversation à caractère sexuel explicite sur Facebook, le psychologue scolaire a demandé à l'adolescent ce qu'il aimait le plus à ce chapitre en lui avouant de son côté ses préférences. C'est en se rendant récupérer son téléphone intelligent dans la chambre de son fils qui dormait que la mère de la victime alléguée a découvert les conversations qui servent de preuve au leurre informatique.

La juge note que seule l'interprétation de son intention différait de la preuve présentée.

« Il ne cache pas à l'adolescent qu'il provoque une excitation sexuelle, il perçoit le jeune comme un objet de désir et lui dit (...) Monsieur Pelletier n'a peut-être pas cherché à induire le tribunal en erreur, mais il se ment à lui-même en attribuant un sens tordu à l'échange pourtant limpide qui a eu lieu entre lui et cet adolescent, notamment sur le sujet de la douche », explique la juge Desgens.

Elle retient que le geste « préparait le terrain à la perpétration d'une infraction criminelle. »

« L'ensemble du clavardage recherchait l'excitation d'une nouvelle rencontre », analyse la juge Desgens.

Elle mentionne dans la décision qu'il est difficile d'interpréter les intentions « pures et innocentes » de l'accusé relativement aux conversations avec un adolescent qu'il savait être âgé de 14 ans.

Elle rappelle que toutes les conversations sexuelles étaient initiées par Pelletier.

« Son désir était manifeste que les conversations aillent plus loin (...) Il savait manifestement au moment des échanges qu'il dépassait les limites légales », note la juge.

Elle élabore sur la formation de psychologue scolaire de Pelletier.

« Avec sa formation, son expertise en milieu scolaire, son vécu de parent, l'accusé ne peut sérieusement prétendre que les messages qu'il a communiqués à ce jeune sont anodins et faits sur le ton du badinage. Le contenu de ces échanges ne peut être plus éloigné de la nature attendue des conseils d'un mentor auprès d'un jeune adolescent », mentionne la juge.

Elle estime que rien dans la preuve ne démontre de caractère de profil d'un pédophile « mais que cela ne change rien au fait qu'il tentait de séduire cet adolescent dans l'espoir d'une rencontre de nature sexuelle, même si l'infraction plus grave de contacts sexuels ou d'incitation à des contacts sexuels n'a jamais été commise. C'est exactement le type de situation que le législateur veut prévenir (...) qui vise la protection de l'environnement virtuel des enfants et des adolescents à un stade vulnérable de leur développement personnel », conclut la juge Desgens.

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