Le père incestueux condamné à 12 ans de prison

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(SHERBROOKE) Révoltant, révulsif et abominable, voilà comment le tribunal a qualifié les gestes d'un père incestueux de Sherbrooke avant de le condamner à 12 ans de prison.

Stoïque, l'individu n'a pas eu d'émotion démesurée lorsque le juge Yves Tardif de la Cour supérieure l'a condamné à une peine exemplaire, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.

«Vous avez souillé votre fille», a signalé le juge à l'accusé, dont l'identité fait l'objet d'une ordonnance de non-publication pour protéger les victimes de cette sordide affaire.

L'individu de 35 ans a été reconnu coupable en avril dernier de six chefs d'accusation en matière sexuelle sur deux de ses filles.

Un jury l'a trouvé coupable de gestes d'inceste, d'agression sexuelle, d'attouchements sexuels et d'incitation à des contacts sexuels entre 2005 et 2008 sur sa fille aînée et d'attouchements sexuels et d'incitations à des contacts sexuels entre 2013 et 2014 sur son autre fille.

La mère de la plus jeune victime, accusée conjointement avec le père incestueux dans une affaire de maltraitance d'un autre de leurs enfants, a commenté brièvement que la peine imposée «ne faisait pas de sens et qu'elle était injuste».

«Quant aux facteurs aggravants, ils sont nombreux.»


Le juge Tardif a calculé la détention provisoire en temps et demi ainsi que le facteur de culpabilité globale de l'accusé, ce qui fait en sorte que l'accusé devra passer encore 99 mois derrière les barreaux, soit huit ans et trois mois.

Le juge estime que les facteurs atténuants «sont de zéro».

«Quant aux facteurs aggravants, ils sont nombreux. Pour ne s'en tenir qu'aux facteurs aggravants énumérés dans les dossiers où une peine de cinq ans a été imposée pour inceste et qui sont présents dans la présente affaire, retenons les suivants: la gravité intrinsèque des gestes allant jusqu'à des relations complètes, la fréquence des abus sur une durée de deux ans et demi d'abord et une durée d'un an ensuite, l'abus d'autorité et de confiance, les conséquences sur les jeunes filles, mauvais traitement des mineurs, crimes à l'égard d'enfants de moins de 14 ans, haut degré de responsabilité de l'accusé et, après le dévoilement des faits en 2008, continuation des abus contre une seconde victime», explique le juge Tardif qui note aussi que les crimes étaient planifiés de façon délibérée dans la résidence familiale et que l'accusé n'avait aucune reconnaissance de l'impact de ses gestes sur les jeunes victimes.

Les répercussions sont énormes

Se basant sur la déclaration de la victime la plus âgée, le juge constate que les répercussions sont énormes.

L'avocate de la défense Me Stéphanie Côté a exprimé qu'elle portera en appel la peine imposée.

«Il y a des erreurs manifestes et déraisonnables dans l'imposition de la peine», estime Me Côté. «Nous sommes très très surpris de cette décision. Le juge a été cinglant concernant les crimes pour lesquels mon client a été reconnu coupable. Le juge est clairement en haut de la fourchette des peines imposées pour ce type de crime», explique l'avocate de la défense.

Le procureur aux poursuites criminelles Me Andy Drouin qui occupait dans cette cause avec Me Laïla Belgharras rappelle que la poursuite avait demandé une peine importante.

«La peine et les commentaires du juge reflètent la gravité des gestes commis et la réprobation de la société et des tribunaux pour le type de gestes envers les personnes les plus vulnérables pour lesquels l'accusé a été reconnu coupable. Un père se doit de protéger ses enfants et non d'en abuser», explique Me Drouin.

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