Le père incesteux veut porter sa cause en appel

Les avocates de la défense Me Stéphanie Côté... (La Tribune, René-Charles Quirion)

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Les avocates de la défense Me Stéphanie Côté et Me Audrey Parizeau portent en appel la peine du père incestueux de Sherbrooke.

La Tribune, René-Charles Quirion

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(Sherbrooke) Condamné à 12 ans de prison pour les gestes à caractère sexuel sur deux de ses filles, le père incestueux de Sherbrooke saura à la fin de l'été s'il peut porter sa cause en appel.

Son avocate en appel Me Audrey Parizeau présentera le 14 septembre prochain à la Cour d'appel de Montréal, la permission d'en appeler de la sentence rendue le 31 mai dernier par le juge Yves Tardif de la Cour supérieure.

L'individu de 35 ans a été reconnu

coupable en avril dernier de six chefs d'accusation en matière sexuelle sur deux de ses filles.

Un jury l'a trouvé coupable de gestes d'inceste, d'agression sexuelle, d'attouchements sexuels et d'incitation à des contacts sexuels entre 2005 et 2008 sur sa fille aînée et d'attouchements sexuels et d'incitations à des contacts sexuels entre 2013 et 2014 sur son autre fille.

Dans la requête déposée aux greffes de la Cour d'appel à Montréal, Me Parizeau estime que la peine rendue est excessive étant donné l'absence d'antécédent judiciaire de l'accusé.

L'avocate de la défense estime aussi que la peine est « excessive et déraisonnable », car elle n'est pas en concordance avec les sentences rendues pour semblables délits et qu'aucune circonstance particulière ne justifiait de dépasser de façon importante les sentences rendues pour semblables délits.

La défense estime que la peine cumulative aurait dû être réduite davantage. Me Parizeau évoque que la juge Tardif a erré en droit en ne permettant pas à la défense de contre-interroger l'une des victimes lors de sa déclaration devant le tribunal.

« Le juge a retenu que l'aîné avait été victime d'une douzaine d'événements, mais qu'il y en avait bien d'autres, alors que la preuve de seulement douze événements a été faite. Le juge a retenu que la cadette avait été victime plusieurs fois d'événements à caractère sexuel avec l'appelant accusé alors que la preuve révèle un seul événement décrit par la victime », allègue l'accusé dans sa requête en permission d'en appeler.

En imposant la peine le juge Tardif avait qualifié le crime de « révoltant, révulsif et abominable ».

Le juge Tardif a calculé la détention provisoire en temps et demi ainsi que le facteur de culpabilité globale de l'accusé, ce qui fait en sorte que l'accusé devait passer encore 99 mois derrière les barreaux, soit huit ans et trois mois.

Le juge n'avait retenu aucun facteur atténuant.

Dès l'imposition de la peine, l'avocate de la défense Me Stéphanie Côté avait manifesté son intention d'en appeler.

C'est Me Andy Drouin et Me Laïla Belgharras qui représentent le ministère public dans cette affaire.

William Déry reste détenu

Se décrivant comme un manipulateur et mentionnant aux policiers que la pédophilie demeure légale dans certains pays, William Déry de Sherbrooke n'a pas obtenu la confiance du tribunal pour le remettre en liberté durant les procédures pour leurre informatique d'enfant, possession de pornographie juvénile et incitation à des contacts sexuels, dont il est accusé.

Petit, trapus, les cheveux frisés et la barbe longue, l'accusé a accueilli la décision sans broncher. L'individu est détenu depuis son arrestation par le Service de police de Sherbrooke le 16 juin dernier.

L'individu de 18 ans aurait approché trois jeunes filles de 11 à 13 ans par un site de clavardage sur Internet.

Si les conversations initiales étaient anodines, elles ont pris une tournure sexuelle au fil du temps.

Déry aurait envoyé des photos à connotation sexuelle et aurait demandé aux jeunes victimes alléguées de lui en envoyer.

L'accusé qui demandait d'être remis en liberté à la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec n'a pas aidé sa cause lors de son interrogatoire par le Service de police de Sherbrooke.

Il a mentionné que son médecin considérait qu'il était un manipulateur et qu'il faisait croire ce qu'il voulait aux gens. Il a aussi ajouté qu'il estimait qu'il n'y avait pas de problème pour un homme d'avoir des relations sexuelles avec un enfant de 8 ans s'il était consentant. Il a aussi ajouté avoir fait des recherches selon lesquelles la pédophilie était légale dans certains pays.

La juge Fabi a noté son arrogance et sa condescendance.

« Son comportement est des plus inquiétants, son attitude est questionnable et la preuve est accablante dans les dossiers (...) Il représente un grand risque pour la société et son discours est inquiétant relativement à la probabilité marquée qu'il commette de nouvelles infractions criminelles », estime la juge Fabi.

Elle estime que sa détention est nécessaire pour la protection du public et pour ne pas miner la confiance du public envers l'administration de la justice.

Les chefs d'accusation de nature sexuelle pour lesquels il est accusé sont passibles de peines de détention minimales d'un an.

C'est Me Kim Dingman qui défend Déry dans cette affaire, alors que Me Marie-Ève Lanthier représente le ministère public.

Le dossier reviendra devant le tribunal le 11 juillet prochain.

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