Trois mois de prison de plus pour Érika Chartier

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Érika Chartier

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(SHERBROOKE) Érika Chartier passera trois mois de plus derrière les barreaux.

Déjà détenue à la suite d'une condamnation de 104 jours pour liberté illégale, Érika Chartier a été condamnée mercredi par le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec à 90 jours de prison supplémentaires à la suite de la révocation de sa sentence suspendue et pour bris de probation.

En avril 2015, la femme qui présente des capacités intellectuelles limitées avait été condamnée pour avoir secoué violemment un enfant de huit mois au point de lui infliger de multiples fractures à l'été 2012 à Danville.

La juge lui avait imposé une peine adaptée à sa condition, soit une sentence suspendue où elle devait purger une peine de 90 jours de fins de semaine, effectuer 240 heures de travaux communautaires et respecter de multiples conditions dans le cadre d'une probation de trois ans.

Érika Chartier a omis de se présenter au centre de détention pour une peine qu'elle devait purger au courant des fins de semaine, a omis un rendez-vous avec son agente de probation et n'a pas fait ses travaux communautaires . Elle a été rattrapée par le système judiciaire en novembre 2015.

«Je m'étais penché longuement sur votre situation avant de prononcer la sentence suspendue en avril 2015. Vous faisiez face à des accusations relativement graves pour des gestes de violence envers un enfant alors que vous étiez censé le protéger comme gardienne. J'avais tenu compte de votre situation personnelle pour ne pas vous confiner au centre de détention», a expliqué le juge Chapdelaine à Érika Chartier.

L'agente de probation, qui l'avait sous sa tutelle après l'imposition de sa sentence en avril 2015, a témoigné qu'elle évaluait Érika Chartier comme fuyante, irresponsable et très instable.

«Elle a besoin d'être suivie (...) Elle avait toutes les chances devant elle, mais elle n'a pas su le saisir (...) On peut parler d'autosabotage», a mentionné l'agente de probation assignée à Érika Chartier.

Appelée à témoigner sur ses absences en détention, Érika Chartier a mentionné qu'elle se sentait abandonnée de sa mère et de sa soeur. Étant donné que sa mère ne l'a pas soutenu pour notamment lui faire le transport vers le centre de détention, elle a décidé de ne plus donner signe de vie.

Elle a non seulement ignoré sa famille, mais ne s'est plus présenté en prison malgré le fait qu'il lui restait plus de 80 jours à purger.

«Vous manquez de maturité. Vous prenez ce qui fait votre affaire, mais ça ne fonctionne pas comme ça. Je ne veux cependant pas insister uniquement sur l'aspect punitif. J'espère que vous ferez appel aux professionnels pour vous aider», a indiqué le juge Chapdelaine en imposant une probation avec suivi à Érika Chartier à sa sortie de prison.

Elle devra suivre les recommandations de son agent de probation et entreprendre des démarches pour avoir accès à des traitements appropriés à sa condition.

Érika Chartier qui a déménagé à au moins cinq reprises entre septembre 2013 et juillet 2015 devra obtenir l'autorisation de son agent de probation avant de changer d'adresse.

L'accusée a témoigné que le temps qu'elle a passé en détention lui a permis de réfléchir. Elle a réalisé qu'il valait mieux compter que sur elle pour se réhabiliter.

Érika Chartier gardait trois jeunes enfants de cinq ans, vingt mois et huit mois lors des événements survenus entre août et octobre 2012. Dépassée par les pleurs des enfants et après avoir exprimé aux parents qu'elle était à bout de patience, elle avait secoué le bébé de huit mois au point de lui infliger deux fractures à l'avant-bras ainsi qu'une autre au tibia.

C'est Me Mélissa Gilbert qui assurait la défense d'Érika Chartier, alors que Me Isabelle Dorion représentait le ministère public.

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