Sitôt débarqué de France, sitôt arrêté

Originaire de Chaillon dans la région de l'Alsace-Lorraine,... (Spectre Média, Jessica Garneau)

Agrandir

Originaire de Chaillon dans la région de l'Alsace-Lorraine, Claude-Auguste Piant a été accusé d'agression sexuelle, de contacts sexuels et d'incitation à des contacts sexuels contre une mineure au cours de la journée du 10 septembre, le jour de son arrivée de France.

Spectre Média, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Un homme de 61 ans, qui a tout quitté en France pour venir rejoindre une adolescente de 15 ans de Sherbrooke, doit répondre de dix accusations à caractère sexuel devant la justice.

Claude-Auguste Piant, originaire de Chaillon dans la région de l'Alsace-Lorraine, est arrivé menottes aux poings au palais de justice de Sherbrooke.

Le Service de police de Sherbrooke a mis la main au collet de l'individu, dimanche, au lendemain de son arrivée au Canada.

Il aurait tout de même eu le temps de rencontrer la victime alléguée.

Des accusations d'agression sexuelle, de contacts sexuels et d'incitation à des contacts sexuels contre une mineure ont été portées pour la journée du 10 septembre 2016.

Piant doit aussi répondre d'accusations de leurre informatique d'enfants, incitation à des contacts sexuels, d'avoir rendu accessible du matériel sexuellement explicite dans le but de de commettre des gestes à caractère sexuel ainsi que production et possession de pornographie juvénile entre mai 2015 et septembre 2016.

Il a comparu devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec. Les avocats au dossier Me Jean-Guillaume Blanchette en défense et Me Joanny Saint-Pierre pour le ministère public ont fixé l'enquête sur remise en liberté à jeudi.

« Mon client réalise difficilement ce qui se passe. Il était lucide et comprenait les procédures judiciaires. Pour ce que je possède comme informations, il n'a pas d'antécédent judiciaire », explique Me Blanchette.

Rencontre sur un site de jeux vidéo en ligne

Piant aurait rencontré la jeune victime alléguée sur un site de jeux vidéo en ligne en 2015.

« Au fil des mois, il y aurait eu une centaine d'échanges d'images à caractère sexuel et de discussions. Le suspect a été retrouvé par les parents de la victime sur le terrain de leur résidence », explique le porte-parole du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier.

Sur son profil Facebook le 6 septembre, Claude-Auguste Piant avait annoncé son départ vers le Canada.

« Bon cela n'a rien à voir et je ne vais certainement pas faire plaisir à tout le monde, mais ma décision est prise samedi je quitte la France pour vivre un certain temps au Québec, mais sachez que je ne vous oublie pas même si je ne suis pas génial dans mes sentiments........ », annonçait Piant sur son profil Facebook.

Piant avait loué un logement dans le quartier ouest de Sherbrooke avant son arrivée en sol canadien.

« L'enquête commence dans cette affaire. Nous voulons savoir pourquoi un individu a tout quitté en France pour venir rejoindre une adolescente. Il y a eu plusieurs échanges qui doivent être analysés », explique Martin Carrier du SPS.

La division de la cybercriminalité de la Sûreté du Québec ainsi que les autorités françaises participent à cette enquête internationale.

« C'est certain que certaines vérifications doivent être faites en France. D'où cet homme est originaire ? A-t-il des antécédents ? », soulève l'agent Carrier.

Toujours selon le profil Facebook de l'accusé, ce dernier venait de se séparer en mai 2016.

« Bonjour à tous, il y a un moment ou nous devons assumer son destin, alors pour tous ceux qui le désireront voilà ma nouvelle résidence, non pas la maison juste la chambre en haut à gauche. Oui je me suis séparé de Monique, oui je vis seul et à Saint-Mihiel pour un temps indéterminé », avait annoncé Piant sur le réseau social.

D'autres accusations pourraient être portées contre l'individu après l'analyse complète du dossier.

Les parents appelés à la plus grande vigilance

Sans parler de cas précis, le Service de police de Sherbrooke invite les parents à la plus grande vigilance en matière informatique.

Le sexagénaire français Claude-Auguste Piant accusé, lundi, à Sherbrooke de dix accusations de nature sexuelle sur une mineure invite à un rappel concernant les consignes de base en matière de cybercriminalité.

« Il faut s'intéresser aux sites Internet fréquentés par nos enfants », conseille le porte-parole du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier.

Ce dernier rappelle que les sites Internet peuvent mettre en contact les adolescents avec des interlocuteurs des quatre coins du globe.

« Il faut garder l'oeil ouvert et si possible avoir un accès facile aux réseaux sociaux et profils de nos enfants. Il est même conseillé de demander les mots de passe », signale le porte-parole du SPS.

Outre les accusations concernant Claude-Auguste Piant, il faut aussi rappeler le cas de Simon Fortier, cet ex-enseignant en éducation physique au primaire coupable de multiples chefs d'accusation de leurre informatique et de pornographie juvénile ou celui de Robert Pelletier qui vient d'être condamné à 90 jours pour leurre informatique.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a mis en relief les dangers associés au « cyberespace » dans sa décision dans le dossier de Robert Pelletier.

« À une époque où les moeurs évoluent et où la technologie facilite les relations virtuelles, plusieurs valeurs seront redéfinies. Le droit se doit cependant d'être appliqué dans le contexte de ces nouvelles réalités, en évitant le piège des préjugés et des idées préconçues », explique la juge Desgens.

Elle rappelle que le leurre informatique consiste à la « préparation du terrain » à la commission d'une autre infraction de nature sexuelle. « Ce qui est interdit par l'infraction de leurre est le geste de communiquer par quelconques moyens de télécommunication avec un mineur, de l'hameçonner en vue de faciliter la commission éventuelle de gestes à caractère sexuel, notamment des contacts, des attouchements sexuels ou des échanges de pornographie juvénile », mentionne la juge Claire Desgens de la Cour du Québec.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer