La mort de la famille Okenge provoquée par un jouet?

Il n'est pas impossible que l'incendie qui a... (Photo collaboration spéciale Éric Beaupré)

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Il n'est pas impossible que l'incendie qui a coûté la vie à quatre membres de la famille Okenge ait été provoqué par la défaillance d'un jouet électronique. Des piles, un amas de plastique, ainsi qu'un solénoïde ont été retrouvés dans les débris du fauteuil qui a été ciblé comme étant le foyer de l'incendie.

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(SHERBROOKE) Dans son rapport, le coroner Martin Sanfaçon émet la possibilité que l'incendie qui a coûté la vie à quatre des cinq membres de la famille Okenge, à Drummondville, en janvier 2015, ait été provoqué par la défaillance d'un jouet électronique.

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Berthe Koumabeng, Flavien Mpoy Okenge et Julien Pena Okenge 

Le spécialiste tire cette hypothèse du fait qu'on ait retrouvé des piles, un amas de plastique, ainsi qu'un solénoïde dans les débris du fauteuil qui est considéré comme étant le foyer de l'incendie. Comme le solénoïde n'est pas une composante de la fameuse télécommande qui se retrouve presque immanquablement dans les fentes des fauteuils, le coroner a conclu qu'il y avait nécessairement un autre dispositif électronique à cet endroit.

«Il y avait forcément présence d'un autre appareil électronique dans le fauteuil. Une pile se retrouvant dans un appareil électronique endommagé peut-elle devenir une source de chaleur capable d'embraser un fauteuil dans lequel on retrouve de l'acétone, un liquide très inflammable dont le point d'inflammabilité est de -20°C*? Plusieurs experts ont été consultés. Si la plupart émettent la possibilité théorique d'un tel phénomène, aucun ne peut le confirmer et certains mentionnent qu'il est à démontrer», indique le Dr Sanfaçon.

Parmi les autres hypothèses soulevées par le coroner, il y a celle de l'allumette, mais elle aurait dû être ramenée à la maison, puisqu'il n'y en avait pas dans l'appartement. Chose certaine, on n'a décelé aucun défaut électrique ou source de chaleur à proximité du fauteuil, ce qui signifie qu'une implication humaine volontaire ou accidentelle est nécessairement à l'origine du drame.

Plusieurs questions sans réponse

Martin Sanfaçon se désole qu'aucune des victimes présentes sur les lieux du drame n'ait survécu aux tristes événements et soit en mesure de donner sa version des faits. Plusieurs questions demeureront donc en suspens indéfiniment. Le coroner se demande notamment pourquoi Berthe Koumabeng, la mère de famille, a été retrouvée dans une chambre avec deux de ses fils et pourquoi personne n'a tenté d'évacuer l'appartement lorsque l'incendie s'est déclaré.

«Y faisaient-ils une sieste quand l'incendie s'est déclaré ou s'y sont-ils réfugiés? Dans cette dernière hypothèse, pourquoi ne pas avoir fui les lieux plutôt que de rester dans ce bâtiment? Toutes ces questions demeureront malheureusement sans réponse», déplore-t-il.

Résumé des faits

Au cours de la journée du 30 janvier 2015, Jean-Claude Okenge a téléphoné à la maison à trois reprises afin de discuter avec sa conjointe et s'enquérir de l'état de santé de sa petite famille. Le couple avait déjà deux fils, de quatre et sept ans, et venait tout juste d'être parents d'un troisième enfant.

Si tout était au beau fixe lors de ses appels, les choses se sont corsées vers 18 h, lorsque le Service de sécurité incendie de Drummondville a reçu un appel d'urgence d'une locataire du 534, rue des Écoles, les informant de la présence d'une fumée dense émanant de l'appartement voisin. Des flammes étaient visibles et l'appelante prétendait qu'il y avait toujours des gens à l'intérieur.

Pendant ce temps, un voisin a voulu pénétrer dans l'appartement en flammes, mais s'en est abstenu en raison de l'épaisse fumée noire.

À leur arrivée, les pompiers ont fracassé la porte et brisé des fenêtres pour ventiler l'appartement. La visibilité s'améliorant, ils sont entrés à l'intérieur où ils ont fait la triste découverte des quatre corps.

Aidés par les policiers et les ambulanciers, ils ont procédé aux efforts de réanimation des victimes, lesquelles ont été transportées à l'hôpital et ont perdu la vie au cours des jours qui ont suivi. Le bébé est celui qui a vécu le plus longtemps, rendant l'âme plusieurs mois plus tard.

Asphyxiés

L'examen externe et l'autopsie de Flavien Mpoy, Julien Pena Okenge et Berthe Koumabeng révèlent peu ou pas de trace de brûlures ou de signe de traumatisme contributif à la mort. Le sang et les muscles présentaient toutefois une teinte de couleur rouge vif, ce qui suggère une intoxication au monoxyde de carbone.

Les analyses toxicologiques ont révélé des taux de carboxyhémoglobine dans le sang supérieur à 40 %, soit le double de ce qui est considéré comme toxique pour l'être humain. Ils sont donc tous morts asphyxiés.

D'origine africaine, les Okenge étaient au Canada depuis 2013.

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