107 000 $ pour une victime d'amiantose

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« Peu importe le plancher où il (Maurice Lefrançois) était affecté, la preuve permet de conclure à une exposition à l'amiante puisque des mesures ont révélé la présence de fibre d'amiante aux planchers 1 à 3 de ce bâtiment selon ce qui ressort de rapports de 1975, 1980 et 1985 », explique la juge administrative Annie Beaudin. -

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) La succession d'un ancien travailleur de l'entreprise American Biltrite de Sherbrooke décédé à la suite de l'amiantose et d'un cancer pulmonaire sera indemnisée.

Une décision de la division de la santé et de la sécurité du travail du Tribunal administratif du Travail déclare que la succession de Maurice Lefrançois a droit à une indemnité forfaitaire de 101 961 $, en plus de 2039 $ pour les dépenses imprévues ainsi qu'un remboursement de 3219 $ en frais funéraires. Ce dernier est décédé en 2014 quelques semaines après son diagnostic.

« Dans le présent dossier, la preuve permet de conclure que le travailleur a été exposé à la fibre d'amiante au moins lorsqu'il était affecté au bâtiment no 6. Le travailleur a été inspecteur pendant cinq mois en 1968 et huileur (V.A.) à compter du 27 août 1979 pour une certaine période, au moins pendant six mois. Peu importe le plancher où il était affecté, la preuve permet de conclure à une exposition à l'amiante puisque des mesures ont révélé la présence de fibre d'amiante aux planchers 1 à 3 de ce bâtiment selon ce qui ressort de rapports de 1975, 1980 et 1985 », explique la juge administrative Annie Beaudin.

Elle conclut que la preuve démontre « que le travailleur souffrait d'un cancer pulmonaire et qu'il a exercé un travail qui implique une exposition à la fibre d'amiante. »

« En résumé, le Tribunal estime que la succession du travailleur peut bénéficier de la présomption de maladie professionnelle prévue à l'article 29 de la loi puisqu'il a été démontré de façon prépondérante qu'il était atteint d'un cancer pulmonaire ainsi que d'une amiantose et qu'il a exercé un travail impliquant une exposition à la fibre d'amiante. Le Tribunal est également d'avis que la preuve soumise par l'employeur ne permet pas le renversement de ladite présomption », indique la juge administrative Beaudin.

C'est la fille de Maurice Lefrançois, Maryse, qui a entamé des démarches pour que son père reçoive les indemnisations auxquelles il avait droit.

« J'avais commencé à lui en parler avant son décès. C'est lui qui a autorisé l'accès à son dossier médical. Nous avons pu parler de ses tâches et des conditions dans lesquelles il les exerçait », mentionne Maryse Lefrançois.

Elle se souvient que son père refusait de prendre ses enfants dans ses bras lorsqu'il revenait du travail.

« Il revenait très fatigué de ses journées de travail et ses vêtements sentaient les produits chimiques. J'ai longtemps eu peur de perdre mon père prématurément en raison des conditions difficiles dans lesquelles il exerçait son travail » se rappelle Mme Lefrançois.

Cette dernière a rapidement obtenu une réponse d'indemnisation de la CSST après avoir rempli les formulaires. La contestation de l'entreprise devant le Tribunal administratif du Travail a allongé les délais.

« Je voulais vraiment obtenir justice pour mon père. Mon oncle est décédé d'un cancer des poumons sans rien recevoir en compensation. Mon père a travaillé fort dans des conditions difficiles. Cette indemnisation va offrir une sécurité financière à ma mère », estime Maryse Lefrançois.

C'est Me Mario Goulet qui représentait la famille Lefrançois, alors que American Biltrite était représenté par Me Jean-François Pagé.

L'amiantose est une maladie à déclaration obligatoire d'origine chimique.

Selon la direction de la santé publique en Estrie, « parmi les 88 maladies déclarées en Estrie, et dont le début se situe entre 2009 et 2013, toutes résultent d'un mode d'exposition professionnelle. L'amiante est responsable de 46 des maladies d'origine professionnelle, soit environ 53 pour cent.

De ce nombre de maladies d'origine professionnelle, 33 représentent des cas d'amiantose.

En 2012 et 2013, quatre décès par maladie professionnelle sont à l'amiante.

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