« J'aime les hommes, pas les enfants », dit Pelletier

Accusé de leurre informatique à l'endroit d'un adolescent... (La Tribune, René-Charles Quirion)

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Accusé de leurre informatique à l'endroit d'un adolescent de 14 ans, le psychologue scolaire Robert Pelletier a témoigné ne jamais avoir eu une intention malveillante. Il a admis être allé trop loin en voulant devenir une personne signifiante à qui la jeune victime pourrait se confier et demander conseil dans l'affirmation de son homosexualité.

La Tribune, René-Charles Quirion

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(Sherbrooke) « À un certain moment, j'ai oublié que je parlais avec un adolescent. C'est inapproprié d'avoir tenu ce genre de conversation. Mais j'avais un besoin maladif de faire reconnaître qu'être gai c'est correct. Je n'ai jamais eu d'intention malveillante avec lui ou en pensant à lui (...) J'aime les hommes, pas les enfants. »

Le psychologue scolaire Robert Pelletier subit son procès pour le leurre informatique d'un adolescent de 14 ans en juillet 2015 au palais de justice de Sherbrooke.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec devra trancher le débat en fonction de l'intention criminelle de l'accusé dans cette affaire.

Les conversations, dont certains passages sexuellement explicites, entre Pelletier et la victime alléguée de 14 ans, ont été admises par la défense. Son avocat, Me Jean-Guillaume Blanchette, a aussi admis que son client a effectué les conversations informatiques dont il est question du 6 au 20 juillet 2015.

« C'est clair que certains mots que j'ai dit ne sont pas appropriés. Ce que je voulais lui dire, c'est que j'étais là s'il avait besoin d'aide. Je n'ai jamais eu l'intention de lui nuire », assure l'accusé.

Lors de son témoignage en défense, Pelletier a expliqué qu'il avait refoulé son orientation sexuelle jusqu'en 2008 pour enfin affirmer « qui je suis, ce que je suis ».

Pelletier a justifié par la taquinerie plusieurs passages des conversations qui pourraient être interprétés comme étant à connotation sexuelle et par le développement de la confiance entre lui et l'ado les compliments qu'il lui faisait.

« Mon intention n'était pas de provoquer quelque chose (...) Je n'avais aucune intention de nuire à cet enfant. Je voulais lui offrir un endroit neutre où il lui serait possible de se confier, mais il y a aussi le côté, où je ne suis pas fier de moi, qui avais besoin de me valoriser », explique Pelletier en décrivant qu'il voulait être ce vieil ami à qui l'adolescent pourrait se confier et demander conseil dans l'affirmation de son homosexualité.

À une question de la juge Desgens, Robert Pelletier a mentionné que l'adolescent n'avait jamais sollicité son aide à ce sujet. C'est dans un désir d'aider les autres que Robert Pelletier voulait devenir une personne significative pour cet adolescent.

C'est dans un contexte où il cherchait à tisser des liens avec des homosexuels à Sherbrooke pour développer un réseau social à son conjoint et lui que Robert Pelletier a été attiré par le profil Facebook de l'adolescent qui présentait sa photo de profil avec le drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBT (lesbienne, gai, bisexuelle et transgenre).

Besoin de reconnaissance

Robert Pelletier se présentait sur le réseau social sous le profil de Mathieu Dumouchel pour notamment ne pas attirer l'attention des parents de ses élèves sur son homosexualité.

Refoulé dans son orientation sexuelle pendant 43 ans, Robert Pelletier a témoigné qu'il voulait se prouver que l'homosexualité était correcte « que ce n'était pas une maladie.

« Je voulais lui prouver que j'étais meilleur que lui. Que je pouvais baiser, mais pas lui (...) Il y a une part de moi qui a besoin de se faire envier. Je sais que ce n'était pas adéquat de faire cela (...) J'avais envie d'être envié, que j'étais capable de faire des choses qu'il ne pouvait faire et dont je m'étais privé super longtemps. Je ne voulais pas faire ça avec lui, mais j'avais un besoin maladif d'être accepté. Être envié venait me confirmer que j'étais correct d'être gai", a mentionné Robert Pelletier.

En larmes à la fin de son témoignage, Robert Pelletier a répété avec beaucoup d'émotion: "Je n'avais aucune intention de cul avec cet enfant-là, mais je suis obligé d'admettre que j'avais un besoin de reconnaissance."

Étant donné qu'il est mineur, la victime alléguée a livré son témoignage à huis clos à la demande de la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre.

C'est la mère de la victime alléguée, qui témoignait en ouverture de procès, qui a surpris les conversations sexuellement explicites.

"Je me suis rendu compte que la conversation était très très explicite. L'individu disait avoir 39 ans et mentionnait qu'il travaillait avec des enfants. Je suis allé directement au poste de police pour porter plainte (...) J'ai appris que l'homme avait en réalité 50 ans. Il n'y a pas lieu d'avoir ce type de conversation avec un adolescent de 14 ans. L'individu disait qu'il allait se rendre au Mexique et au même endroit et au même moment que mon fils. J'étais très préoccupée par le fait qu'ils pourraient se rencontrer. J'ai avisé son père et son frère de rester vigilants", explique la mère de la victime alléguée.

À la suite de son arrestation et du dépôt des accusations, Robert Pelletier a été suspendu de ses fonctions comme psychologue scolaire à la CSRS.

Les deux avocats doivent présenter leurs plaidoiries à la juge Claire Desgens, vendredi.

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