La tentative de meurtre de la rue Mézy demeure un mystère

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(Sherbrooke) Pourquoi un jeune homme de 21 ans sans antécédent judiciaire, sans problème de consommation ou de santé mentale reconnu peut-il s'en prendre physiquement à ses grands-parents?

Voilà la question à laquelle la famille d'Alexandre Martineau, son avocat, le procureur aux poursuites criminelles et les enquêteurs du Service de police de Sherbrooke souhaitent obtenir réponse pour expliquer le drame intrafamilial survenu jeudi sur la rue Mézy à Sherbrooke.

Fixant droit devant lui, puis au sol, Alexandre Martineau n'a jamais regardé les membres de sa famille présents dans la salle d'audience lorsqu'il s'est présenté devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec pour répondre de tentative de meurtre de ses grands-parents, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Me Marc-André Champagne de l'aide juridique, qui défend Alexandre Martineau dans cette affaire, a demandé que son client soit évalué en psychiatrie légale concernant son aptitude à comparaître.

« Cette première évaluation de son état de santé mentale pourrait peut-être nous amener une piste de solution. Les policiers et les gens qui ont eu des contacts avec lui depuis les événements ont observé certaines choses. C'est tellement inexpliqué que l'on se pose des questions. Nous cherchons à savoir si mon client est responsable des gestes qu'il a commis. L'évaluation sur l'aptitude à comparaître est la première étape », explique l'avocat de la défense.

Deux accusations de deux tentatives de meurtre avec une arme blanche et deux chefs de voies de fait graves ont été autorisées par la poursuite.

L'accusation stipule que Alexandre Martineau aurait tenté de causer la mort de l'homme de 75 ans et de la femme de 73 ans, en les poignardant.

« Mon client n'a pas fait de déclaration lors de son interrogatoire. L'évaluation que l'on demande à la Cour consiste à déterminer s'il est apte à subir les procédures judiciaires. Quelqu'un qui n'a aucun antécédent judiciaire, qui ne consomme pas de drogue et n'a aucun antécédent de santé physique ou mentale, on se pose des questions lorsqu'ils sont arrêtés dans des circonstances aussi graves que celle-là », explique l'avocat de la défense Me Marc-André Champagne.

C'est en tentant de se cacher le visage que Alexandre Martineau est arrivé au palais de justice de Sherbrooke pour être accusé de la tentative de meurtre de ses grands-parents.

Escorté par les policiers, l'accusé s'était présenté menottes aux poings dans une combinaison une pièce blanche au bloc cellulaire. Les vêtements de l'accusé ont été saisis comme pièce à conviction dans cette affaire.

Des proches lui avaient apporté des vêtements avant sa comparution devant le tribunal. Il s'est présenté devant le juge pansement à la main droite, signe des événements qui se seraient déroulés la veille.

Les proches dans l'incompréhension

Des membres de la famille de Martineau étaient présents au palais de justice pour assister à la comparution de l'individu. Légitimement, ils n'ont pas voulu s'adresser aux médias.

Ils ont été assistés par le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC). Certains d'entre eux ont aussi rencontré l'avocat de la défense étant donné qu'ils font aussi partie de la famille de l'accusé.

« Pour le moment, nous avons le support de la famille qui s'explique très mal cette situation. Ils ne comprennent pas que mon client ait pu faire les gestes qu'on lui reproche », mentionne Me Champagne.

Les yeux rougis, la mine basse, certains proches ont laissé couler des larmes en voyant celui qui serait l'auteur de ce drame intrafamilial pour le moment inexpliqué. Leur regard vers l'accusé semblait lui demander « pourquoi », alors que l'individu de 21 ans regardait au sol évitant tous les contacts visuels avec ses proches.

Le dossier a été remis au 17 juin prochain pour le retour de l'évaluation psychiatrique sur l'aptitude à comparaître.

« Je veux regarder toutes les avenues de la défense. Je veux rencontrer mon client dans un environnement confidentiel, ce qui n'a pas encore été possible », indique Me Champagne.

Le couple de septuagénaires attaqués à l'arme blanche par leur petit-fils sur la rue Mézy à Sherbrooke a été plongé dans un coma provoqué.

« On craint encore pour la vie des deux personnes impliquées dans cette affaire », explique le porte-parole du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier.

Le Service d'identité judiciaire du SPS et la division des enquêtes ont passé la journée au 3109 de la rue Mézy pour tenter de faire la lumière sur cette affaire où un homme de 75 ans et une femme de 75 ans ont été attaqués par leur petit-fils.

« Nous retournons sur la scène pour chercher d'autres éléments de preuve. Nous allons aussi élargir le cercle des témoins en rencontrant les membres de la famille et les amis », mentionne le porte-parole du SPS

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