La crédibilité de Robert Pelletier au coeur des plaidoiries

Robert Pelletier subi son procès pour le leurre... (La Tribune, René-Charles Quirion)

Agrandir

Robert Pelletier subi son procès pour le leurre informatique d'un adolescent de 14 ans en juillet 2015 au palais de justice de Sherbrooke.

La Tribune, René-Charles Quirion

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Le psychologue scolaire de Sherbrooke Robert Pelletier avait-il l'intention spécifique de commettre l'infraction de leurre informatique?

Telle est la question que devra trancher la juge Claire Desgens de la Cour du Québec à la suite du procès du psychologue de 50 ans suspendu de ses fonctions à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) depuis son arrestation.

Robert Pelletier subi son procès pour le leurre informatique d'un adolescent de 14 ans en juillet 2015 au palais de justice de Sherbrooke.

Des conversations sexuelles explicites sur Facebook découvertes par la mère de l'adolescent et Pelletier l'ont incité à dénoncer le psychologue.

La procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre a plaidé que ce qui ressort de la preuve et du témoignage de l'accusé demeure qu'il a dépassé les limites.

« Il sait qu'il a dépassé les limites, qu'il a commis un délit, qu'il a perdu le contrôle. Dans son témoignage, il a essayé de se justifier. Il avait l'intention de communiquer avec un enfant qu'il savait avoir moins de 16 ans dans l'intention de perpétrer une infraction à caractère sexuel », soutient Me Saint-Pierre.

Elle estime que l'intention spécifique de l'accusé peut être démontrée par son comportement lors des conversations déposées en preuve qui contiennent certains passages sexuellement explicites.

Elle rappelle que l'accusé a utilisé un profil Facebook sous un faux nom pour communiquer avec l'adolescent.

« L'adolescent dit qu'il s'est senti agressé et dépassé par des conversations qui le rendaient mal à l'aise parce qu'il n'était pas rendu à ce stade-là dans sa vie. C'est clairement ce que la loi cherche à empêcher. Il n'était pas capable de dire à l'accusé qu'il voulait mettre fin aux conversations et la façon de le dire. L'accusé a oublié qu'il communiquait avec un jeune de 14 ans », mentionne Me Saint-Pierre.

Si Robert Pelletier justifie les conversations par le fait qu'il voulait développer une relation de confiance avec l'adolescent pour l'aider, Me Saint-Pierre rappelle que jamais cette aide n'a été demandée ou une quelconque détresse démontrée.

En défense, Me Jean-Guillaume Blanchette a demandé d'acquitter son client.

« La Couronne doit prouver hors de tout doute raisonnable l'intention spécifique de commettre une infraction à caractère sexuel. La loi ne vise pas des conversations sexuelles, il doit y avoir une intention. Avec le témoignage que Robert Pelletier vous a livré et les explications fournies, un doute raisonnable devrait subsister », estime l'avocat de la défense.

Il a invité la juge Desgens à analyser la preuve dans son ensemble. Il résume l'essence du témoignage de Robert Pelletier par le fait qu'il est correct d'être homosexuel et l'a invité à trouver l'amour. Il soutient que son client ne doit pas être considéré comme un prédateur dans cette affaire.

« Robert Pelletier n'a jamais eu d'intention malveillante ou malhonnête. Il n'était pas là pour hameçonner le jeune. Tout est une question de crédibilité, mais mon client a livré un témoignage sincère, sobre, en regardant le tribunal et en répondant à toutes les questions. Il a dû admettre son manque d'estime de soi, mais il a donné le plus de renseignements pour essayer de comprendre cette affaire », plaide Me Blanchette.

La juge Desgens a pris la cause en délibéré. Elle rendra son verdict le 12 septembre prochain.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer