Le détenu Serge Leclerc s'est suicidé avec une pomme

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(Drummondville) Déterminé à en finir avec la vie, le Drummondvillois Serge Leclerc a pris deux bouchées de pomme fatales, au beau milieu de la nuit du 29 novembre, alors qu'il croupissait dans sa cellule de l'Établissement de détention de Sherbrooke.

Le sexagénaire avait exprimé à plusieurs reprises ses intentions de mettre fin à ses jours et les autorités avaient pris la menace au sérieux, le plaçant dans une cellule d'isolement munie d'une caméra. On lui a également fourni du matériel anti-suicide et on lui avait fait une fouille à nu afin de s'assurer qu'il n'apportait pas d'effet personnel avec lui.

Ces précautions n'ont toutefois pas suffi. Vers 4h18, le 29 novembre, la caméra de surveillance a capté des images où l'on voit le prévenu qui, à tâtons dans le noir, sort son bras gauche de la couverture et prend deux pommes se trouvant sur son lit d'acier, au milieu de sa cellule.

On devine, malgré la noirceur relative de la cellule et le fait que la partie supérieure du visage et de la tête n'est pas visible par la caméra, que M. Leclerc mange ses pommes.

Il se couvre ensuite la tête, donnant l'impression qu'il dort. Cependant, à 4 h 29, il semble enfoncer quelque chose dans sa bouche. Quelques secondes plus tard, il devient agité, il bouge beaucoup ses jambes sous la couverture, situation qui ne dure qu'une minute environ, avant qu'il ne rende l'âme.

Ce n'est que quatre heures plus tard, au moment de lui servir à déjeuner, que les agents correctionnels se sont aperçus de son décès. Constatant que le prévenu ne répondait pas aux appels et qu'il y avait absence de mouvement, ils ont demandé du renfort. L'infirmière en fonction a procédé à la manoeuvre de Heimlich afin d'enlever deux morceaux de pomme de la bouche de Serge Leclerc, puis a débuté le massage cardiaque. Au même moment, le contrôle central appelle le 9-1 -1. Il était évidemment beaucoup trop tard.

Six recommandations 

À la suite de ce triste événement, la coroner Chantal Bernier a émis une liste de six recommandations à l'endroit de l'Établissement de détention de Sherbrooke, des Services correctionnels du Québec et du Barreau du Québec.

Elle estime que les agents correctionnels auraient pu débuter les manoeuvres de réanimation sans avoir à attendre l'arrivée de l'infirmière et que la présence du défibrilateur portatif était impérative. Elle demande à la prison de bonifier son système de surveillance des personnes présentant des risques de suicide, M. Leclerc étant demeuré plusieurs heures sans surveillance. En tout temps, les mains et le visage des personnes se trouvant dans cette situation devraient être visibles.

Elle croit finalement qu'on devrait permettre l'hospitalisation des personnes représentant un sérieux risque pour leur intégrité et que les juges devraient être avisés de l'état de santé mentale des prévenus qui comparaissent devant eux.

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