Une douzaine de victimes de Simon Fortier témoignent

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L'avocat de la défense Me Jean-Guillaume Blanchette a annoncé au tribunal qu'il allait assigner le sexologue Alain Desharnais qui assure déjà un suivi auprès de Fortier ainsi qu'un témoin civil, dont l'identité n'a pas été révélée.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Une douzaine de victimes de Simon Fortier sont venues témoigner des conséquences des crimes qu'elles ont subies par les agissements d'ordre sexuel de l'ancien enseignant d'éducation physique au primaire de Sherbrooke.

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Simon Fortier

Archives, La Tribune

Cette première étape des observations sur la peine dans le dossier de l'individu de 32 ans, qui était frappée d'une ordonnance de huis clos, s'est déroulée mercredi au palais de justice de Sherbrooke.

Le juge Érick Vanchestein de la Cour du Québec a imposé un huis clos « dans l'intérêt des victimes afin de favoriser leur participation à fournir un récit complet et franc des faits ». Le tribunal a constaté les effets de ces gestes pour certaines victimes qui sont troublées et qui ressentent de la honte à s'être fait berner par Fortier.

Seuls le juge, les avocats, la greffière et l'accusé étaient présents dans la salle d'audience lors des témoignages des victimes retransmis en direct lorsqu'elles exprimaient les conséquences de ces crimes à partir d'une autre salle.

Avant que les observations sur la peine commencent dans cet imposant dossier de leurre informatique d'enfants à caractère sexuel, Simon Fortier de Sherbrooke a reconnu onze nouveaux crimes sur quatre victimes.

Résigné, l'individu de 32 ans a plaidé coupable à une extorsion, à des leurres informatiques d'enfants, à la production, distribution et possession de pornographie juvénile, à l'incitation à des contacts sexuels sur des fillettes de 10 à 12 ans.

Les faits de ces nouveaux dossiers ressemblent aux 102 autres accusations qu'il a reconnues en octobre 2015 sur une soixantaine de victimes.

Au total, ce sont 113 chefs d'accusation auxquels Fortier a plaidé coupable.

Les nouveaux gestes reprochés à l'ancien enseignant d'éducation physique de la CSRS se sont déroulés entre septembre 2013 et octobre 2014 à Sherbrooke et Victoriaville.

Simon Fortier a rejoint ses victimes via un profil féminin qu'il avait créé sur Facebook. Il proposait à ses victimes de se joindre à une agence de mannequinat.

De fil en aiguille, il a convaincu les jeunes filles de poursuivre la conversation sur Skype. C'est de cette façon qu'il a réussi à obtenir des photos et vidéos à caractère sexuel des adolescentes.

Dans un dossier, il a demandé à l'adolescente d'aller encore plus loin dans les gestes à caractère sexuel sur le web en menaçant de publier d'autres photos d'elle sur les réseaux sociaux.

Le même procédé

Le prédateur sexuel a utilisé sensiblement la même façon de procéder pour attirer 64 jeunes filles mineures et un garçon dans ses griffes. Certaines des victimes fréquentaient même les écoles primaires où il enseignait. Par trois profils féminins sur Facebook, il disait être en lien avec une agence de mannequins pour approcher les jeunes victimes adolescentes entre mai 2012 et jusqu'à son arrestation en octobre 2014. Il a incité plusieurs de ses victimes à se toucher à des fins d'ordre sexuel et à commettre ces gestes sur d'autres fillettes devant la webcam. Il a même incité à des gestes de bestialité en demandant à une victime de commettre des gestes sexuels avec un chat.

Dans certains autres cas, il menaçait de rendre publiques des photos ou des vidéos compromettantes ou de répandre des rumeurs sur ses victimes si elles n'obéissaient pas à ses demandes. À partir de son ordinateur à Sherbrooke, il cherchait à attirer des adolescentes non seulement de sa ville, mais aussi de Lévis, Trois-Rivières, Québec, Mont-Joli, Chicoutimi, Saint-Malachie en Beauce, Saint-Félix-de-Valois près de Joliette, Pointe-aux-Trembles et Edmundston au Nouveau-Brunswick.

Les rédacteurs des rapports sexologiques et du rapport présentenciel seront appelés à témoigner par la poursuite représentée par Me Joanny Saint-Pierre.

L'avocat de la défense Me Jean-Guillaume Blanchette a annoncé au tribunal qu'il allait assigner le sexologue Alain Desharnais qui assure déjà un suivi auprès de Fortier ainsi qu'un témoin civil, dont l'identité n'a pas été révélée.

De volumineux rapports et admissions ont été déposés au juge dans le cadre des observations sur la peine qui se poursuivront jeudi au palais de justice de Sherbrooke.

L'ex-enseignant attend sa peine comme une libération

« L'imposition de la sentence sera une libération pour lui ».

Pour la première fois depuis la mise en accusation de son fils en octobre 2014, le père de Simon Fortier assistait aux procédures au palais de justice de Sherbrooke.

Discret à l'arrière de la salle d'audience, le père de Simon Fortier a confié à La Tribune qu'il trouvait extrêmement difficile de voir ainsi son fils dans le box des accusés.

« Pour parler avec Simon tous les jours, je sais qu'il regrette les gestes qu'il a commis », assure le père de l'accusé.

Ce dernier assure être très empathique avec les victimes de son fils. Il souhaite que ce dernier soit condamné à la peine qu'il mérite.

« Il faut que les victimes continuent à dénoncer ce type de crime. Je trouve que le huis clos qui a été imposé est une bonne chose s'il peut contribuer à protéger davantage les victimes. Je considère que les gestes que Simon a commis sont épouvantables. Il mérite d'être où il est », mentionne le père de Simon Fortier.

Simon Fortier est détenu depuis son arrestation en octobre 2014. Selon son père, il trouve le temps très long derrière les barreaux.

« Il est en attente de sa peine depuis plus d'un an. Peu importe la peine qui sera imposée, tu viens qu'à perdre tes repères à force d'attendre. Il anticipe ces observations sur la peine depuis le début du mois de janvier. Il sait que ça s'en vient. Peu importe la peine, il va l'accepter », explique le père de Simon Fortier.

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