Les cas d'aînés victimes de maltraitance ont explosé

Les interventions de l'organisme DIRA-Estrie auprès d'aînés victimes de... (Archives La Presse)

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(SHERBROOKE) Les interventions de l'organisme DIRA-Estrie auprès d'aînés victimes de maltraitance ont littéralement explosé au cours de la dernière année.

La coordonnatrice du centre d'aide aux aînés victimes de maltraitance, Lucie-Caroline Bergeron, soutient que les cas de maltraitance financière d'enfants ou de petits-enfants qui soutirent de l'argent à un aîné ne sont pas exceptionnels.

Les cas semblables à celui de Youri Blais-Skorvaga qui est accusé d'avoir soutiré plus de 70000$ à sa grand-mère en deux ans par la violence psychologique et physique à Sherbrooke se répèteraient à plusieurs endroits.

«Certains aînés vont jusqu'à faire des faillites personnelles dans certains cas de maltraitance. Nous recevons des appels toutes les semaines pour des interventions. Nous avons répondu à plus d'une centaine de demandes lors de la dernière année complète. Nous avions un bureau à Asbestos qui a été fermé faute de financement. Je suis maintenant seule pour desservir l'Estrie, mais nous tentons de répondre à toutes les demandes», soutient Lucie-Caroline Bergeron.

Elle explique que l'intervention auprès des aînés victimes de leurs proches peut être un travail à moyen et même à long terme.

«Il faut prendre le temps de bien évaluer la situation et de référer au besoin. Une personne aînée qui est souvent victime depuis plusieurs années ne passe pas à l'action immédiatement. Il faut changer des habitudes et apprendre à dire non. Prendre la situation en main ne veut pas dire nécessairement de porter plainte et judiciariser la situation. Il faut respecter ses limites et bien souvent travailler sur les comportements à risque», rappelle Lucie-Caroline Bergeron.

Sentiment de honte

Les problèmes financiers, de santé mentale, de jeux compulsifs, d'alcoolisme ou de toxicomanie peuvent souvent expliquer la maltraitance de proches envers un aîné.

«Il faut travailler à faire accepter aux aînés victimes qu'ils ne sont pas responsables des difficultés de leur enfant. Ils sont souvent pris dans une même dynamique depuis plusieurs années», estime Lucie-Caroline Bergeron.

DIRA-Estrie dont l'acronyme signifie dénoncer, informer, référer, accompagner fait aussi des conférences dans les centres d'hébergement ou les organismes.

«Nous répondons aux questions des aînés lors de conférences ou de jeux interactifs. Il y a différentes façons d'aborder le sujet. Nous sommes aussi impliqués dans la campagne du ruban mauve lors de la Journée mondiale dénonçant la violence envers les aînés», mentionne Mme Bergeron.

Selon elle, la médiatisation des cas de maltraitance envers les aînés aurait des conséquences plutôt négatives.

«Les aînés développent un sentiment de honte à dénoncer et se sentent isolés. Ils n'ont pas nécessairement le réseau pour être appuyés», estime Lucie-Caroline Bergeron de DIRA-Estrie.

Le dossier de Youri Blais-Skorvaga reviendra devant le tribunal, mercredi, pour fixer son enquête sur remise en liberté au palais de justice de Sherbrooke.

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