Enquêtes non résolues : une réponse « insultante »du ministre Coiteux

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Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a rejeté l'ensemble des demandes faites par les huit familles endeuillées par le meurtre non résolu d'un proche.

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(SHERBROOKE) « C'est très décevant. Il s'agit d'une lettre typique de la bureaucratie gouvernementale, qui ne répond à rien, à absolument aucune de nos questions. C'est insultant. »

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Theresa Allore avait été trouvée morte dans la rivière Coaticook, à Compton, en avril 1979, après qu'elle ait disparu cinq mois plus tôt du campus du collège Champlain à Lennoxville. 

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John Allore, le frère de Theresa Allore, est visiblement offensé par la réponse « insipide » qu'a fait parvenir le gouvernement provincial aux huit familles, dont celle de M. Allore, qui ont demandé une enquête publique sur les méthodes policières applicables dans les cas de meurtre et de disparition.

Au sein de chacune de ces familles, une femme a été assassinée ou a disparu puis a été trouvée morte dans les années 1970 au Québec, sans jamais qu'un coupable soit épinglé. Ce que ces personnes endeuillées reprochent aux différents services de police, c'est principalement d'avoir fait preuve de négligence en jetant, au fil des années, plusieurs pièces à conviction essentielles dans la résolution de ces meurtres.

« La plupart des cas de meurtre et de disparition que nous avons ressortis sont si vieux que nous ne pouvons plus vraiment espérer qu'ils soient résolus, confie John Allore au téléphone, en anglais. Par contre, ce que nous demandons, c'est que les policiers cessent de faire les mêmes erreurs qu'ils ont faites il y a 20, 30 ou 40 ans. Ça, c'est intolérable pour nous. »

En avril dernier, aidées de l'avocat et ancien ministre de la Justice Marc Bellemare, les familles avaient transmis au ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, une lettre formulant plusieurs demandes, dont la tenue d'une enquête publique.

Dans la réponse signée par le sous-ministre Denis Marsolais, le ministère de la Sécurité publique rejette l'ensemble de ces réclamations, assurant qu'il « met à disposition des corps de police du Québec plusieurs outils développés au fil des ans afin d'améliorer le traitement [du dossier des disparitions et enlèvements] et d'en favoriser l'uniformité. »

On y mentionne également que « les pratiques policières sont mises à jour de façon régulière afin de tenir compte des changements, notamment au niveau de l'évolution des méthodes d'enquête ou des législations. »

Insupportable

« De voir, des générations plus tard, des familles traverser la même chose que nous avons dû traverser, à cause d'échecs systématiques de la police, c'est insupportable », déplore John Allore.

Rappelons que Theresa Allore avait été trouvée morte dans la rivière Coaticook, à Compton, en avril 1979, après qu'elle ait disparu cinq mois plus tôt du campus du collège Champlain à Lennoxville. Les policiers n'ont jamais réussi à élucider le mystère de son décès, mais son frère demeure persuadé qu'elle a été assassinée.

Selon M. Allore, les services policiers de la province ont trop souvent bâclé leur travail dans ce type d'enquêtes, principalement en disposant de pièces à conviction.

« Le mois dernier, dans le cas d'une jeune fille de 11 ans qui a été violée et étranglée avec une corde à danser, les procédures judiciaires ont failli être arrêtées parce que le Service de police de Montréal (SPVM) a jeté la robe de la fillette et la corde à danser, rappelle-t-il. Évidemment, les policiers ont dit que c'était accidentel, mais ils ont fait exactement la même chose dans le cas de Katherine Hawkes, assassinée il y a 30 ans. Combien de fois peut-on répéter la même erreur ? »

Malgré le rejet de leurs demandes, les familles des victimes n'entendent pas en rester là dans leurs démarches pour obtenir justice.

« Nous n'avons pas terminé, affirme John Allore. Nous avons les noms d'autres victimes, que nous allons ajouter à la liste. Nous avons commencé avec huit noms et nous en avons maintenant environ quinze. Alors nous allons répondre au ministre, nous allons recommencer nos requêtes, avec plus de noms. »

Demandes des familles dans la lettre envoyée par Marc Bellemare au ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux

• Qu'une enquête publique soit menée sur les méthodes policières applicables aux cas de meurtres et de disparition;

• Que toutes les enquêtes de meurtre et de disparition sur le territoire du Québec soient menées exclusivement par la Sûreté du Québec;

• Qu'un protocole rigoureux assure la conservation des prélèvements et exhibits dans un endroit centralisé à la Sûreté du Québec;

• Que la formation des enquêteurs soit bonifiée;

• Que les familles soient informées systématiquement de l'évolution de l'enquête;

• Que les familles aient accès au dossier complet de la police si, 25 ans après le meurtre, aucun suspect n'a été accusé.

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